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samedi 29 août 2026

La jolie serveuse.








 
Gravure selon un tableau de John Collet réputé pour ses représentations de scènes humoristiques et ses satires morales. Ces gravures étaient publiées et vendues par le marchand d'estampes Carington  Bowles à Londres (St. Paul's Churchyard). Celle-ci date de 1778.

La scène se passe dans une taverne de l'époque géorgienne. 
Dans un premier temps, on peut être surpris par l'éclatante rougeur des joues des protagonistes. Il existe plusieurs raisons qui expliquent ces bonnes mines et pas seulement la capacité des "roast beef", comme les surnommaient les français à l'époque, à rougir facilement une fois exposés au soleil. La principale est liée à la consommation excessive de punch, de porto, de vin ou de gin qui dilatait les vaisseaux sanguins de la peau de leur visage qu'on appelait "couperose". John Collet nous les montre pour le moins "éméchés". Mais l'afflux du sang dans les joues est aussi la conséquence d'une forte émotion. Tous les hommes présents sont en train de reluquer intensément la jolie serveuse et cette couleur vive traduit leur excitation sexuelle et leur manque de retenue. Il convient d'ajouter, puisqu'un militaire est présent parmi les admirateurs, que les hommes élégants et notamment les militaires utilisaient parfois du fard pour rehausser leur teint. Pour des raisons étranges, ils étaient surnommés "macaronis" à Londres. La virilité supposée du militaire est ici tournée en dérision, d'autant qu'il se trouve en train de manger une crème sucrée à la petite cuillère, sans doute un syllabub (Le syllabub est une crème fouettée ou du lait caillé avec du vin blanc, Xérès ou Porto, arrosée d'un jus de citron, puis sucré)
Le rouge fonctionne ici comme un masque de débauche en trahissant leurs vices, la gourmandise, l'ivrognerie et la débauche.

Mais revenons à notre estampe. Au bas de l'image on trouve écrit: "From the Original Picture by John Collet, in the possession of Carington Bowles". Le marchand avait acquis le tableau de John Collet et le tenait exposé dans la vitrine de sa boutique. Il s'agissait d'une invitation à venir voir l'original et peut-être à acquérir d'autres estampes.

On trouve aussi, dans cette estampes un message politique indirect induit par la présence de journaux. 
Un homme tient un journal au bar, même si ses yeux sont occupés à autre chose. Ce journal, c'est le Morning Post, fondé en 1772, mais à ses débuts, il était alors très friand de rumeurs, de commérages concernant la haute société, les potins de la mode ou les scandales théâtraux avant de prendre plus tard une tournure plus politique. Sa présence montre que les clients sont plus intéressés par les petits potins et la présence de la jolie serveuse que par les grands débats de l'époque.
Un second journal se trouve par terre. Un chien urine délibérément dessus. Il s'agit de la Gazette extraordinary, supplément du London Gazette, le journal officiel du gouvernement britannique qui publie les décrets royaux, les nominations et les dépêches officielles. Or, c'était l'époque de la guerre d'indépendance des Etats-Unis, et la Gazette transmettait les rapports, souvent désastreux des opérations militaires menées outre-Atlantique. Le chien qui satisfait son besoin sur ce journal montre le désintérêt de la population londonienne pour ce conflit lointain.
Ce désintérêt est encore accentué par le militaire dégustant sa crème sucrée. On voit un pli dépasser de sa poche. Il est certainement en charge de faire parvenir ce document à un destinataire qui l'attend, mais le militaire préfère traîner dans les tavernes en admirant les jolies serveuses que de servir au front.

La serveuse, elle, pour ne pas être en reste, arbore un énorme "pouf" surmonté d'un ruban bleu. C'était la coiffure à la mode à Londres dans les années 1770, popularisée par Marie-Antoinette en France. Ces coiffures, toutes plus extravagantes les unes que les autres, étaient constituées de cheveux surélevées par des coussins en crin ou en laine, fixés avec de la graisse animale et de la farine. Elles étaient la cible des caricaturistes qui prétendaient que ces échafaudages capillaires, jamais lavées, devenaient l'habitat de familles de souris. Elle adopte l'attitude commerciale classique, le buste légèrement penché en attente des demandes des clients, le regard en biais pour feindre l'innocence et les mains occupées pour signifier qu'elle conserve ses distances. La différence d'attitude entre ses clients vautrés sur le bar et sa posture droite accentuée par la verticalité du pouf est frappante.

