Rue en cage.
Ce dessin de Jean-Baptiste Drevet représente la rue Grenette à Lyon au XVIe siècle. Il est extrait du livre "Le Lyon de nos pères" parut en 1901. On y voit une rue très fréquentée et sur les murs d'une maison, à droite, un homme enfermé dans une cage.
Cette cage jouait le rôle de pilori. On y exposait les blasphémateurs, les parjures et les commerçants fraudeurs pendant plusieurs heures voire plusieurs jours, qui étaient alors soumis à la vindicte populaire. La rue Grenette était une des rues de Lyon les plus fréquentée à l'époque et, au moyen âge, où le code de l'honneur était au dessus de tout, une telle exposition était plus terrible à vivre que des douleurs physiques.
Lors des grands travaux d'urbanisation du XIXe siècle, la rue Grenette fut élargie et la bâtisse supportant cette cage fut démolie, mais au niveau du n° 25 de cette rue l'une des fenêtres a longtemps soutenu une cage symbolique en souvenir de la première.
Au fil du temps, on oublia la punition en inventant une histoire de mari trompé: un marchand fortuné qui découvrit, un jour, les infidélités de sa femme, aurait fait construire cette cage pour y installer l'épouse coupable au vu et au su de tout le monde.
Les lyonnais ne sont pas avare de légendes: On peut citer le Mâchecroute, créature incertaine qui vivait sous le pont de la Guillotière, unique pont de l'époque, qui se nourrissait des passants imprudents; ou bien celle des amants de l'Hôtel-Dieu: Au XVIIIe siècle, un interne en médecine et une jeune sœur hospitalière tombèrent follement amoureux l'un de l'autre. Amour interdit, ils ne pouvaient le vivre au grand jour et ils se firent surprendre en plein déduit dans un des greniers de l'Hôtel-Dieu. Pour ne pas vivre séparés ils préférèrent mourir ensemble, il se jetèrent du haut du grand dôme dans les eaux glacées du Rhône. On raconte que parfois, les nuits de pleine lune, on voit leurs silhouettes vaporeuses, main dans la main, se promener derrière les balustrades du grand dôme.

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