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vendredi 14 août 2026

Féminicide.







 
Cette enluminure date de 1400 environ. Elle est extraite des "Grandes chroniques de France".

Elle représente l'assassinat par strangulation de la reine mérovingienne Galswinthe par son époux  Chilpéric 1er.

Chilpéric, roi de Soissons épousa Galswinthe pour sa dot qui était considérable. Mais il ne brûlait pas d'amour pour la donzelle (du vieux français du XIIe siècle donzele signifiant "jeune fille", ceci dit afin que personne ne se méprenne) et il retourna bien vite rejoindre sa maîtresse, la belle Frédégonde. Humiliée, Galswinthe demanda à repartir en Hispanie. Refusant de perdre sa dot, Chilpéric l'étrangla dans son lit en 568.
Ce crime déclencha une guerre civile, la faide royale, qui opposa Chilpéric à Sigebert 1er mais aussi Frédégonde la maîtresse de Chilpéric à Brunehaut la sœur de Galswinthe.
D'après un récit de l'évêque Grégoire de Tours, un miracle se produisit après l'enterrement de Galswinthe appelé "Le miracle de la lampe brisée". Une lampe en verre suspendue brûlant nuit et jour dans le tombeau, vint à tomber sur le sol qui s'ouvrit et préserva la lampe évitant qu'elle ne se brise. Ce miracle confirmait que Dieu condamnait ce crime et qu'il voulait que personne ne l'oublie.
Et ce fut le cas puisque Marcel Proust dans "A la recherche du temps perdu" fait référence à la "lampe de Galswinthe" pour illustrer la persistance de l'odeur et du goût des madeleines de son enfance à travers le temps.

Toilette intime .












"La toilette intime" ou "La femme qui pisse" de François Boucher en 1760.

Ce tableau représente une femme, élégamment vêtue à la mode du XVIIIe siècle, soulevant ses jupons pour soulager sa vessie.
Elle utilise un objet en porcelaine de forme oblongue appelé bourdaloue. Il s'agit d'un objet insolite, utilisé au XVIIe et XVIIIe siècle, ancêtre du pisse-debout de nos jours, utilisé dans les concerts et idéal pour les randonneuses ou les navigatrices.
A noter un détail amusant, le bourdaloue est souvent confondu, à cause de son anse et de sa forme, avec un saucière élégante sur les étals des brocantes.
Il tient son nom d'un célèbre prêtre jésuite Louis Bourdaloue, à cause de la longueur de ses sermons qui duraient parfois plus de deux heures. Dans les chapelles, les dames de qualité étaient placées devant et refusaient de sortir de peur de manquer un bon mot du jésuite. Alors, lorsqu'elles étaient prises d'un besoin pressant, que seule la nature peut satisfaire, elle glissait discrètement, si possible, cet objet sous leurs jupes pour se soulager en pleine messe.
Le bourdaloue était parfaitement adapté à la femme et à l'époque. A la femme car sa forme et ses bords incurvés s'adaptait parfaitement à l'anatomie féminine et à l'époque, car au XVIIIe siècle les femmes ne portaient pas de sous-vêtements.
An dehors des églises, le bourdaloue était indispensable lors des longs trajets en carrosse ou lors des réceptions. Des servantes étaient chargées de vider l'objet après usage dans un endroit discret.
Certains modèles étaient très richement décorés et même parfois accompagnés de mentions grivoises comme: "Ah je te vois petit fripon!"




Bourdaloue à l'œil.


Si l'apparition de toilettes publiques a fait progressivement disparaître l'usage du bourdaloue, le port de la culotte l'a tué.
Scènes populaires.

Part I






 Edmé- Jean Pigal est connu pour avoir illustré, avec humour et réalisme, des scènes de vie des classes populaires parisiennes au XIXe siècle. Ses lithographies sont accompagnées du langage parlé de l'époque, ce langage fleuri si différent du langage châtié des salons de la bourgeoisie.





Ah! J'ris ti!...






Tais-toi, rosse!
Tu m'em... bêtes.







On vient.







à bas les pattes!...








 Ah! Chienne.
Ah! Gueuse!