Un mot enfin, sur le matériel posé sur les étagères: l'immense récipient orné de motifs floraux rouges et bleus est un bol à punch (punch bowl), probablement en provenance de Chine ou en faïence anglaise. Le punch était cher par rapport au gin, le bol à punch est là pour rappeler que l'endroit était fréquenté par une clientèle aisée. Diverses bouteilles et carafes, destinées à contenir du vin ou du madère ornent aussi l'étagère. Ces bouteilles sont en verre transparent au lieu des modèle en terre ajoutant à la modernité de l'établissement.

Tout cela pour dire, que si la serveuse est indéniablement charmante, il y a beaucoup de chose à voir aussi que ne sont pas sans intérêt non plus.

Veuve inconsolable.






 


Ce tableau, de Jean-Baptiste Greuze, peint vers 1762, est intitulé "La Veuve inconsolable" ou "Le tendre Ressouvenir". C'est un exemple typique du style rococo sentimental.

Devant le buste de son défunt époux, une veuve relit d'anciennes lettres d'amour. La tenue de la veuve, robe froissée, dépoitraillée laissant voir un sein, montre son total abandon à son chagrin. Un chien, toujours symbole de la fidélité, est présent dans la chambre.

Ce chagrin, très théâtral, aurait pu paraître anecdotique, s'il n'avait pas été l'objet d'une dispute épique entre Greuze et le trop pudibond Diderot.

Rappelons que Greuze, au XVIIIe siècle, malgré son tableau " La cruche cassée" était considéré comme le grand peintre de la morale et de la vertu. Lorsque Greuze prépare ce tableau parallèlement avec "Le Miroir brisé" pour le Salon de 1763, Diderot découvre le tableau et il entre dans une colère épique. Il reproche à Greuze ce sein dévoilé destiné à transformer, d'après lui, le chagrin de la veuve en excitation charnelle.
Diderot écrira plus tard que Greuze avait peint une scène de plaisir solitaire ce qui, pour lui, constituait une faute de goût pour le peintre de la vertu.
Ulcéré, Greuze se vexa et décida de retirer son œuvre de l'exposition du Salon. Le tableau est donc resté caché du public, suscitant des hypothèses les plus hasardeuses.

Si Greuze était le peintre de la vertu, il faut reconnaître que sa vie intime l'était moins, non pas de sa faute, mais de celle de sa femme. En 1759, il épouse Anne-Gabrielle Babuti, la fille d'un libraire parisien. Ce fut un mariage d'amour passionné, mais qui ne tarda pas à dégénérer.
Anne-Gabrielle gère les affaires de Greuze et notamment le commerce des gravures. Or Anne-Gabrielle est d'une cupidité maladive, elle fait secrètement imprimer des milliers de copies supplémentaires pour les revendre à son propre profit. De plus, elle gère la fortune du peintre pour la dilapider le laissant au bord de la faillite en permanence. Pour compléter le tableau, si j'ose dire s'agissant d'un peintre, la fidélité n'était pas le fort d'Anne-Gabrielle. Son appétit en la matière était insatiable, jusqu'aux élèves de son mari en passant par des proches du milieu artistique. Greuze écrira dans ses mémoires qu'elle "portait l'adultère jusqu'à l'impudence, et le cynisme jusqu'à l'effronterie".
De nombreuses disputes légendaires avaient lieu dans l'atelier-logement du Louvre du couple, où Anne-Gabrielle se montrait d'une violence extrême, à tel point que Greuze craignait pour sa vie. Il en profita néanmoins pour nous faire don d'une belle gravure intitulée: "La Femme en colère"




La femme en colère de Greuze vers 1786.


