Toilette intime .
"La toilette intime" ou "La femme qui pisse" de François Boucher en 1760.
Ce tableau représente une femme, élégamment vêtue à la mode du XVIIIe siècle, soulevant ses jupons pour soulager sa vessie.
Elle utilise un objet en porcelaine de forme oblongue appelé bourdaloue. Il s'agit d'un objet insolite, utilisé au XVIIe et XVIIIe siècle, ancêtre du pisse-debout de nos jours, utilisé dans les concerts et idéal pour les randonneuses ou les navigatrices.
A noter un détail amusant, le bourdaloue est souvent confondu, à cause de son anse et de sa forme, avec un saucière élégante sur les étals des brocantes.
Il tient son nom d'un célèbre prêtre jésuite Louis Bourdaloue, à cause de la longueur de ses sermons qui duraient parfois plus de deux heures. Dans les chapelles, les dames de qualité étaient placées devant et refusaient de sortir de peur de manquer un bon mot du jésuite. Alors, lorsqu'elles étaient prises d'un besoin pressant, que seule la nature peut satisfaire, elle glissait discrètement, si possible, cet objet sous leurs jupes pour se soulager en pleine messe.
Le bourdaloue était parfaitement adapté à la femme et à l'époque. A la femme car sa forme et ses bords incurvés s'adaptait parfaitement à l'anatomie féminine et à l'époque, car au XVIIIe siècle les femmes ne portaient pas de sous-vêtements.
An dehors des églises, le bourdaloue était indispensable lors des longs trajets en carrosse ou lors des réceptions. Des servantes étaient chargées de vider l'objet après usage dans un endroit discret.
Certains modèles étaient très richement décorés et même parfois accompagnés de mentions grivoises comme: "Ah je te vois petit fripon!"
Si l'apparition de toilettes publiques a fait progressivement disparaître l'usage du bourdaloue, le port de la culotte l'a tué.
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