Eclipse.
Extrait de la Gazette de France, tout premier journal publié en France, daté du 19 mars 1764.
Cet article est destiné à rassurer la population à l'approche d'une éclipse de Soleil prévue le 1er avril 1764. Il informe les curés des villes et de la campagne de débuter la messe du matin plus tôt que d'habitude, l'éclipse étant prévue pour 10h du matin. Il est précisé que l'éclipse "ramenera les ténèbres de la nuit". Il est rappelé, pour rassurer la population, que l'éclipse ne provoque ni stérilité, ni contagion et ni guerre.
Au moment où se produit l'éclipse, le jeune Wolfgang Amadeus Mozart, âgé de 8 ans, et sa famille se trouvent à Paris pour une tournée européenne. Son père écrit une lettre à un ami le jour de l'éclipse pour l'informer que malgré les efforts du gouvernement et de la Gazette de France, la population a cédé à la panique.
"Les gens se sont précipités à l'église ce matin pour se protéger de l'empoisonnement de l'air... " . En effet, beaucoup craignaient que l'éclipse déclenche une épidémie de peste.
Pour observer le phénomène, comme de nos jours, on savait qu'il fallait se protéger les yeux. Les vitriers parisiens ont exploité la situation en vendant des morceaux de verres teintés en noir ou en bleu, encadrés de papier doré, créant une véritable frénésie commerciale, identique à celle de nos jours.
Louis XV et la Gazette de France avaient pu anticiper l'événement grâce à une femme, Nicole-Reine Lepaute, une remarquable astronome qui avait effectué tous les calculs et dressé une carte dès 1762.
Après des semaines de panique, de prêches dans les églises et de verres achetés à prix d'or, l'éclipse fut une déception à Paris, la lune n'ayant caché qu'une partie du soleil obscurcissant le ciel pendant quelques instants.
En des temps plus anciens, pour l'éclipse du 12 août 1654, afin de tourner en dérision les peurs apocalyptiques et les superstitions engendrés par les éclipses, Jakob Balde, un jésuite allemand décida de représenter la lune avec un visage humain moqueur et grotesque, masquant plus ou moins le soleil suivant les différentes ville européennes. La figure centrale représente un masque de théâtre avec ses rubans.
Hac Lunæ deluditur: par cette lune, [le monde] est trompé.
larva noster Orbis: notre monde [est masqué] par un masque.
De tout temps, on a cherché à prédire les éclipses. Mais il convenait aussi de les expliquer afin de lutter contre les peurs irrationnelles qu'elles suscitaient parmi le peuple.
Ce document étonnant est issu d'un manuscrit médiéval du XIIIe siècle intitulé 'Image du monde" et attribué à Gossuin de Metz.
Ce manuscrit est équipé d'une volvelle, instrument de calcul constitué de pièces rotatives, qui permettait de prédire les éclipses.
Gravure du XVIIIe siècle, illustrant des phénomènes astronomiques au-dessus de la ville de Londres.
Depuis des siècles, les éclipses n'ont pas varié, la foule non plus!
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8 juillet 1842 |









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