Le couple se sépara en 1786, puis divorça en 1793 après la légalisation du divorce. Mais Anne-Gabrielle obtint une forte pension qui ruina totalement le peintre qui mourut dans la misère la plus totale en 1805. Comme quoi, Diderot nous pardonnera, la vertu ne fait pas tout.



vendredi 28 août 2026

Mal assorti.





 

Cette gravure est attribué à un auteur anonyme flamand connu sous le pseudonyme du Maître à l'écrevisse. Il est intitulé "L'Amour mal assorti" (ill-matched love).

L'identité du "Maître à l'écrevisse" (Master of the Crayfish) est longtemps resté une énigme de la gravure flamande. Il était fréquent que les graveurs, au XVe et au XVIe siècles, pour des raisons diverses, ne signent pas leurs plaques mais apposent un monogramme ou un logotype visuel. Ici, le dessinateur utilisait une écrevisse.
En 1921, le célèbre historien de l'art allemand Max Jakob Friedländer en recoupant à la fois les indices historiques et les indices de style a réussi à démontrer que le Maître à l'écrevisse n'était autre que Frans Crabbe van Espleghem, un peintre graveur très connu installé à Malines (Mechlin). Ce travail est renforcé par le fait qu'à la Renaissance, les jeux de mots et rébus étaient très prisés et que Crabbe en flamand veut dire crabe ou écrevisse.

Sur cette gravure, un vieil homme vêtu d'une robe de lettré ou de bourgeois, caresse à pleine main le sein d'un jeune femme consentante. D'autant plus consentante que sa main à elle est aussi occupée que celle du vieillard, mais la sienne soutire des pièces d'or dans la bourse accrochée à la ceinture de l'ancêtre. Pièces d'or qu'elle s'empresse à remettre dans celle tendue d'un élégant jeune homme situé de l'autre côté. Un bouffon, est présent et montre du doigt le larcin pour renforcer la portée à la fois moqueuse mais aussi morale de la folie qui frappe les vieux amants abusés par la jeunesse.

Ce thème était très populaire à l'époque et de nombreux graveurs l'ont utilisé. Toutes ces estampes étaient entre autres utilisées pour prévenir les vieux bourgeois fortunés des risques de dilapider l'argent destiné à leur famille en entretenant des courtisanes.

Quelques exemples de gravures sur ce thème:





"Les amants mal assortis" du maître flamand Quentin Metsys (ou Massys) vers 1520.






"Le Vieil Homme amoureux" de l'allemand Luca Cranach l'Ancien  vers 1530.





"Courtisane et Vieillard" de Lucas Cranach l'Ancien en 1531.







"Le Vieil homme et la jeune femme" de Lucas Cranach l'Ancien en 1522.







"Le Vieux fou" de Lucas Cranach l'Ancien en 1530.





"La demande en mariage" de l'allemand Albrecht Dürer vers 1495.



jeudi 27 août 2026

Voyage.










 
Lithographie colorisée de Jean-Victor Adam destinée à l'entreprise "Messageries Laffite, Caillard et Cie". Cette entreprise a été fondée en 1820 par Vincent Caillard, soutenu financièrement par le banquier Jacques Laffite. L'entreprise disposait d'un énorme réseau de diligence reliant Paris aux grands villes de province et européennes. Ces liaisons furent progressivement remplacées par le chemin de fer.
L'entreprise faisait appel à des dessinateurs pour vanter la rapidité de leurs trajets auprès de la clientèle. Cette publicité est d'ailleurs assez mensongère. Elle représente une diligence tirée pas des chevaux au grand galop dans un paysage de neige. En réalité, les voyages dans certaines régions, notamment montagneuses relevaient souvent du calvaire. Les diligences, qui pesaient ordinairement entre 3 et 5 tonnes chargées, s'enlisaient dans les terrains boueux ou neigeux. On faisait descendre les passagers pour pousser le véhicule afin de le libérer.

