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dimanche 19 juillet 2026

 Affiches.

Part. I






Affiche réalisée par Toulouse-Lautrec entre 1892 et 1893 pour la réouverture du café-concert le "Divan Japonais" de la rue des martyrs.

Cette affiche représente trois figures de la vie parisienne de l'époque (dite belle).

La femme au premier plan est Jane Avril, célèbre danseuse de cancan. Derrière elle, se trouve l'écrivain et critique d'art, Edouard Dujardin. A l'arrière plan, Toulouse Lautrec a choisi (choix audacieux!) de couper la tête d'Yvette Guilbert que l'on reconnait à ses longs gants noirs et sa silhouette longiligne.







Affiche de Julius Mendes Price de 1895, pour la comédie musicale "An artist's model" jouée au Daly's Theatre à Londres par la troupe de George Edwardes.

Cette comédie musicale, dont l'action se déroule en France, dans un atelier d'art parisien, fut un immense succès. 392 représentations furent données à Londres, d'abord au Daly's theatre puis au Lyric theatre. Il fut ensuite joué à Broadway aux USA au Broadway theatre. 
La comédie musicale "An artist's model" devint par la suite le modèle standard de pratiquement tous les grands succès mondiaux du genre.





Cette affiche a été réalisée en 1895 par Jules Cheret, considéré comme le précurseur de l'affiche moderne.

Le punch Grassot tire son nom d'un comédien connu du théâtre du Palais-Royal. Il s'agissait d'un cocktail populaire très prisé à l'époque. Il était composé de brandy, de curaçao, de sirop de fraise, de citron et de vinaigre.







Affiche pour le journal satirique "L'escarmouche" réalisé par Henri Gabriel Ibels en 1893. Ibels faisait partie du mouvement des Nabis, groupe d'avant-garde post-impressionniste, inspiré par Paul Gauguin et l'art décoratif.

L'affiche montre une scène de café typiquement parisien. Elle connut un tel succès  qu'elle fut retenue pour faire partie de la collection "Les maîtres de l'affiche" de l'imprimerie Chaix.








Affiche publicitaire pour "Frossard's Cavour Cigars" dessinée par le français Georges Meunier en 1895.

Cette affiche s'inscrit dans le mouvement "Art nouveau' de la Belle Epoque.
La mention "New Woman" est relative au concept sociologique de "La nouvelle femme" de la fin du XIXe siècle. Les femmes deviennent plus indépendantes et s'émancipent des codes traditionnels en adoptant des comportements masculins comme fumer le cigare en public.







Publicité pour le grand bal masqué de l'Opéra Garnier à Paris. Cette affiche a été réalisée par Jules Chéret en 1896.

Le "Grand Veglione", associé à l'Opéra de Nice, est un bal costumé et masqué qui se déroule dans la salle et sur la scène de l'Opéra Garnier. Veglione est un mot italien signifiant "veillée". Ce type d'événement se déroule pendant la période de carnaval.







Affiche de Georges de Feure  destinée à promouvoir un exposition à la galerie d'art parisienne le "Salon des Cent" en 1896, située 31 rue Bonaparte. Cette exposition présentait à la vente des œuvres graphiques, estampes, lithographies, dessins, affiches... Les plus grands artistes y ont exposé comme Alphonse Mucha, Eugène Grasset, Henri de Toulouse-Lautrec, Georges de Fleure, etc.






Affiche de Lucien Lefèvre pour le "Cacao Lacté de Ch. Gravier" vers 1895.
 L'Armée britannique
              et le soldat Anglais.



