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samedi 11 juillet 2026

 The Officious Waiting Woman.




Cette estampe  a été réalisée d'après un tableau du français Jean-Frédéric Schall (1753-1825) et gravée par Alexandre Chaponnier vers 1786. Le titre en français est "La servante officieuse".

L'estampe dépeint une scène typique du libertinage du XVIIIe siècle et de l'usage de la "médecine galante". La maîtresse de maison est allongée, nue, dans son lit à baldaquin, le fessier à l'air, la servante tient un énorme clystère et s'apprête à lui administrer un lavement, un jeune homme observe discrètement la scène avec la complicité de la servante.
La médecine galante était couramment pratiquée dans les boudoirs aristocratiques. Elle consistait à détourner les pratiques médicales au profit de l'érotisme et de la séduction. Le clystère, à cette époque, était une véritable obsession, certaines femmes le pratiquant plusieurs fois par jour et l'administration du soin n'avait rien de tabou. La maîtresse de maison, tout en recevant le clystère, recevait aussi ses intimes, ses amants et ses soupirants en restant dans son lit. Le clystère devenait un symbole phallique évident et les artistes s'emparèrent du sujet pour dévoiler la nudité des femmes sous un angle inédit, tout en contournant la censure officielle sous prétexte d'humour.

 Vue d'un jeu de paume.




Cette estampe, intitulée "Vuë d'un jeu de paume" a été gravée en 1757 par Jean-Martial Frédou dit Voderf.

En fait, le sport représenté est celui de "courte paume", une variante du jeu de paume. C'est l'ancêtre du tennis moderne.
Les joueurs sont vêtus d'une tunique rouge et d'un pantalon bleu, le filet est lâche et incurvé, les raquettes sont en bois à cordage en boyau.
Des balles appelées "éteufs"  jonchent le sol.

Ce jeu est à l'origine de l'expression "Qui va à la chasse perd sa place". Une chasse désignait une phase particulière du jeu de paume. Lorsqu'une balle rebondissait deux fois sur le sol sans être renvoyée, le point n'était pas marqué immédiatement. L'endroit du second rebond était marqué au sol et pour pouvoir jouer cette "chasse" les joueurs échangeaient leurs places. Cette phase du jeu s'appelait donc "qui va à la chasse perd sa place".
Par la suite, la pratique du jeu de paume diminuant progressivement, la "chasse" fut associée à la chasse au gibier et à donné l'interprétation moderne du "Qui va à la chasse..."

vendredi 10 juillet 2026

 Le moine en privé.





Estampe de 1798 intitulée Le Moine en privé.

Lors des élections de l'an VI, les Jacobins, surnommés les Patriotes, ont remporté une large victoire. Le directoire, opposé aux radicaux fait invalider les élections pour écarter les députés élus.

La caricature représente un moine dans les toilettes (le "privé"). Tout en se soulageant, il lit une lettre:

Frère et ami
Nous sommes
dans un
vilain cas .

"Etre dans un vilain cas" signifiait "être dans la merde" au sens propre et figuré. Ce coup d'Etat est symbolisé par une colique subite, une perte de contrôle de la situation. La figure du moine, malgré la suppression des ordres religieux, reste un puissant symbole contre révolutionnaire. Cependant, le début de la lettre "Frère et ami" fait partie du jargon des clubs politiques de gauche, les Jacobins, alors que le moine est le symbole de la droite royaliste. Cette association des deux tendances dénonce les alliances contre nature destinées à truquer les élections. Le caractère scatologique est destiné à exclure de la société les opposants, à les envoyé "au privé", on dirait de nos jours "aux chiottes".
Au bas de la caricature, on distingue une écriture manuscrite: "exclusion des Patriotes des Conseils par les intrigues du Directoire  au 6.19 flor."

La mention légale précise: " se trouve dans toutes les Foires, et à Paris chez les Marchands de Nouveautés"

jeudi 9 juillet 2026

 Le médecin d'eau douce.






Gravure satirique du XVIIe siècle sans doute de Jacques Lagniet, représentant un médecin ou un charlatan soignant un malade en lui administrant de l'eau.

A cette époque, les médecins diplômés ne pratiquaient guère que des saignées et des purges. De nombreux charlatans proposaient des remèdes miracles et même de l'eau pure, pour guérir toutes les maladies.

Le texte précise:

Ce vieux reveur pour la Migraine
fieure tierce, ou fieure quartaine
et tous les maux en general
donne à boire de belle eau Claire
n'est pas un franc animal.

Il se termine pas la mention: "Lagniet ex Avec Privilege"

 La jeune villageoise 

rendue à ses parents.






Cette gravure, réalisée par Martial Deny à Paris, relate un fait divers rapporté par le Mercure de France en 1783.
On voit le Maréchal des logis Louis Gillet (dit Ferdinand), un militaire rattaché au régiment d'Ile-de-France, ramenant une jeune fille saine et sauve à ses parents, après lui avoir sauvé la vie.
A gauche, le maréchal des logis Louis Gillet vêtu de son uniforme militaire, au centre et à droite, la jeune fille émue, entourée de sa mère et de son père tenant son chapeau à la main. En bas, l'explication de la scène:

"Le Marechal des Logis remet la jeune fille entre les mains de son pere et de sa mere qui dans le transport de leur joie lui offre de l'épouser. Le brave Gillet repond qu'il lui a ete plus facile de lui sauver la vie que de la rendre heureuse a l'age de 70 ans qu'il avoit. Le Pere penetre de reconnoiffance le prie d'accepter au moins une bourfe pour prix d'une si belle action. Ce genereux Militaire lui affure que la recompenfe eft dans son coeur. Il réside actuellement a l'Hotel Royale des Invalides."

En dessous: "A Paris chez Deny graveur rue des Noyers la 2e Porte cochere a gauche en entrant par la rue St Jacques N° 34."


mercredi 8 juillet 2026

 Do you please...






Caricature anglaise de William Heath (alias Paul Pry) vers 1828. Il s'agit d'une servante d'époque Régence portant des manches gigot démesurées, un bonnet de dentelle et un tablier blanc.

Le titre: "Do you please to have your bed warm'd sir?" ("S'il vous plait, monsieur, voulez-vous que je réchauffe votre lit?") est volontairement ambigu et à connotation sexuelle. La figure de la servante "bassinant le lit" était souvent utilisée, à l'époque, pour faire des insinuations grivoises sur les amours ancillaires.

La servante tient dans la main gauche une bassinoire en cuivre ou en laiton. La bassinoire était remplie de braises prises dans la cheminée et servait à réchauffer les draps du lit. Dans la main droite, elle tient une lampe à huile, ou un bougeoir pour s'éclairer dans les chambres et les couloirs obscurs.

 Dessin d'un boudoir, 

côté canapé.







Ce dessin, de Jean- Jacques Lequeu (1757-1826), montre une femme nue, un turban sur la tête, agenouillée sur un lit à baldaquin dont la traverse inférieure est brisée.

Le lit cassé représente, symboliquement l'ardeur des ébats amoureux et l'empreinte physique du plaisir sur les choses matérielles. Pour Lequeu, le lit devient un espace transgressif dans lequel la passion doit détruire les barrières de la civilisation et de la pudeur.

Lequeu était un architecte, qui n'a en fait rien construit, et était réputé pour ces dessins très osés qu'il a légué à sa mort à la Bibliothèque Nationale de France. Compte tenu de l'aspect très transgressifs de certains d'entre eux, ils ont été placé dans l'Enfer de la BNF.

Quelques dessins "montrables" de J. J. Lequeu:












La religieuse montrant son sein.