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mercredi 5 août 2026

 Lecture d'un roman.




Auteur anonyme, cette estampe a été publié autour de 1823. Elle a été édité par la maison Janet pour son almanach "Le Règne de la mode. Nouvel Almanach des modes rédigé par le Caprice."

Un homme lit à haute voix un livre d'une façon théâtrale. Sur le canapé, une jeune femme vêtue d'une robe blanche, soutenue par une femme plus âgée, s'est évanouie, terrassée par l'émotion suscitée par l'histoire.
La femme plus âgée interrompt le lecteur et lui demande:

"De grâce, Monsieur, auriez-vous par hazard  quelqu'esprit?"

A noter l'écriture anglaise de l'époque du mot "hasard". Ce texte joue sur l'ambiguïté du mot "esprit" qui peut être compris de deux façons. L'esprit au sens d'intelligent et spirituel (opposé à une lecture fastidieuse) et l'esprit au sens de l'esprit de sels (corne de cerf ou ammoniaque) utilisé pour faire reprendre conscience aux personnes évanouies. 

Sous la Restauration, l'alphabétisation est en nette progression et soutient l'industrie du livre, alors en pleine expansion. La lecture, d'abord élitaire, devient un loisir de masse, surtout pour les femmes de la bourgeoisie qui souhaitaient à la fois s'émanciper et combler leurs longues heures d'oisiveté. Mais cette passion est vue d'un très mauvais œil par certains. Les romans sont accusés de corrompre l'esprit des jeunes filles et de détourner les femmes de leurs devoirs domestiques et religieux en provocant chez elles des attentes irréalistes sur l'amour et la vie.
Ce désir de lire est concomitant avec l'arrivée du courant Romantique qui exacerbe les sentiments par l'usage du tragique, de la passion et de la mélancolie. La gravure ci-dessus moque la propension des femmes à s'identifier aux personnages des romans jusqu'à faire des malaises, voire s'évanouir pour imiter cette sensibilité romantique alors à la mode.

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