Le budget de la guerre du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande ne fait qu'accroître, depuis quelques années. Le peuple anglais a subi en cela le sort commun aux autre nations; la nécessité d'augmenter ses dépenses militaires lui a été dictée, en outre, par diverses raisons particulières, notamment par la guerre du Transvaal*.
Le budget de la guerre, qui, en 1870, s'élevait à 12 300 000 livres, soit à peu près 310 millions de francs, fut porté en 1895, un quart de siècle plus tard à 471 millions de francs. L'augmentation était notable; c'était le commencement d'une progression constante qui, en 1907, douze années après, mettait entre les mains du "War Office" 794 millions de francs, somme strictement nécessaire aux besoins de l'armée britannique actuelle. Depuis 1870, les dépenses de la guerre, ou plutôt de la paix armée, ont plus que doublées dans le Royaume-Uni. La progression semble ne pas devoir s'arrêter; les augmentations, se feront, en effet, de plus en plus sensibles, à partir du jour, peut-être pas éloigné, où l'Angleterre, quoique rebelle au service obligatoire, abandonnera le recrutement actuel pour établir une organisation militaire toute différente, qui, d'année en année, développera progressivement la puissance militaire de ce pays jusqu'à ce qu'il ait une importante armée nationale.
Le budget militaire de l'Angleterre, si cette transformation se réalise, est appelé à devenir le plus important de tous les budgets mondiaux de la guerre. On a calculé, en effet, que la proportion des dépenses militaires est actuellement plus grande en Angleterre que partout ailleurs. Le soldat anglais, qui protège 166 de ses concitoyens, coûte annuellement 37 francs par tête d'habitant. Le militaire français, qui défend 66 personnes, coûterait 30 francs  à chacun de nous, si la dépense devait être répartie à parts égales entre tous les citoyens. Le soldat allemand, appelé à protéger 100 de ses compatriotes, ne réclamerait à chacun d'eux que 21 francs par an.
L'Angleterre, dans les tableaux comparatifs des budgets de la guerre, vient par l'importance de ses dépenses en troisième ligne, immédiatement après l'Allemagne, la Russie étant en tête et battant tous les records. Quant à la France, elle se place en quatrième. Mais si aux dépenses du Royaume-Uni proprement dit l'on ajoutait les 500 millions de francs que coûtent les armées des Indes Anglaises, le budget militaire de l'Empire Britannique, avec en chiffres ronds 1 milliard 300 millions, serait de beaucoup supérieur à tous les autres.
L'armée anglaise, telle qu'elle est actuellement organisée (1), comprend quatre catégories de troupes: l'armée régulière, qui compte 286 000 soldats; la milice avec 109 000 hommes; la yeomanry, corps spécial de garde nationale à pied et à cheval, qui comprend environ 9 000 hommes; enfin, le corps des volontaires, sorte de garde civique, dans laquelle se trouvent 232 000 hommes, bien exercés au tir et à la manœuvre.
Ces diverses catégories représentent un effectif total de 635 000 hommes, sans compter les troupes de l'Inde et de l'armée coloniale, qui, ajoutées à l'effectif de la Grande-Bretagne et de l'Irlande, portent la totalité de l'armée britannique à environ   1 200000 soldats, force tout à fait hétérogène, faites d'éléments absolument différents.
La Grande-Bretagne, pour la défense de son territoire, a été divisée en sept grands commandements militaires régionaux, assez semblables comme organisation à un corps d'armée français: 1°Aldershot, où se trouve un camp remarquable; 2° la région du sud, avec quartier général à Tidworth; 3° la région de l'est, dont le commandement est à Londres; 4° l'Irlande, avec son gouvernement militaire à Dublin; 5° l'Ecosse, dont la direction est à Edimbourg; 6° la région du nord, quartier général à York; 7° la région de l'ouest et du centre, dont le commandement se trouve à Chester.
La ville de Londres, où la région de l'est a son quartier général, est laissée en dehors de cette division; elle forme un gouvernement militaire à part sous les ordres d'un général, commandant les régiments de la garde en garnison dans la capitale et au château de Windsor.
Les officiers français qui ont visité le camp d'Aldershot, dans le Hampshire, ont gardé un excellent souvenir de cette installation militaire, très remarquable et curieuse; ils ont été particulièrement impressionnés par l'aspect superbe des revues qui y sont passées, véritable féeries militaires, parades donnant une impression inouïe de luxe.
Les régiments sont désignés par des noms de contrées, de batailles ou de gentilhommes. Voici les Northumberland fusiliers*, les Coldstream Guards*, les Scotsgreys*, les Royal-Berkshire*, les Highlanders d'Argyl*, l'infanterie du duc de Cornwall*, etc. Il y a, dans cette armée, des carabiniers, des fusiliers et des grenadiers, et, comme dans la France de jadis, chaque régiment a ses couleurs avec sa devise, son chiffre et ses armoiries spéciales.
La cavalerie est encore plus somptueuse que l'infanterie; les Life-guards, les dragons et les hussards sont superbes et leurs chevaux sont de magnifiques bêtes. Les artilleurs, dont la tenue est aussi théâtrale que celles des autres corps, rappellent à la réalité guerrière, par la présence de leurs canons. Disons que le canon anglais à tir rapide et à recul sur l'affût est une pièce très appréciable, puisque cet engin peut lancer, avec une vitesse initiale de 500 mètres, des projectiles de 8 kilogrammes à raison de 25 coups à la minute.
L'armée anglaise est pittoresque à bien des points de vue. Nous ne pouvons ici rentrer dans une description détaillée des costumes: ils sont tous plus ou moins singuliers. Les musiques régimentaires composées d'instruments très divers, dont plusieurs particulièrement bizarres, sont précédées de fifres, clairons, bugles et tambours. Les tambours sont ornés de décorations polychromes; ils portent les mêmes devises que les drapeaux ou étendards du régiment.
Les drapeaux sont des chef-d'œuvre de broderie héraldique. Les étendards de la cavalerie surtout réclament une mention spéciale. On cite, parmi les plus remarquables, celui des Horse-guards, qui porte les armes royales; l'étendard des dragons de la garde, avec la harpe, la couronne et l'étoile de saint Patrick; et celui des hussards du Devonshire qui, avec le semper fidelis porte en broderies d'or éclatantes le château d'Exeter.
Le militaire anglais ne ressemble en rien au soldat français. Tommy Atkins, popularisé par les ouvrages de Rudyard Kipling, n'a aucun point de vraisemblance avec Dumanet et Pitou célébré par la chanson française*. En France, nous sommes tous soldats; nous le sommes avec abnégation, pour accomplir un devoir civique. Le soldat anglais, au contraire, en s'enrôlant fait une affaire; il signe un contrat, ce mercenaire, sur l'exécution duquel il ne passera rien à l'Etat et il ne permettra pas que tout le bien-être et le confort qui lui sont dus, lui échappe.
Le mode de recrutement, d'abord, cette préface de la vie militaire, est fort curieux en Angleterre. Les enrôlements se font par l'intermédiaire des sergents-recruteurs, qui se tiennent sur les principales places des villes en parcourant les campagnes sur lesquels, grâce à la chromolithographie en couleurs, la beauté des uniformes de l'armée est mise en relief. 



