Ventes de femmes.
L'image représente une vente d'épouse (wife selling) en Angleterre, pratiquée au XVIIe, XVIIIe et une partie du XIXe siècle.
Le mari passait une corde au cou de sa femme et la menait sur la place du marché ou à la foire aux bestiaux pour la vendre au plus offrant.
En fait, malgré cette mise en scène particulièrement dégradante, les transactions étaient la plupart du temps arrangées entre époux. L'acheteur était souvent l'amant de la femme avec qui elle était d'accord pour refaire sa vie. Au cas où un enchérisseur ne lui plaisait pas, elle disposait d'un droit de véto.
Gravure de 1820, auteur inconnu. Bien que le panneau de la gravure affiche: "Marché de bêtes à corne", la gravure est bien anglaise. A noter, la juxtaposition des cornes d'une vache juste au-dessus de la tête du mari vendeur. Ce "hasard" indique que le mari était un mari trompé et qu'il était probablement en train de vendre sa femme à l'amant de celle-ci.
Cette pratique, illégale mais tolérée, était liée à la complexité des formalités légales du divorce en Angleterre. Jusqu'à la réforme de 1857 (Matrimonial Causes Act), obtenir un divorce nécessitait une loi privée votée au Parlement anglais. Cette procédure, prévue pour l'aristocratie, coûtait extrêmement cher et était hors de portée des milieux populaires.
La vente publique d'une femme, représentait un divorce symbolique, connu de tous et officialisant la situation des ex-époux.
L'historien E.P. Thompson cite un peu moins de 400 cas documentés de ce type de ventes, mais ce chiffre ne tient compte que des ventes ayant fait l'objet d'un rapport écrit, d'un plainte au tribunal ou d'un article de presse. Même si le chiffre réel est plus important, la pratique restait rare, l'abandon de domicile restant le mode de séparation le plus pratiqué.
Gravure de Thomas Rowlandson intitulée "Selling a Wife" réalisée entre 1812 et 1814
La dernière vente documentée, malgré la loi sur le divorce de 1857, eut lieu à Leeds, en Angleterre, en 1913. Un homme a vendu sa femme à un collègue de travail pour £1 ( une livre sterling) mettant fin à cette pratique surprenante.




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