Queq'tu veux, Gringalet?









C'que c'est que d'nous!








Dis donc bel homme?







Femme, sachez vous taire?


jeudi 13 août 2026

La cruche brisée.







 
En flânant dans le "Livres d'heure à proverbes", datant de 1450 environ, on trouve cette gravure qui, après examen attentif, finit par intriguer.
Elle est sous-titrée: "Tant va le pot à l'iaue quil brise". La cruche est cassée, certes, mais la jeune femme semble rejeter la responsabilité sur elle, elle l'a montre du doigt, comme si, elle n'était pour rien dans cet accident, comme si la cruche avait tout fait pour finir brisée.


Ce pourrait-il que ce brave M. de La Fontaine, le célèbre fabuliste, nous en apprenne un peu plus. Nous voyons, la jeune et svelte Jeanne, que Dame Germaine avait envoyé quérir de l'eau, chue à terre avec sa cruche cassée,
les jupons en bataille. Et Jean qui l'assiste, qui range ou sort, un couteau de son pantalon. Etrange scène mais nous commençons à y voir plus clair. 

Mais glissons d'abord dans une chambre en cette fin du XVIIIe siècle.




Nous sommes en 1791 et Philibert-Louis Debucourt crée cette gravure; "La Rose mal défendue".
Une femme est en prise avec un homme qui veut s'emparer de sa rose qu'elle écarte de lui, tout en restant assise près de lui, ce qui révèle des failles dans la défense. Le désordre est total dans la pièce, le chapeau jeté au sol, une chaise renversée, divers objets les accompagnent, aucun doute que si la rose avait été dans un vase, celui-ci aurait été brisé.




 
D'ailleurs, deux ans plus tôt, en 1789, Michel Garnier ne s'y était pas trompé. L'homme s'est emparé de la rose et le vase est brisé!





En 1785, Jean-Frédéric Schall  a peint "La Feinte Résistance", et là aussi un vase est cassé.




 Pourtant, en 1771, Jean-Baptiste Greuze nous avait tout dit.

La jeune fille porte une cruche cassée à son bras. C'est le symbole de l'innocence envolée, de la virginité perdue. Son regard semble être figé par la stupeur. Sa robe est chiffonnée, de travers, laissant apparaître un sein et elle tente de retenir des roses coupées dans son tablier. Derrière elle, sur la fontaine,  figure un lion, symbole de la force du mâle ainsi que du désir auquel elle n'a pas pu résister.
L'époque était dominé par les "philosophes des lumières", Jean-Jacques Rousseau, partisan du retour à la nature et des vertus familiales et Diderot, le moralisateur, qui militait pour un retour de la morale en peinture adoraient Greuze. Mais, certains esprits affutés ont commencé à comprendre le coup de la cruche brisée. Sous couvert de donner une leçon de moralité, Greuze flattait les instincts voyeurs des libertins de l'époque, et si le public était sensible à la tristesse de la jeune fille, il se délectait de la sensualité du sein découvert.





L'idée fut exploitée. En 1773, le graveur Jean Massard s'inspira du tableau de Greuze pour réaliser cette gravure.
La dédicace précise: "Dédiée à Mademoiselle Sophie Arnould, Pensionnaire du Roi et Première Actrice de l'Académie Royale de Musique".
Sophie Arnould était une des cantatrices et actrices les plus célèbres du XVIIIe siècle en France. Elle était aussi réputée pour sa vie sentimentale tumultueuse et publique. Elle menait une vie de libertine assumée. Dédier l'image d'une jeune fille qui vient de perdre sa virginité a une femme aussi libre était typique de l'ironie du XVIIIe siècle.

Pour terminer cette enquête palpitante, citons un conte poétique de Jean-Pierre Claris de Florian écrit en 1778 et publié dans l'Almanach des muses.


« ….Advint pourtant qu’à la fontaine
prochaine,
madame Alix l’envoye un beau matin
remplir sa cruche ; elle y court : mais advint
que par hasard se trouva là Colin ;
il a seize ans, il est beau, mais malin ;
il prend, avec douceur, la cruche à Colinette,
puise de l’eau, la rend à la fillette ;
pour son salaire, il a pris un baiser ;
le premier pris défend de refuser
celui qui fait que bientôt on trébuche ;
de baisers en baisers, Colin cassa la cruche.