Reproduction d'une affiche de recrutement en Angleterre.

Traduction de l'affiche:
On demande des recrues pour l'infanterie de la garde de Sa Majesté. Texte en bas de l'affiche: âge de 18 à 25 ans; taille: au-dessous de 20 ans, 5 pieds, 7 pouces; 20 ans et au-dessus, 5 pieds, 8 pouces et au-dessus. Avantages généraux de l'armée: une brochure parle de la situation du soldat dans l'armée et la milice; elle contient tous renseignements relatifs à la nourriture, l'habillement, les casernes, l'éclairage et le chauffage, les soins médicaux, les prix donnés pour le tir, les bibliothèques, les cercles, les écoles militaires, etc., etc.. Cette brochure sera adressée gratuitement sur demande faite dans les bureaux de poste du royaume, aux sergents inspecteurs des volontaires et autres agents recruteurs.



Souvent dans les villages industriels ou dans les quartiers populeux des villes, ils donnent des séances de lanterne magique. Les ouvriers sans travail, les employés sans emploi, les jeunes hommes à la recherche d'une situation sociale se laissent facilement prendre aux beaux discours du sergent-recruteur. Séduits par les avantages de la vie militaire, ils signent leur engagement, reçoivent le shilling du roi, à titre du premier versement sur la prime, et le marché est conclu.
Le soldat anglais est bien habillé  et bien nourri. Il est bien payé, puisque sa solde est de 1 fr. 25 par jour. Le luxe et le bien-être, dont on entoure son existence nous tiennent loin des mœurs modestes de la caserne française. Dans les divers quartiers de l'armée anglaise, les "barracks" de Saint Georges, à Londres, ou les bâtiments d'Aldershot, tous les locaux sont vastes, hauts et larges. Les dortoirs n'ont rien de commun avec nos chambrées. On y remarque des hautes glaces au-dessus des cheminées. Les lits, pendant le jour, forment de véritables canapés; chaque soldat a sa malle, et peut décorer selon son goût l'emplacement qui lui est dévolu. Les menus objets les plus hétéroclites s'y coudoient avec une promiscuité amusante.
L'Anglais se fait militaire comme il se fait épicier, forgeron ou commissionnaire. Ce mercenaire ne demande qu'une chose: la vie calme avec le plus de confort possible; il cherche, au bout de quelques années de service, à se marier. Le gouvernement lui en fournit les moyens, en lui donnant, à lui et à sa famille, toutes sortes d'avantages spéciaux.
Il y aurait encore quantité de choses intéressantes à dire sur le soldat anglais, les sous-officiers et les officiers.
Nous n'avons pu signaler dans cette étude rapide, que quelques points, caractéristiques et originaux, de l'armée britannique; il était curieux de citer ces originalités et de mentionner ces particularités, au moment où une nouvelle réglementation va peut-être, d'ici peu, modifier entièrement les lois, règlements et usages qui régissent encore maintenant l'organisation militaire de la vieille Albion.

                                                                                                  Will. Darvillé.

(1) Le Ministère de Mr Haldane a soumis au Parlement une réforme, qui ne deviendra définitive en 1908, qu'après consentement des corps électoraux.

La Nature, revue des sciences, 1908, Masson et Cie éditeurs.


*Nota de Célestin Mira:


* Guerre du Transvaal:




La Guerre du Transvaal ou Guerre des Boers.

Le Transvaal est une ancienne province d'Afrique du Sud. L'image
  représente l'attaque des Boers contre les Anglais à Tweenfontein
 Elle a été réalisée par Beltrame en 1902 pour la Dominica del Corriere.