Plusieurs "classes" cohabitaient dans ces diligences, en fonction du confort:

Le Coupé (à l'avant) était la partie le plus confortable et la plus chère. Il était placé derrière le cocher et possédait des vitres face aux passagers offrant la meilleur vue sur la route et le paysage, tout en restant protégé des intempéries, du froid, du vent et de la poussière.
L'Intérieur (au milieu) était un grand compartiment central où les voyageurs étaient assis face à face, perpendiculairement à la route. Il protégeait bien des intempéries mais l'espace était restreint; lors des longs trajets, le manque d'aération, la promiscuité, l'absence de suspension rendaient les voyages éprouvants.
La Rotonde (à l'arrière) offrait les places les moins agréables des places fermées. Elle était située à l'arrière de la diligence. On y accédait par une porte située à l'arrière et on voyageait dos  à la route. Le seul spectacle offert par la rotonde était le nuage de poussière soulevé par les chevaux et le passage des roues.
L'Impériale (sur le toit) offrait les places les moins onéreuses. Elles se trouvaient sur le toit où à côté du cocher, comme c'est visible sur l'image. Les voyageurs étaient répartis avec les bagages, totalement exposés aux intempéries. En été, ils se retrouvaient recouverts d'une épaisse couche de poussière.

Mais tous, quelle que soit la place, étaient soumis aux vibrations et aux secousses perpétuelles causées par la circulation sur une route pavée en ville ou défoncée à la campagne. Pour se donner une idée de l'épreuve, un trajet Paris-Lyon s'effectuaient en 50 heures environ, jour et nuit, sans arrêt, sauf ceux de quelques minutes effectués dans les relais de poste pour changer de chevaux.

mercredi 26 août 2026

Blessure.









 

Lorsque, par hasard, on tombe sur cette image sur internet, on se demande ce qu'elle représente et beaucoup y voit une allusion symbolique à un sexe féminin. Il n'en est rien. Cette enluminure est issue du "Psautier de Bonne de Luxembourg" réalisé en 1348-1349 par Jean Le Noir. Et les objets qui accompagne l'image centrale disséminés dans toute l'image devrait nous mettre sur la voie. Il s'agit de la "Sainte Plaie du Christ" et on retrouve la croix, l'échelle servant à la déposition, la colonne de la flagellation, la lance et l'éponge vinaigrée.
A la fin du moyen âge, la dévotion aux plaies du Christ était très populaire surtout chez les femmes de la noblesse.
Ce livre de prière était tout petit, il mesurait 12,6 x 8,8 cm et tenait dans la main. Un texte entoure l'image et curieusement, il est écrit en vieux français et non en latin comme c'était l'usage.

"Cest monstre les cous dous ihesu
saignant layelet.
Quant uoulsistes pour nous:
souffrir tant de destresse." 

Ceci montre les coups du doux Jésus,
saignant au flanc;
quand vous avez voulu pour nous
souffrir tant de détresse.

Explications du texte:

"Cest monstre": ceci montre. Le verbe "monstrer" est utilisé pour une exhibition sacrée.
"Les cous": les coups.
"Dous ihesu" Doux Jésus.
"Saignant layelet": saignant au flanc
"Quant uoulsistes": quand vous l'avez voulu. Au moyen âge, la population pensait que personne n'avait contraint Jésus et qu'il avait choisi de souffrir et de mourir par amour.

Bonne de Luxembourg est née à Prague sous le nom de Jutta (Judith) qu'elle change lors de son mariage en 1332 avec Jean de Valois pour devenir Bonne. Jean de Valois était duc de Normandie et héritier de la couronne française.
Elle est la mère d'une des plus puissantes lignées royale françaises. Elle eut onze enfants, dont, Charles V le sage, futur roi, Jean de Berry, grand mécène et collectionneur d'art et Philippe II le hardi fondateur de la dynastie des ducs de Bourgogne.
A la fin de la décennie 1340, l'Europe est ravagée par une épidémie de peste bubonique. Bonne de Luxembourg l'attrape et meurt le 11 septembre 1349 sans être devenue reine. Onze mois plus tard Philippe VI décède et son mari est sacré roi sous le nom de Jean II le Bon.