Madame Alix, écoutez mes leçons :
il faut fuir, mais il faut connoître les garçons ;
si trop de liberté perdit sa soeur Colette,
trop d’ignorance a perdu Colinette. »


 Le jeu.






Sixième estampe de la série 'La carrière d'un libertin" (A Rake's Progress) de William Hogarth en 1735.

Après avoir dilapidé un premier héritage, Tom Rakewell s'est marié avec une vieille femme riche, disposant ainsi de sa fortune qu'il vient de perdre à nouveau. Sa perruque à terre, à genoux , il lève le poing vers le ciel.
Les autres joueurs restent indifférents à son sort, étant totalement absorbés par le jeu. A gauche, un usurier rédige un contrat de prêt pour un autre aristocrate ruiné.
De la fumée s'échappe du plafond, sans que personne ne s'en inquiète.

Cette série d'estampes est à l'origine de la première loi sur les droits d'auteur. En 1732, William Hogarth obtient un immense succès avec sa série "La Carrière d'une prostituée". Les marchands d'art copient ses gravures et en font des contrefaçons bon marché, le privant de ses bénéfices. Furieux, Hogarth décide de créer "La Carrière d'un libertin", dont est issue la gravure ci-dessus, mais il refuse de publier son œuvre tant qu'elle ne sera pas protégée par la loi.
Après une campagne très active auprès du Parlement, britannique, il est récompensé de ses efforts. La loi "Engraving Copyright act" est votée qui interdit les copies non autorisées d'une œuvre. La loi est entrée en vigueur le 25 juin 1735, c'est le moment où Hogarth a commencé à vendre des exemplaires de "la Carrière d'un libertin". Ainsi c'est grâce aux carrières d'une prostituée et d'un libertin que le copyright a vu le jour!
Eclipse.






 
 

Extrait de la Gazette de France, tout premier journal publié en France, daté du 19 mars 1764.

Cet article est destiné à rassurer la population à l'approche d'une éclipse de Soleil prévue le 1er avril 1764. Il informe les curés des villes et de la campagne de débuter la messe du matin plus tôt que d'habitude, l'éclipse étant prévue pour 10h du matin. Il est précisé que l'éclipse "ramenera les ténèbres de la nuit". Il est rappelé, pour rassurer la population, que l'éclipse ne provoque ni stérilité, ni contagion et ni guerre.
Au moment où se produit l'éclipse, le jeune Wolfgang Amadeus Mozart, âgé de 8 ans, et sa famille se trouvent à Paris pour une tournée européenne. Son père écrit une lettre à un ami le jour de l'éclipse pour l'informer que malgré les efforts du gouvernement et de la Gazette de France, la population a cédé à la panique.
"Les gens se sont précipités à l'église ce matin pour se protéger de l'empoisonnement de l'air... " . En effet, beaucoup craignaient que l'éclipse déclenche une épidémie de peste.
Pour observer le phénomène, comme de nos jours, on savait qu'il fallait se protéger les yeux. Les vitriers parisiens ont exploité la situation en vendant des morceaux de verres teintés en noir ou en bleu, encadrés de papier doré, créant une véritable frénésie commerciale, identique à celle de nos jours.





Louis XV et la Gazette de France avaient pu anticiper l'événement grâce à une femme, Nicole-Reine Lepaute, une remarquable astronome qui avait effectué tous les calculs et dressé une carte dès 1762.
Après des semaines de panique, de prêches dans les églises et de verres achetés à prix d'or, l'éclipse fut une déception à Paris, la lune n'ayant caché qu'une partie du soleil obscurcissant le ciel pendant quelques instants. 

En des temps plus anciens, pour l'éclipse du 12 août 1654, afin de tourner en dérision les peurs apocalyptiques et les superstitions engendrés par les éclipses, Jakob Balde, un jésuite allemand décida de représenter la lune avec un visage humain moqueur et grotesque, masquant plus ou moins le soleil suivant les différentes ville européennes. La figure centrale représente un masque de théâtre avec ses rubans.