Northumberland fusiliers:




Réalisé par Edgar A. Holloway , illustrateur militaire britannique, la gravure montre un Sergeant Drummer (tambour major) et un Drummer (tambour) du régiment des Northumberland fusiliers vers 1900 à l'occasion de la St Georges, saint patron du régiment. Le Tambour tient le drapeau vert unique du régiment, appelé Drummer's Colour, contrairement aux autres régiments qui ne possèdent que les deux drapeaux officiels de l'armée.
Pour la Saint-Georges, les bonnets en peau d'ours, le drapeau et les uniformes des soldats arborent des roses rouges et blanches.


* Coldstream Guards:




Détail d'une peinture à l'huile de Harry Payne représentant des Coldstream Guards à St James's Palace en 1905. Les militaires portent le traditionnel bonnet en poil d'ours des gardes à pied, la tunique rouge et le pantalon noir. A noter que les boutons de la tuniques sont par groupe de deux afin de rappeler que le régiment des Coldstream Guards est le deuxième historiquement de la Garde à pied.

* Scotsgreys:



Peinture à l'huile intitulée "Two Mounted Officers of the 2nd Dragoons (Royal Scots Greys standing on a road)" (Deux officiers montés des 2ème Dragons debout sur une route) du major John Edward Chapman Mathews en 1895.
A l'origine, les militaires de ce régiment d'élite écossais était des dragons montés mais vers la fin du XIXe siècle le régiment est devenu une unité de cavalerie.


Royal-Berkshire:


Lithographie de Richard Simkin  dans la revue Army & Navy Gazette en 1894. Le Royal-Berkshire, appelé The Princess Charlotte of Wales's était un régiment d'infanterie de ligne.


Highlanders d'Argyl:




Affiche de recrutement britannique pour le régiment d'infanterie des Argyll et Sutherland Highlanders par Tom Curtis en 1914 et éditée à Edimbourg par McLagan & Cumming.
Trois soldats se tiennent devant le château de Stirling, à gauche un sergent vêtu de la tenue historique du XVIIe siècle, tenant une pique, au centre, un tambour vêtu de la tenue d'apparat, à droite, un sous-officier vêtu de la tenue kaki de 1914.


* Infanterie du duc de Cornwall:




Officier d'infanterie du duc de Cornwall peint par Harry Payne vers 1900. il porte le casque colonial en vigueur sous l'époque victorienne.


* Dumanet et Pitou:




Dessin de Cham de 1860 publiée dans les Actualités de la Maison Martinet.

Dumanet est l'archétype du soldat de ligne (le lignard). La scène se déroule en Syrie, en 1860 lors de l'expédition française destinée à protéger les chrétiens maronites des attaques des Druzes dans l'empire ottoman. Elle représente deux fantassins face à un habitant local:

"- Regarde donc, Dumanet..., ils doivent être à l'aise dans c'te chaussure-là.
- ça ne fait rien..., je n'aimerais pas, pour le moment, me trouver dans leurs souliers!..."




 
Autre archétype du fantassin naïf vers 1900, Pitou et sa compagne "Bobonne".

samedi 18 juillet 2026

 Les baromètres du jardin du Luxembourg.




L'auteur de cette gravure est inconnu. Elle date de 1818. Les mentions: en bas, à gauche: A Paris, chez Noël, Rue S.t Jacques N.°16; en bas, à droite: Déposé à la Direction G.le de l'Imp.ie et de la Lib.ie. Le dépôt à la Direction générale de l'Imprimerie et de la Librairie, est la procédure légale sous Louis-Philippe.

L'usage du baromètre a connu un véritable engouement dans la petite bourgeoisie au début du XIXe siècle. Les trois personnages sont restés attachés aux vieilles croyances qui considèrent que le corps humain peut concurrencer le baromètre en infligeant des douleurs localisées. De plus, comme le temps, les régimes politiques étant éminemment variables à cette époque, on ne peut s'empêcher de voir dans cette scène une analogie discrète à cette instabilité.

Le personnage de gauche: "Le temps est à la pleine pluie, ma jambe me fait souffrir le martire."
La dame du centre: "Nous aurons changement de temps, la tête me démange."
L'homme de droite: " Depuis huit jours, je ne puis tenir de mon bras, toujours des changements de temps je ne dors ny jour ny nuit."

 Le Repos du guerrier.




Cette scène est intitulée "Les Dormeurs au Louvre" et a été réalisée vers 1895. Elle montre deux hommes en tenue modeste, contrastant avec la majesté du Salon carré, assoupis sur une banquette. L'auteur est l'artiste Suisse Eugène Burnand.

vendredi 17 juillet 2026

 Police des mœurs.





 Les lorettes.

