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mardi 1 septembre 2026

Palpation.






 


Enluminure du XIVe siècle de Guido da Vigevano, connu également sous le nom de Guy de Pavie, montrant un médecin palpant l'abdomen et le thorax d'un patient.

Cette enluminure est extraite de son traité médical de 1345 intitulé "Anatomia" ou " Liber notabilium Philippi septimi francorum regis" dédié à Philippe VI roi des Francs.

On y voit le médecin assis qui palpe le torse d'un patient.
Le texte est écrit en latin médiéval en lettres gothiques cursives.


"Hec est septima ante et ultima figura anothomie, in qua nobis ostendit qualiter nobis medicis contingit corpus hominis, et sicut invenitur et detegit corpus a duabus maioribus equalibus partibus et quomodo dicuntur eedem equalia et sic illo modo tangendo cognoscitur mictura seu dolorem in quo membro cur[atur].

           Et sic complete sunt figure anothomie philippi."


Ce qui veut dire, traduit en français:

 "Ceci est la septième et dernière figure préliminaire d'anatomie, dans laquelle il nous est montré comment nous, médecins, devons palper le corps humain, de la même manière qu'on l'examine et qu'on le découvre à partir de ses deux grandes parties égales ; et comment ces parties sont dites égales, afin que, par cette méthode de palpation, on puisse reconnaître l'altération des urines ou la douleur, et savoir dans quel membre elle doit être soignée.

Et c'est ainsi que s'achèvent les figures de l'anatomie de Philippe."

A noter l'erreur de numérotation: il s'agit bien de Philippe VI de Valois et non de Philippi septimi! Quoi qu'il en soit, Guido da Vigevano a écrit ce livre afin de fournir à ses médecins les moyens et les techniques pour soigner ses troupes avant qu'il ne parte en croisade.

Mais la médecine n'était qu'une sorte de passe-temps pour Guido da Vigevano car il était aussi ingénieur. Il inventait toutes sortes de machines de guerre dont il avait réuni les plans dans un ouvrage "Texaurus regis Francie" (Le Trésor du roi de France).
On peut y trouver des plans de chars d'assaut propulsés par des soldats qui actionnaient des manivelles à l'intérieur, des véhicules mus par le vent, des ponts pliants, etc. Il est impossible de ne pas faire le rapprochement avec Léonard de Vinci qui, lui aussi, un siècle plus tard, était passé maître dans l'étude de l'anatomie et de l'ingénierie mécanique. Pour ces deux hommes, l'anatomie humaine relevait de la mécanique et Guido da Vigevano fut le premier dans l'histoire occidentale à écrire un traité médical basé sur ces principes.

Hélas pour Guido da Vigevano, Philippe VI a été contraint d'annuler sa croisade pour faire face au déclenchement de la guerre de cent ans et Guido, quelques années plus tard, vers 1349, mourut de la peste noire.

L'amour au village.










Estampe anglaise, réhaussée de couleurs, datant de 1784, réalisée par John Collet et intitulée "Love in a Village".

Le titre "Love in a Village" fait référence à un opéra comique du même nom créé en 1762 qui eut un énorme succès en Angleterre. L'intrigue porte sur de jeunes aristocrates qui se déguisent en paysans pour vivre leurs amours en fuyant les mariages arrangés. Les romances champêtres étaient très populaires à Londres.

On voit un couple, aux joues bien rouges, symboles de la sensualité et de l'émoi amoureux, dans une scène de séduction rustique et mutuelle, typique du XVIIIe siècle anglais. Le jeune homme offre un petit bouquet de fleurs (posy en anglais) à la jeune fille qui rosit d'aise.
Aux pieds de la jeune fille, se trouve une cage en osier contenant un coq. 
Et là, ça se gâte.
Car en anglais, si le mot "cock" veut dire "coq", il possède un autre sens plus argotique. Disons pour rester courtois qu'il désigne aussi un attribut typiquement masculin. Et si le jeune homme voudrait bien libérer le "cock", la jeune fille, elle, voudrait bien le capturer et l'enfermer.
Comme toujours, avec beaucoup d'estampes anglaises, il existe deux lectures: une superficielle qui montre une scène bucolique et une autre cachée pour ceux qui comprennent le sens des symboles. Symboles utiles car que ce type de gravure était principalement destiné à orner les murs des tavernes, des salons de coiffures ou des cafés, afin d'amuser la clientèle.