Hac Lunae deluditur larua noster Orbis:
Par ce masque de la Lune, notre monde est dupé.





  Hac Lunæ deluditur: par cette lune, [le monde] est trompé.
larva noster Orbis: notre monde [est masqué] par un masque.


De tout temps, on a cherché à prédire les éclipses. Mais il convenait aussi de les expliquer afin de lutter contre les peurs irrationnelles qu'elles suscitaient parmi le peuple.



Ce document étonnant est issu d'un manuscrit médiéval du XIIIe siècle intitulé 'Image du monde" et attribué à Gossuin de Metz.
Ce manuscrit est équipé d'une volvelle, instrument de calcul constitué de pièces rotatives, qui permettait de prédire les éclipses.




Gravure du XVIIIe siècle, illustrant des phénomènes astronomiques au-dessus de la ville de Londres.



Depuis des siècles, les éclipses n'ont pas varié, la foule non plus!



8 juillet 1842



17 avril 1912.



12 août 2026.


 

mercredi 12 août 2026

Les cosaques à Paris.






En mars 1814, après la défaite de Napoléon 1er, les cosaques de l'armée Russe entrent et occupent Paris.
La propagande impériale avait dépeint les cosaques comme des barbares sanguinaires, des sauvages incultes et des mangeurs d'enfants. Les Parisiens s'attendent au pillage et aux meurtres. Mais l'occupation se déroula sans exactions majeures, les parisiens découvrirent des hommes fiers mais curieux de la civilisation occidentale et souvent fort galants avec les dames. L'occupation de Paris devint vite l'attraction touristique la plus appréciée de la capitale.

Toutes les gravures sont de Georg Emanuel Opiz, elles font partie d'une série sur 
" l'Occupation russe à Paris en 1814". Cette série décrit le choc culturel entre les Parisiens et les cosaques de l'armée russes.






Ici, deux cosaques, coiffés de shakos, en uniforme coloré déambulent dans une rue parisienne, attirant la curiosité des passants. Sur l'enseigne blanche située au-dessus des deux cosaques, on peut lire "Coluchet" ou "Coluche" et en dessous "Marchand de Legumes de toute Espèce & c." (Le c. était l'abréviation de et cætera). Plus loin, un voit une enseigne typique des auberges de l'époque: "Ici on loge à pied et à cheval"










Un cosaque à cheval, reconnaissable à sa barbe fournie, son uniforme et son bonnet de fourrure, est entourée d'une foule curieuse, surtout des femmes qui l'observent avec étonnement. En effet, les hommes français, à cette époque sont rasés de près, et cette barbe hirsute est une attraction exotique majeure pour les parisiennes. Ce choc culturel a été à l'origine d'une nouvelle mode à Paris. Amusées par l'accoutrement des occupants, les Parisiennes se sont mises à se coiffer des chapeaux et des robes inspirées des tenues cosaques.










Cette gravure montre un officier cosaque qui plaisante ou même flirte avec une parisienne vêtue d'une robe empire. Les proportions des coiffures militaires des cosaques ont été volontairement exagérées, comme ici le plumet sur le casque à cimier de l'officier, par Opiz pour accentuer le caractère exotique de ces hommes. 
Le redoutable chef des cosaques, Matveï Platov avait été logé chez une parisienne. Les cosaques étaient considérés au début comme des barbares venus du Nord, anthropophage et sanguinaires. Platov, en s'installant chez la dame, fut attiré par le joli bébé de son hôtesse et le prit tendrement dans ses bras. La mère s'effondra en larmes à ses genoux, le suppliant "de ne pas manger son enfant".
Ayant compris les rumeurs qui couraient sur leur compte, les officiers russes, qui parlaient presque tous un français parfait, la langue française étant alors la langue diplomatique internationale, s'efforcèrent d'être d'une extrême politesse pour rassurer la population.
Victor Hugo, qui avait alors 12 ans, et qui vécut l'occupation, écrivit plus tard: "Les cosaques ne ressemblaient nullement à leurs images; ils n'avaient pas de colliers d'oreilles humaines; ils ne volaient pas les montres et ils ne mettaient pas le feu aux maisons: ils étaient doux et polis."