Part III




Le nom de lorette est apparu sous la Monarchie de Juillet (1830-1840). Il désigne une femme indépendante qui vit des largesses de ses amants.  Ce surnom vient de l'église Notre-Dame de Lorette et de son quartier en pleine construction à l'époque. Les propriétaires proposaient des loyers bas afin qu'elles "essuient les plâtres" ce qui attirait les lorettes..
Alexandre Dumas distinguait trois catégories de femmes de ce genre, les grisettes associées aux étudiants du quartier latin qui vivaient d'aventures mais conservaient un travail, les lorettes qui vivaient uniquement de leurs charmes en ayant plusieurs amants, appelés des "Arthurs", qui se partageaient les factures et enfin les courtisanes ou demi-mondaines qui n'avaient qu'un seul amant à la fois, mais richissime.
Toutes les estampes sont de Gavarni vers 1860, sauf la dernière qui est signée Damourette.









 Faut toujours quand un Français se grise
Qu'il frappe, qu'il cogne, qu'il brise
Chacun sait ça!

Mais si la France cass' les verres
Fichons-nous-en, c'est l'Angleterre
Qui les paiera.

Vive l'Anglais, quand il s'agit de payer
Voilà, voila, voila
Le refrain du quartier
Breda! 
 


Les deux premiers couplets:  Le Français, sous l'effet de l'alcool devient bagarreur et
violent. Les Anglais, rivaux des Français, considérés comme plus riches finissent  toujours par régler la note.  
Le refrain: le quartier Breda, situé dans le IXe arrondissement de Paris, autour de  la place Notre-Dame de Lorette, était le quartier à la mode où l'on faisait la fête et le repaire des lorettes.




- A qui cette canne, madame?...
- Cette canne!...
- Oui, madame, cette canne!...
- On ne comprend donc pas que bichette a voulu faire un cadeau à son mignon chéri?...





- Un Américain, ma chère, qui m'écrit sur un billet de banque!... qu'est-ce que je vais lui répondre?...
- Réponds-lui que tu n'as pas de papier à lettres, et que tu le pries de t'envoyer un cahier du sien.






- Voilà le duc mort, qui Hermosa va-t-elle prendre à sa place?...
- Ses héritiers.






- Monsieur!...
-Hein!... plait-il, monsieur?...
-Vous n'auriez pas un journal quelconque à me prêter?... Je m'ennuie horriblement dans ce cabinet...

L'homme, à genoux, blotti contre une femme, est surpris par l'arrivée d'un domestique. Afin de se donner une contenance, il réclame un journal, prétextant qu'il s'ennuie.







- Ah çà, mon cher propriétaire, si vous ne vous dépêchez pas de me payer les trois termes que je vous dois, je déménage... et vivement...


A l'époque les loyers se payaient de façon trimestrielle, d'où l'expression des "trois termes" représentant les trois derniers mois. La locataire considère que c'est elle qui  lui fait une faveur et lui demande même de lui payer l'argent qu'elle lui doit!! Et la menace est réelle, elle lui dit qu'elle déménagera et vivement. Les déménagements à la "cloche de bois" (partir secrètement sans payer) était redoutés des propriétaires.






- C'est tout de même embêtant de voir son auguste père jouer de l'orgue de Barbarie dans les rues...
- Fais-en quéqu'chose
- Ya pas moyen, ça n'sait pas s'tenir...



jeudi 16 juillet 2026

Villégiature. 





