Métissage.
Enluminure de 1467 figurant dans le roman courtois "Parzival" de Wolfram von Eschenbach.
Cette enluminure représente les retrouvailles entre le chevalier Parzival (Perseval) et son demi-frère Feirefiz.
Après s'être affrontés sans qu'aucun ne puisse prendre le dessus sur l'autre, déclinant leurs identités respectives, ils découvrent qu'ils ont le même père. En effet, Feirefiz est né de l'union du chevalier Gahmuret et de la reine maure Belacane. Or si Gahmuret était blanc, Belacane était noire.
Il est précisé, dans le texte, que Feirefiz avait la peau tachée de noir, comme "du parchemin sur lequel on avait écrit des lettres". Au moyen âge, la laideur était associé aux anomalies physiques or, Feirefiz était très beau et séduisant!
Embarras de l'enlumineur! Comment traduire la beauté chevaleresque avec ces taches noires sans trahir le texte? Sans doute après moult réflexions, il décida de couper le visage en deux, une moitié noire et une moitié blanc. C'est ce qui apparaît sur l'enluminure.
Il est précisé dans le texte que Feirefiz était un roi païen, c'est à dire musulman dans l'esprit de l'époque, mais très riche et très puissant. Après les retrouvailles, il suivit son frère Parzival jusqu'au château du Saint-Graal. Ce château était ainsi nommé car il protégeait le saint Graal, le calice qui aurait servi lors de la Cène. On exposa cette coupe. Or, seuls les chrétiens baptisés pouvaient le voir. Feirefiz ne voyait rien du tout! Il demanda à être baptisé sur le champ, mais pas par ferveur religieuse, ni pour satisfaire sa curiosité. Il venait de tomber amoureux fou de Repanse de Schoye, la prêtresse qui portait le Graal. Pour pouvoir convoler en justes noces, le baptême était incontournable. Dès qu'il reçut l'eau bénite, le Graal apparut à sa vue et Repanse dans ses bras.
Feirefiz est le premier personnage métis qui apparaît dans la littérature occidentale comme un personnage positif et un double de Parzival, le grand chevalier de la Table ronde.

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