Deux cosaques sont arrêtés devant l'étal d'une marchande parisienne. On les voit examiner les différents produits, du poisson frais dans les paniers en osier au sol, mais aussi des saucisses et des boudins suspendus sur l'étal.
Le comportement des cosaques au marché, en dehors de leurs tenues jugées exotiques, semblait naturel et tout se passait dans une ambiance bon enfant. Il n'en était pas de même pour leurs habitudes d'hygiène. Les parisiens de 1814 se lavaient très peu alors que les cosaques adoraient l'eau.
A l'emplacement actuel du quai de la Râpée, il existait une grève où des cosaques avaient installé leur campement. Ils profitaient de la proximité de la Seine pour se baigner, totalement nus,  sous les yeux ébahis des promeneuses parisiennes, tout en lavant leurs chevaux.
Le Tsar, Alexandre 1er voulait absolument donner une bonne image de son armée. Afin d'éviter les pillages, il doubla la solde de tout les cosaques qu'il paya directement en leur versant des pièces d'or et d'argent. Face à cette clientèle fortunée, les marchands parisiens se sont mis vite à spéculer. Dès que des cosaques approchaient d'un étal les prix étaient multipliés par trois, quatre ou cinq. Totalement ignorants des prix normaux, les cosaques, qui adoraient les fruits, qu'ils ne connaissaient que très peu, comme les oranges, se faisaient étriller sans sourciller, à la grande satisfaction des commerçants.









Les cosaques, issus de leurs steppes russes n'étaient pas habitués aux canons occidentaux. Ici, deux cosaques visitent le Louvre (appelé alors musée Napoléon). Ils sont en arrêt devant l'Apollon du Belvédère, statue qui avait été confisquée au Vatican, par Napoléon durant la campagne d'Italie en 1797. Elle a été restituée à Rome en 1815. Ils découvrent pour la première fois les statues de marbre grecques ou romaines complètement nues. Si les cosaques étaient peu pudiques lorsqu'ils se lavaient, ils furent surpris pas la nudité exhibée. On voit un des cosaques montrer les parties intimes de l'Apollon du Belvédère, tandis que son compagnon reste bouche bée. Pour eux, l'art classique était indécent.








Une parisienne se fait courtiser par deux cosaques. Elle a tourné son visage vers l'un d'eux, lui montrant qu'elle écoute ses compliments, avec toute fois un regard plein de malice. Malice, car pendant ce temps, elle a glissé sa main dans la poche de l'autre pour lui dérober son argent ou sa montre.
L'enseigne indique:

Estaminet.
Du vin d'Emideye 
Cognac, double ( cognac à forte teneur en alcool)
Bière de mars.










Des officiers et soldats casaques partagent un moment de détente avec la haute société parisienne. La scène se déroule très probablement dans un des salons de jeu du Palais-Royal  où cafés, tripots de jeu clandestins et prostitution fleurissaient. Ceci montre que les cosaques se sont rapidement adaptés aux vices parisiens.








Cette vue montre l'installation des cosaques sur les Champs-Elysées. A cette époque, les Champs-Elysées n'étaient qu'une longue promenade arborée. Les Parisiens s'y rendaient comme s'ils allait au zoo pour observer ces gens bizarres. On voit que les chevaux sont attachés aux arbres. Le manque de fourrage fit que les chevaux rongèrent l'écorce des arbres, en les laissant à nu. Par ailleurs, les cosaques ont abattus quantité d'arbre plantés par Le Notre pour faire du feu. A leur départ, la promenade des Champs-Elysées était totalement dévastée.








Les parisiens observent avec intérêt les méthodes culinaires étonnantes des cosaques, notamment les modes de cuissons. Et il y avait de quoi être surpris. N'ayant pas l'habitude de l'éclairage public à l'huile, les cosaques adoraient boire l'huile des lampadaires et se régalaient en mangeant des bougies de suif considérés par eux comme une friandise grasse. Nombre de parisiens les avaient immédiatement surnommés "les bouffeurs de chandelle".