Nous voici dans l'époque des bains de mer, des eaux et des voyages en Suisse, et sur les bords du Rhin. Il semble que, par ces jours caniculaires, on doivent se trouver mieux partout ailleurs que chez soi. Si nous ne voulons pas devenir ridicule, partons vite. Les demeurants de la société parisienne qui n'avaient pas encore quittés Paris s'envolent, et les vacances donnent le signal au monde universitaire, qui fait depuis un mois déjà ses malles et ses projets de villégiature. Où irons-nous? à Etretat? à Dieppe? à Boulogne? à Dunkerque? au Havre? à Cherbourg? sur le Rhin? sur les Alpes? à Biarritz? L'Alma Mater*, en distribuant de vertes couronnes à ses nourrissons, semble les inviter à aller chercher des pâturages plus agréables que ses cours pavées ou macadamisées, abrités à peine par quelques arbres rabougris, brûlés par le soleil et tout poudrés de poussière. Les vacances vont encore fermer bien des fenêtres à Paris; les derniers examens s'achèvent, et puis écoliers et professeurs iront reprendre des forces à l'air libre des champs, car ceux qui enseignent ne sont pas moins fatigués à la fin de l'année scolaire que ceux qui étudient.
Chaque contrée attire à elle un flot d'émigrants parisiens.
Les eaux exercent leur attrait naturel sur les tempéraments fatigués ou les constitutions usées. Les médecins se débarrassent de leurs malades les plus obstinés en les expédiant aux sources thermales les plus renommées; ils leur administrent ainsi le plus puissant des spécifiques, celui qu'aucun ne remplace et qui remplace tous les autres, l'espérance. Vichy s'enorgueillit d'être, cette année, le rendez-vous des têtes couronnées, une ville presque officielle. On y a signé, en effet, des ordonnances, les conseillers d'Etat y arrivaient journellement avec des portefeuilles gonflés de pièces, les ministres y étaient mandés, M. Drouyn de l'Huys* y transportait avec lui l'air des bureaux des affaires étrangères. La diplomatie européenne a eu les yeux fixés sur ce rendez-vous aquatique, où l'on aurait tout su... si l'on y avait su quelque chose; où les échos auraient été très-curieux à interroger si les échos n'y avaient pas été affligés de surde-mutité*, et dont les correspondances auraient été lues par tout le monde, si elles n'avaient pas été réduites, en vertu probablement d'une ordonnance des médecins du lieu, à abreuver le public d'eau claire puisée à la source des Célestins ou à tout autre source, et à leur raconter, pour tout événement, la grande déconvenue de deux vieilles dames, venues de provinces lointaines, et qui allèrent bravement chercher pour s'asseoir deux chaises qui servaient de supports aux pieds de l'Empereur et du roi des belges.
Bade a ses séductions habituelles, ses jeux, ses concerts, ses promenades, ses courses, et la réclame, j'aime à la croire désintéressée, des chroniqueurs qui chantent d'avance les splendeurs des fêtes hippiques de la belle plaine d'Yffezheim, assise sur les bords du Rhin et encadrée par les montagnes de la forêt Noire, où vous n'irez pas, si vous voulez m'en croire, et celles du Wurtemberg. Guinot, qui a écrit l'Eté à Bade, est distancé de trois longueurs au moins de feuilleton. M. Benazet, qui pense comme Napoléon 1er, et c'est, j'imagine, la seule ressemblance qui existe entre le banquier des jeux de Bade et l'empereur,  qu'il y a de certains établissements où il faut jeter l'argent par les fenêtres pour qu'il rentre par la porte, ne ménage rien pour persuader au public qu'on s'amuse à Bade tandis qu'on s'ennuie ailleurs, qu'on y trouve la fraîcheur même sous les feux de la canicule, et qu'on s'y repose des agitations de Paris en se livrant à l'agitation des bals, des concerts, des spectacles, du turf, et surtout de la rouge et noire et du trente et quarante*. J'ai peur de faire de la réclame sans le savoir, comme M. Jourdain faisait de la prose. Aussi, je me garde de vous donner le menu des réjouissances que l'on promet aux touristes. On enrôle jusqu'aux légendes de la forêt Noire pour rabattre le gibier parisien sur Bade. On placarde des affiches sur des ruines pittoresques, sur les châteaux historiques; on évoque les souvenirs; on fricasse ensemble la nature et la civilisation, la solitude et le monde, comme parlait Ninon de Lenclos, peu goûtée par Mme de Sévigné, pour servir au public de ces articles de haut goût qui décident les indécis, entraînent les retardataires, accélèrent les préparatifs des paresseux, et font violence à la vogue, cette reine à laquelle on n'a rien à refuser. Malheureusement, derrière tout ça, j'aperçois la rouge et noire et le trente et quarante. Ceci me rappelle cette caricature de Charlet, où l'on voyait deux vieux troupiers émiettant sentimentalement du pain le long d'une palissade derrière laquelle se trouvaient des poulets, et répétant, leur sabre sous le bras, de leur voix la plus mélodieuse et la plus câline, à cette volatile emplumée: "Petits! petits! petits!". Oui, venez, petits, petits, et bienheureux serez-vous, si vous vous en retournez, la gorge intacte, en laissant dans ces lieux enchanteurs, vos plus belles plumes.
Les chemins de fer qui vont à la mer, voulant soutenir la concurrence contre ceux qui vont aux villes thermales, organisent leurs trains à prix réduits. On peut en ce moment, en prenant des billets d'aller et de retour, se rendre sur la plupart des points de notre littoral le samedi, voir la mer tout un dimanche, et se trouver réintégré à son domicile le lundi, en rapportant ses impressions, un souffle de la brise et ses souvenirs. Le train qui vous a emporte vous remporte; les chemins de fer ont aussi leur flux et leur reflux.
D'autres touristes préfèrent un voyage sur les bords du Rhin, qui promène ses eaux majestueuses sur tant de territoires et traversent tant de grandes villes. Beaucoup sont attirés par la renommée des beautés pittoresques de la Suisse avec l'aspect de ses sites si variés, de ses montagnes, de ses vallées, de ses glaciers, de ses forêts de ses sources et de ses cascades.
Parmi tant d'attraits qui font aimer la Suisse, elle a un défaut à mes yeux qui gâte, dans une certaine mesure, le plaisir du voyageur, c'est son aspect d'hôtel garni. Elle est un peu trop arrangée pour la montre, et l'on éprouve en y voyageant une impression qui n'est pas sans analogie avec celle qui vient vous saisir, lorsqu'arrêté devant les vitrines d'un magasin de confection, vous entendez une voix câline qui vous invite à entrer. Tous les plaisirs dont vous jouissez sont étiquetés et tarifés. Tant pour la vue d'une belle perspective, tant pour l'ascension de la montagne, du haut de laquelle vous devez voir se lever le soleil, tant pour le lac aux fraîches eaux, tant pour les glaciers, tant pour les cascades. Sans doute, la nature est admirable dans ce beau pays, mais l'art s'occupe trop de l'exploiter. Dès que vous arrivez, vous ne vous appartenez plus; vous appartenez aux sites, aux promenades, aux cascades aux lacs, aux guides, aux bateaux à vapeur, et surtout aux hôteliers. Les véritables palais de ce pays sont ses auberges, et le souverain réel de la Suisse est le touriste; seulement, au lieu de percevoir l'impôt, il le paye.
Or, cet impôt est quelquefois si élevé, que le Guide en Suisse  de Tschudi prend soin de vous avertir quand il faut être millionnaire pour descendre dans certains hôtels. C'est ce qu'il ne manque pas de faire pour la petite ville d'Interlaken (inter lacus), plus connue en Suisse sous le nom d'Aarmuhle.



