La police des noirs.
Chroniques du temps passé
Ces articles sont destinés à donner une senteur,un parfum,une ambiance d'une époque, les fautes de frappe étant ma seule contribution. Ils sont souvent longs,la télévision n'existait pas, ni le langage SMS, ni twitter et les gens avaient le temps de lire en famille. Ils peuvent prêter à sourire, mais restons modeste. Combien d'articles contemporains, de discours politiques, de rapports d'experts que nous prenons très au sérieux aujourd'hui susciteront l'hilarité générale dans un siècle ?
Translate
mardi 28 juillet 2026
Vive l'hiver.
Gravure satirique de Charles Williams datant de 1801 et intitulée "Luxury, or the Comforts of a Rum p ford".
Il s'agit d'une parodie des publicités pour les poêles Rumford. Williams a ajouté un "p" pour faire un jeu de mots: rump, en anglais, signifiant le fessier ou la croupe.
La femme tient dans sa main le roman subversif "The Monk" (Le Moine) de Matthew Gregory Lewis, alors que sur la table et au sol on aperçoit deux autres romans érotiques; "The kisses" et "Economy of Love".
A l'époque géorgienne et sous la Régence, les femmes ne portaient pas de culottes sous leurs robes. Elles portaient uniquement une chemise de corps, des jupons et des bas fixés par des jarretières.
Cette image est une caricature néerlandaise de 1810 intitulée "La Reine Hortense de Beauharnais dans ses appartements privés."
Hortense tient à la main un roman très osé "Thérèse philosophe", à ses pieds un autre roman érotique: "Het Cabinet der Dames". Sur un mot au mur, on peut lire: "Favorite van Madame Hortense Eugene Beauharnais, geweze Koningin van Holland" qui veut dire "Favorite de Madame Hortense Eugène Beauharnais, ancienne reine de Hollande"
Hortense est représentée, sa robe de style Empire largement ouverte, les fesses et les jambes nues devant la cheminée.
lundi 27 juillet 2026
La boutique de caricatures.
Cette gravure intitulée "Caricature shop" est de Piercy Roberts. Elle a été publiée à Londres en 1801.
La scène montre le dessinateur lui-même debout sur le pas de la porte de son magasin situé 28 Middle Row, Holborn. La foule se presse devant sa vitrine pour contempler ses caricatures politiques et sociétales. Afin de montrer l'intérêt que suscitait cette mode, l'auteur montre une foule hétéroclite, agglutinée devant sa vitrine, un homme amputé des deux jambes, un vieillard qui se penche au plus près de la vitrine, des bourgeois en hauts-de-forme, une femme qui tient un enfant qui tend ses bras vers la vitrine, des femmes de tous âges et de toutes conditions, un homme noir.
En effet, au début du XIXe siècle, les vitrines des marchands d'estampes étaient de véritables galeries d'art gratuites. De plus, les caricatures politiques permettaient d'informer le public sur les actualités, les scandales et les différents potins du moment.
samedi 25 juillet 2026
Fragile Constitution .
Cette image satirique est du britannique William Heath et date de 1829. Elle est intitulée:" Burking Poor Old Mrs Constitution".
La scène symbolise la fin de la Constitution d'origine protestante établie en 1688 lors de la "Glorious Revolution". Elle rappelle les meurtres commis par deux immigrants irlandais du nom de Burke et Hare (Burke and Hare murders) connus aussi sous le nom de "West Port murders". Entre novembre 1827 et fin octobre 1828, Burke et Hare firent 16 victimes et revendirent leurs cadavres au docteur Robert Knox à des fins de dissection. Ils étouffaient leurs victimes en comprimant leur thorax afin de laisser le moins de traces possibles. Le nom de Burke est passé dans le vocabulaire commun anglais sous la forme burking qui signifie "tuer quelqu'un tranquillement".
Sur cette image, on distingue sous les traits des deux meurtriers le Premier ministre, le Duc de Wellington en uniforme militaire rouge et Robert Peel, en habit bleu, son ministre de l'Intérieur en train d'étouffer une vieille dame.
La vieille dame, Old Mrs constitution, symbolise la constitution anglaise âgée de 141 ans. L'acheteur, attend à la porte. Il est représenté par un prêtre catholique romain qui attend tranquillement le cadavre de l'ancienne constitution.
Il s'agit donc d'une charge contre le "Catholic Emanciparion Act", d'avril 1829, l'Acte d'émancipation des catholiques, qui accordaient des droits civiques importants, par rapport à leur situation antérieure, aux catholiques du Royaume-Uni et d'Irlande, qui jusqu'à ce jour, jouissaient de droits moindres que les protestants et leur donnait l'accès au Parlement. Les conservateurs anglais les plus extrêmes (Ultra Tories) considéraient cette reconnaissance comme une trahison absolue et se mobilisèrent farouchement contre son adoption. Le parti Tory, dont la puissance reposait sur l'alliance entre l'Etat et l'Eglise anglicane, se divisa, les ultra-tories retirant leur soutien au gouvernement et les Tories, au pouvoir depuis plus de quarante ans, durent céder la place aux Whigs après un vote de défiance en 1830.
Cartes à jouer érotiques.
Sous Napoléon III et la IIIe république, la censure d'Etat était féroce. Mais comme dans tous les temps, la censure, aussi féroce soit-elle, pousse à la production de ce qui est interdit. Sans doute car ce qui est interdit est rare et que braver les interdits permet au bourgeois d'éprouver ce petit frisson réputé propre au rebelle.
