The Officious Waiting Woman.
Cette estampe a été réalisée d'après un tableau du français Jean-Frédéric Schall (1753-1825) et gravée par Alexandre Chaponnier vers 1786. Le titre en français est "La servante officieuse".
L'estampe dépeint une scène typique du libertinage du XVIIIe siècle et de l'usage de la "médecine galante". La maîtresse de maison est allongée, nue, dans son lit à baldaquin, le fessier à l'air, la servante tient un énorme clystère et s'apprête à lui administrer un lavement, un jeune homme observe discrètement la scène avec la complicité de la servante.
La médecine galante était couramment pratiquée dans les boudoirs aristocratiques. Elle consistait à détourner les pratiques médicales au profit de l'érotisme et de la séduction. Le clystère, à cette époque, était une véritable obsession, certaines femmes le pratiquant plusieurs fois par jour et l'administration du soin n'avait rien de tabou. La maîtresse de maison, tout en recevant le clystère, recevait aussi ses intimes, ses amants et ses soupirants en restant dans son lit. Le clystère devenait un symbole phallique évident et les artistes s'emparèrent du sujet pour dévoiler la nudité des femmes sous un angle inédit, tout en contournant la censure officielle sous prétexte d'humour.