Interlaken.




Aarmuhle ou Interlaken est situé sur l'Aar, dans le canton de Berne, l'un des plus puissants de la Suisse sur toute la moitié occidentale de laquelle il s'étend. Le canton de Berne n'a pas moins de 123 milles géographiques; c'est le second canton  de la Suisse sous le rapport de l'étendue, et ses lacs, ses nombreux cours d'eau, ses hautes montagnes, ses chaînes de collines et ses riantes vallées qui se déroulent sous les yeux des voyageurs, la variété infinie de leurs paysages, font de son territoire un des plus pittoresques de la confédération helvétique. Dans sa partie sud, il appartient au domaine des Alpes; sa partie nord est dans le domaine du Jura qui a ses points culminants près de Moutiers, à 1375 mètres au-dessus de la mer, au Spizberg sur le lac de Bienne, plus élevé encore de plusieurs mètres, et au Chasserals à 1632 mètres au-dessus du même niveau. C'était, je crois, dans le canton de Berne que se rendait un de nos amis, enlevé trop tôt aux lettres, Amédée Hennequin, quand il eut, avec une femme qui lui montrait un monument public d'une de nos villes frontières le dialogue suivant:
- Il passe bien peu de voyageurs cette année pour se rendre en Suisse, lui dit-elle d'un ton de regret et sans doute pour lui faire sentir qu'il devait doubler son offrande.
- Et à quoi attribuez-vous cela? demanda le voyageur.
- Aux jésuites, monsieur. On n'est jamais tranquille avec ces gens-là. Ils vont se faire chasser de là-bas. Tant mieux! Quels scélérats!
- Qu'est-ce qui vous mettant en émoi contre eux?
- Moi, je ne pensais même pas à eux, il y a deux ans; mais depuis que je connais Rodin, je voudrais qu'ils fussent tous pendus.
- Comment! vous connaissez Rodin?
- Eh bien! oui, ce monstre de Rodin dont M. Sue a raconté l'histoire.
- Qu'appelez-vous l'histoire, c'est un roman. Il n'y a pas un mot de vrai dans ce livre; l'auteur a tout inventé.
- Ah! monsieur, interrompt le cicerone femelle, avec un sourire plein de dignité et d'ironie; ce n'est pas à moi que vous ferez accroire de pareilles choses. Est-ce qu'un homme peut inventer dix volumes?
Cette anecdote peut être citée à ceux qui veulent qu'on n'attache aucune importance au roman contemporain et qui diraient volontiers, comme M. Dupin (l'aîné) dans un de ses plaidoyer pour M. Béranger: "Chansons pour tout cela!"
Amédée Hennequin, dans son récit la Suisse en 1847, apporte que le roman du Juif errant n'avait pas exercé moins d'influence en Suisse qu'en France. En ouvrant la Revue de Genève, il lut un article dans lequel on racontait ce qui suit: "On a découvert dans la maison des Jésuites de Fribourg des cordes en tout semblables à celles que Charles le Téméraire avait emportées avec lui lors de l'invasion de la Suisse, et qui étaient destinées à attacher les prisonniers. Ces cordes, d'une longueur de deux à trois pieds, sont munies d'un côté d'un anneau de fer, de l'autre d'un crochet. L'anneau est destiné à faire un nœud coulant qu'on attache au col du prisonnier, tandis que de l'autre côté on fait adhérer par le crochet la corde à une grande corde destinée à recevoir et à traîner à la file les prisonniers ainsi retenus."
Amédée Hennequin, entre autres excellentes qualités, avait celle d'aimer à aller au fond des choses. On annonçait dans le journal qu'une de ces cordes prises chez les Jésuites de Fribourg était exposée dans le café Peytregnet, situé près de la porte de Rive, dans une ruelle étroite et obscure. Il demanda à voir cet instrument terrible; le cafetier le lui montra. Amédée Hennequin reconnut à l'instant la corde en usage dans la gymnastique élémentaire, avec l'anneau qui sert à la suspendre aux poutres, ou, selon l'expression technique, aux portiques dressés dans le gymnase, afin que l'élève, saisissant d'une main ou des deux mains le triangle attaché au bout opposé, puisse se livrer à des exercices connus de tous ceux qui ont une notion de la gymnastique. L'imagination helvétienne, nourrie par la lecture du Juif errant, avait fait le reste et avait reconnu dans un instrument de gymnase les cordes de Charles le Téméraire.
Revenons à Interlaken, qui est situé en face d'Unterseen, de l'autre côté de l'Aar, dans la plus agréable position, à une distance égale de Thun et de Brienz, points extrêmes des deux lacs. Ce n'est guère qu'un ensemble d'hôtels, de pensions, de magasins, semés d'une façon pittoresque au milieu de bouquets d'arbres dont la magnifique végétation réjouit et repose les yeux. Pendant quatre mois d'été, les étrangers s'emparent de cet oasis de verdure et de fraîches eaux. Ce sont des Anglais, des Allemands, des Français, des Russes, des gens de tout pays, excepté des Suisses. Où vont, pendant la belle saison, les Suisses, habitants de ces charmantes résidences? c'est un mystère et un problème. Ils disparaissent mais on les retrouve quand vient le quart d'heure de Rabelais*. On remarque à Interlaken la belle promenade centrale, dite le Hoheweg, avec sa superbe allée de quatre rangées de noyers. Quant aux hôtels, ils sont tenus par le grand genre anglais, c'est à dire, fort chers, et que pour ne payer que cinq à six francs par jour, sans le vin, il faut se contenter des pensions Ritschard, Fitcher et autres.
Ce qui attirent tant d'étrangers à Interlaken, c'est la facilité des excursions: excursion à Jung-Fraublick, avec ses magnifiques promenades; excursion dans la charmante ville de Saxetenthal, encaissée entre de belles montagnes, et dont la flore est très-riche; ascension du Faulhorn; excursion à Giessbach, où l'on se rend en partant d'Interlaken sur le bateau à vapeur. Qu'on se représente une succession de rochers, de futaies, de verts pâturages, encadrant douze chutes d'eau superposées. Ne vous hâtez pas de vous écrier: "O! belle nature" Presque tous les soirs ces chutes d'eau sont illuminées aux flammes du bengale. Ne vous ai-je pas dit que la Suisse finissait par ressembler un peu à notre ancien Tivoli, aux Château des Fleurs, à l'Eldorado et à l'Ile du Chalet dans le bois de Boulogne?