Sous ces deux régimes, donc, la production d'objets "curieux" ou "galants" comme on les appelait à l'époque, explose littéralement, alimentée par les achats de la bourgeoisie et de l'aristocratie.
A Paris, ce commerce se concentre dans les galeries du Palais-Royal. Les libraires et les marchands d'estampes, vendent sous le manteau qui des estampes anonymes, qui des livres interdits, qui des objet mécaniques. Les dessinateurs, graveurs et imprimeurs ne signent jamais leurs œuvres afin d'éviter la prison et les lourdes amendes pour "outrage aux bonnes mœurs".
Au XIXe siècle, les objets à secret se multiplient. Tel objet, au demeurant anodin, cache en son sein une représentation érotique. C'est le cas des tabatières à double fond, des cannes à système ou encore des montres à gousset par exemple.
Les cartes présentées ci-dessous utilisent le procédé diaphane, c'est à dire la transparence. Chaque carte est d'apparence anodine, mais une source lumineuse placée à l'arrière de la carte fait apparaître une scène insoupçonnée.
6 et 9 de trèfle:
Autre exemple:
vendredi 24 juillet 2026
Les lorettes.
Part IV
Le nom de lorette est apparu sous la Monarchie de Juillet (1830-1840). Il désigne une femme indépendante qui vit des largesses de ses amants. Ce surnom vient de l'église Notre-Dame de Lorette et de son quartier en pleine construction à l'époque. Les propriétaires proposaient des loyers bas afin qu'elles "essuient les plâtres" ce qui attirait les lorettes.
Alexandre Dumas distinguait trois catégories de femmes de ce genre, les grisettes associées aux étudiants du quartier latin qui vivaient d'aventures mais conservaient un travail, les lorettes qui vivaient uniquement de leurs charmes en ayant plusieurs amants, appelés des "Arthurs", qui se partageaient les factures et enfin les courtisanes ou demi-mondaines qui n'avaient qu'un seul amant à la fois, mais richissime.
Les gravures sont de Gavarni ou de Damourette.
"Joli petit animal qui dévore en quinze jours une prairie dont cinquante vaches ne seraient pas venues à bout en un an."
Métaphore agricole pour désigner les dépenses somptueuses en vêtements et bijoux d'une Lorette capable de ruiner son amant en quinze jours.
" J'hérite, ma chère... un oncle, un vrai, qui me laisse des rentes. Ça va ma paraitre joliment farce de dépenser de l'argent à moi..."
" - C't homme-là, ma chère, un vrai caniche, c'est fidèle...
- Et ça rapporte."
" - Regardez-les passer belles de jeunesse et d'impudeur, toutes couvertes de dentelles et d'or: et personne dans cette ville corrompue ne s'élève contre cette honte! personne ne trouve mauvais que ces infâmes étalent au grand soleil le spectacle de leur luxe insolent!... Nation dégénérée, Français de la décadence, qu'avez-vous fait à la vertu de vos pères?...
- Et les abonnées avalent ça?..."
La caricature ne dénonce pas la libéralité des mœurs mais l'hypocrisie de la presse et la naïveté des lecteurs (les abonnés). Damourette montre que les journaux ne s'indigne de la décadence de la société que pour mettre en avant des situations scandaleuses qui font vendre, et que les lecteurs consomment avec une passivité désolante.
" - Et quand je songe que je regrette le temps où Edouard me fichait des tripotées dans sa mansarde!...
- Ça, ça ne fait pas l'éloge des agents de change!..."
Cette caricature est une attaque contre les agents de change, constituant la bourgeoisie financière de l'époque. Les agents de change, de par leur fortune, sont les nouveaux protecteurs des Lorettes, capables de leur offrir le luxe et le confort matériel mais ils sont profondément ennuyeux et froids. Le luxe bourgeois est si monotone qu'il leur fait regretter la misère bohème d'autrefois.
" - Si je te disais que je t'aime assez pour ne jamais rien te demander, mon loup, qu'est-ce que tu croirais?...
- Que tu vas me demander quelque chose..."
" - Prenez garde, madame Ribochet, je ne suis pas plus bête que j'en ai l'air... une femme ne me tromperait pas pendant deux jours sans que je m'en aperçoive.
- Menteur!... "
"Faire sa tête" signifie prendre des grands airs, "carotter" en argot signifie escroquer. Ce couple, malgré leur luxe apparent ne font ni partie de la noblesse, ni de la bourgeoisie historique. Ce sont des parvenus qui suscitent le mépris de ces deux femmes du peuple.
" T'as bien tort, mon enfant, de jeter comme ça tout ce qu'il y a par la fenêtre... garde-toi au moins d'quoi-z'-avoir du tabac sur tes vieux jours!"
" - Mille pardons, mon cher, j'ai oublié ma bourse, auriez-vous la bonté de payer ma voiture qu'est en bas?...
- C'est une bagatelle, vous devez?...
- Un mois, trois cent soixante-deux francs, vous ajouterez ce qu'il vous plaira pour le cocher."
- Et la totalité de ses habits."
" Cette nuit, monsieur, j'ai rêvé que vous aimiez une autre femme... cela m'a fait mal, Henri, cela m'a fait horriblement mal!...
" Vous ne seriez pas gros comme cela, Edouard, si vous m'aimiez autant que je vous aime."
" - Et combien qu'ça t'rapporte, m'sieu le caricaturiste, de te moquer des femmes?
- Quatre ou cinq mille francs.
- Peuh! Ça nous rapporte plus, à nous, de nous moquer des hommes..."
Inscription à :
Articles (Atom)

