Outre l'image de la Sainte Plaie, son psautier contient aussi la légende "des Trois Morts et des Trois Vivants". L'image montre trois nobles, dont Bonne, qui passent devant trois corps en décomposition. L'un de ces corps leur dit: "Ce que vous êtes, nous l'avons été; ce que nous sommes vous le serez." Une sorte d'avertissement prémonitoire en quelque sorte.


mardi 25 août 2026

Le petit chat gourmand.







 


Ce tableau a été réalisé par l'allemand Wilhelm Amberg en 1862. Il se nomme "Das Naschkätzchen" qui veut dire littéralement "Le petit chat gourmand".

En allemand Naschkätzchen désigne un chat voleur de nourriture, mais c'est aussi une expression affectueuse pour désigner une personne gourmande, un "bec sucré".
La servante se trouve à mi-chemin entre la cuisine et l'endroit où se trouvent les maîtres de maison. Elle fait une halte pour terminer les fonds de verre de vin. On peut remarquer sa dextérité à tenir le plateau, qui supporte des verres en cristal et autres objets, coincé par sa main gauche contre son abdomen dans une position parfaitement horizontale. 
L'image de ce tableau a refait surface sur internet accompagné de légendes plus ou moins drôles.
Le croquet.









 
Cette gravure montrant un tournoi de croquet en 1870, est intitulée "The All-England Croquet Club at Wimbledon". Elle a été publiée dans "The Illustrated London News".

Pour aplanir le gazon des terrains, le Club, basé sur Worple Road, utilise un énorme rouleau compresseur en fonte tiré par un poney. On équipait le poney avec des petites bottines en cuir, faites sur mesure, afin que les sabots de l'animal ne laisse aucune empreinte sur l'herbe fraîchement tondue.
Au bout de quelques années, le rouleau tombe en panne et le Club se trouve dans l'incapacité financière de faire réparer l'engin. Il fallait trouver des fonds et les dirigeants eurent l'idée d'organiser une compétition d'un sport récent en vogue. 22 joueurs masculins s'inscrivent en payant chacun une Guinée. Cet argent était suffisant pour faire réparer le rouleau. Ce nouveau sport était le lawn tennis, appelé plus simplement tennis par la suite, et la compétition devint le tournoi de tennis de Wimbledon en 1877. Sans cette panne, les célèbres courts de gazon anglais n'auraient peut-être jamais vu s'affronter les meilleurs joueurs du tennis mondial.

Le croquet n'était pas seulement un sport, c'était aussi une occasion de pouvoir faire des rencontres et de tenter de séduire. Les jeunes gens des deux sexes de la haute société pouvaient jouer sans la présence de chaperons. C'est la raison pour laquelle le Club de Wimbledon avait instauré des règles de bienséance extrêmement strictes. Il était par exemple interdit aux femmes de tricher avec leur jupes. En effet les crinolines étaient idéales pour cacher une boule et pour pousser discrètement de son pied celle-ci afin de la placer dans une position plus favorable. Cette pratique était appelée le "crinoline-smuggling". En conséquence, les femmes devaient relever légèrement leur robe d'une main d'une façon codifiée, pour montrer qu'elles ne touchaient pas la boule.
Aucun cri de joie, aucun geste d'agacement et aucune contestation des décisions de l'arbitre n'était tolérés. La partie devait se dérouler avec un flegme britannique le plus complet. 
Le jeu permettait aux joueurs et aux joueuses de se rapprocher, mais les contacts physiques étaient rigoureusement interdits. Un homme ne pouvait en aucun cas toucher les mains ou les bras d'une joueuse pour corriger sa posture. Tout conseil devait se faire à voix haute et à une distance respectueuse.
Lorsqu'un joueur touchait la boule d'un adversaire, il avait le droit de placer sa boule contre celle de son adversaire, de mettre le pied sur sa boule pour la bloquer et de la frapper avec son maillet pour envoyer l'autre boule le plus loin possible. Cette technique, appelée le Tight Croquet était interdite aux femmes car jugée trop agressive et "non féminine". Lever le pied pour le mettre sur sa boule était considéré comme un geste disgracieux pour une femme.