                                                                                         Félix-Henri.

La Semaine des familles, samedi 13 août 1864.



*Nota de célestin mira:

* Alma Mater:

L'Alma Mater est une expression latine, signifiant Mère nourricière, désigne l'université où l'on a fait ses études. Les anciens étudiants sont appelés des Alumni, c'est à dire les nourrissons.


Drouyn de l'Huys :




Edouard Drouyn de Lhuys. 

Edouard Drouyn Drouyn de l'Huys  de Lhuys (1805-1881) fut plusieurs fois ministre des Affaires Etrangères sous la Monarchie de Juillet, la deuxième République et le Second Empire.


* surde-mutité: allusion vraisemblable à la surdimutité qui est l'impossibilité d'utiliser la parole par suite d'une surdité totale congénitale dès la naissance.


* La rouge et noire et le trente et quarante:

Dans les casinos, la rouge et noire était le nom donnée à la roulette et le trente et quarante, un jeu d'argent voisin du blackjack.

* Le quart d'heure de Rabelais:

Le quart d'heure de Rabelais désigne le moment de payer l'addition. La légende rapporte que Rabelais fut dans l'incapacité de payer son séjour dans une auberge de Lyon. Il disposa dans sa chambre des petits paquets marqués: poison pour le roi, poison pour la reine, poison pour le dauphin. L'aubergiste, effrayé prévint les autorité. Rabelais fut arrêté et transporté gratuitement à Paris, sans payer l'addition.
Arrivé devant le roi François 1er, Rabelais dévoile son stratagème en avalant une des fioles supposée être empoisonnée. Le roi, amusé, efface sa dette et le laisse libre.




Le quart d'heure de Rabelais.

Le serveur présente une longue note à la tablée. Le client, au pantalon jaune,
 recule de stupeur sur sa chaise. La légende, qui ne figure pas ici, disait: 
"Goddam! quinze cent francs pour un déjeuner!"