Vénus.
Tout le monde connaît ce célèbre tableau de Botticelli. Il s'est inspiré de la mythologie classique, en particulier des écrits d'Ovide.
Rappelons le point de départ: Chronos (le temps) castre son père Ouranos (le ciel) et jette ses organes sexuels dans la mer. Un fois dans la mer, ceux-ci forment une sorte d'écume d'où va naître Aphrodite (Vénus pour les Romains).
Une première remarque s'impose: le tableau, contrairement à son titre, ne montre pas la naissance de Vénus, mais son arrivée sur un des rivages de l'île de Cythère (certains prétendent qu'il s'agissait de Chypre).
Cythère paraît être l'endroit le plus probable où Vénus a pris pied. Selon Hérodote, des navigateurs phéniciens avait apporté avec eux le culte d'Astarté, la déesse sémitique de la fertilité et de la guerre.
Astarté s'est installée sur l'île de Cythère pour devenir Aphrodite Ourania, en s'hellénisant, symbolisant l'amour pur et l'ordre cosmique. En Grèce, Aphrodite possède deux représentation: Aphrodite Ourania, protectrice du mariage et des amours sincères et Aphrodite Pandemos, déesse de l'amour physique et des plaisirs charnels. L'empire romain, toujours avide de s'approprier les cultes de leurs voisins, décrète que Vénus est la mère du troyen Enée, ancêtre de Rémus et Romulus. Jules César et l'empereur Auguste ont même affirmé qu'ils étaient les descendants direct de Vénus pour mieux asseoir leur pouvoir. De nombreux temples ont été construits dans l'Empire Romain à la gloire de Vénus et à ses attributs: la colombe, le cygne, le coquillage, le myrte, la rose et la pomme (la pomme restant le symbole de la séduction)
Mais revenons à notre tableau.
Pour représenter Vénus, Boticelli a pris comme modèle Simonetta Vespucci, une jeune noble florentine, réputée être la plus belle de son temps mais décédée à 22 ans. C'est le premier grand nu féminin profane de l'art occidental depuis l'antiquité.
Vénus tient en équilibre dans une coquille symbole de la fécondité et du plaisir charnel.
A gauche, Zéphyr, le dieu du vent d'ouest enlace Chloris la nymphe des fleurs. Zéphyr s'époumone pour amener Vénus vers un rivage. Le souffle de Zéphyr symbolise la vie et la passion. Vénus est accueillie par une pluie de roses, rappelant que, selon la légende, la rose a été créé en même temps que Vénus. La rose symbolise la beauté de l'amour même si elle n'oublie pas que l'amour peut être douloureux avec ses épines.
A droite, se trouve l'une des Heures, les déesses des saisons, ici probablement celle du printemps. Elle tient un grand manteau et une robe, ornés de bleuets et de violettes, symboles de la fertilité et du renouveau de la nature, destinés à couvrir le corps de Vénus.
On ne peut évidemment pas ne pas remarquer la longue chevelure ondoyante de Vénus dont elle sert pour cacher sa nudité. Ce que l'on remarque moins, c'est la mèche située sur son épaule droite qui épouse une courbe mathématique parfaite, c'est à dire une spirale logarithmique. Cette spirale que l'on retrouve aussi bien dans les nautiles que dans les galaxies, dans l'arrangement des pétales de certaines fleurs que dans les cyclones. Bernoulli la nomma, en 1681 spira mirabilis (spirale merveilleuse).
Cette excursion vers les mathématiques n'a rien d'un caprice, les artistes de la renaissance étaient obsédés par la géométrie et le nombre d'or, qu'ils considéraient comme étant d'origine divine.
La lumière extraordinaire qui baigne ce tableau a aussi son explication: Botticelli a utilisé de la poudre d'or pour obtenir ce résultat car l'or reflétait très bien les flammes des bougies à l'époque.

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