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jeudi 13 août 2026

Eclipse.






 
 

Extrait de la Gazette de France, tout premier journal publié en France, daté du 19 mars 1764.

Cet article est destiné à rassurer la population à l'approche d'une éclipse de Soleil prévue le 1er avril 1764. Il informe les curés des villes et de la campagne de débuter la messe du matin plus tôt que d'habitude, l'éclipse étant prévue pour 10h du matin. Il est précisé que l'éclipse "ramenera les ténèbres de la nuit". Il est rappelé, pour rassurer la population, que l'éclipse ne provoque ni stérilité, ni contagion et ni guerre.
Au moment où se produit l'éclipse, le jeune Wolfgang Amadeus Mozart, âgé de 8 ans, et sa famille se trouvent à Paris pour une tournée européenne. Son père écrit une lettre à un ami le jour de l'éclipse pour l'informer que malgré les efforts du gouvernement et de la Gazette de France, la population a cédé à la panique.
"Les gens se sont précipités à l'église ce matin pour se protéger de l'empoisonnement de l'air... " . En effet, beaucoup craignaient que l'éclipse déclenche une épidémie de peste.
Pour observer le phénomène, comme de nos jours, on savait qu'il fallait se protéger les yeux. Les vitriers parisiens ont exploité la situation en vendant des morceaux de verres teintés en noir ou en bleu, encadrés de papier doré, créant une véritable frénésie commerciale, identique à celle de nos jours.





Louis XV et la Gazette de France avaient pu anticiper l'événement grâce à une femme, Nicole-Reine Lepaute, une remarquable astronome qui avait effectué tous les calculs et dressé une carte dès 1762.
Après des semaines de panique, de prêches dans les églises et de verres achetés à prix d'or, l'éclipse fut une déception à Paris, la lune n'ayant caché qu'une partie du soleil obscurcissant le ciel pendant quelques instants. 

En des temps plus anciens, pour l'éclipse du 12 août 1654, afin de tourner en dérision les peurs apocalyptiques et les superstitions engendrés par les éclipses, Jakob Balde, un jésuite allemand décida de représenter la lune avec un visage humain moqueur et grotesque, masquant plus ou moins le soleil suivant les différentes ville européennes. La figure centrale représente un masque de théâtre avec ses rubans.




Hac Lunae deluditur larua noster Orbis:
Par ce masque de la Lune, notre monde est dupé.





  Hac Lunæ deluditur: par cette lune, [le monde] est trompé.
larva noster Orbis: notre monde [est masqué] par un masque.


De tout temps, on a cherché à prédire les éclipses. Mais il convenait aussi de les expliquer afin de lutter contre les peurs irrationnelles qu'elles suscitaient parmi le peuple.



Ce document étonnant est issu d'un manuscrit médiéval du XIIIe siècle intitulé 'Image du monde" et attribué à Gossuin de Metz.
Ce manuscrit est équipé d'une volvelle, instrument de calcul constitué de pièces rotatives, qui permettait de prédire les éclipses.




Gravure du XVIIIe siècle, illustrant des phénomènes astronomiques au-dessus de la ville de Londres.



Depuis des siècles, les éclipses n'ont pas varié, la foule non plus!



8 juillet 1842



17 avril 1912.



12 août 2026.


 

mercredi 12 août 2026

Les cosaques à Paris.






En mars 1814, après la défaite de Napoléon 1er, les cosaques de l'armée Russe entrent et occupent Paris.
La propagande impériale avait dépeint les cosaques comme des barbares sanguinaires, des sauvages incultes et des mangeurs d'enfants. Les Parisiens s'attendent au pillage et aux meurtres. Mais l'occupation se déroula sans exactions majeures, les parisiens découvrirent des hommes fiers mais curieux de la civilisation occidentale et souvent fort galants avec les dames. L'occupation de Paris devint vite l'attraction touristique la plus appréciée de la capitale.

Toutes les gravures sont de Georg Emanuel Opiz, elles font partie d'une série sur 
" l'Occupation russe à Paris en 1814". Cette série décrit le choc culturel entre les Parisiens et les cosaques de l'armée russes.






Ici, deux cosaques, coiffés de shakos, en uniforme coloré déambulent dans une rue parisienne, attirant la curiosité des passants. Sur l'enseigne blanche située au-dessus des deux cosaques, on peut lire "Coluchet" ou "Coluche" et en dessous "Marchand de Legumes de toute Espèce & c." (Le c. était l'abréviation de et cætera). Plus loin, un voit une enseigne typique des auberges de l'époque: "Ici on loge à pied et à cheval"










Un cosaque à cheval, reconnaissable à sa barbe fournie, son uniforme et son bonnet de fourrure, est entourée d'une foule curieuse, surtout des femmes qui l'observent avec étonnement. En effet, les hommes français, à cette époque sont rasés de près, et cette barbe hirsute est une attraction exotique majeure pour les parisiennes. Ce choc culturel a été à l'origine d'une nouvelle mode à Paris. Amusées par l'accoutrement des occupants, les Parisiennes se sont mises à se coiffer des chapeaux et des robes inspirées des tenues cosaques.










Cette gravure montre un officier cosaque qui plaisante ou même flirte avec une parisienne vêtue d'une robe empire. Les proportions des coiffures militaires des cosaques ont été volontairement exagérées, comme ici le plumet sur le casque à cimier de l'officier, par Opiz pour accentuer le caractère exotique de ces hommes. 
Le redoutable chef des cosaques, Matveï Platov avait été logé chez une parisienne. Les cosaques étaient considérés au début comme des barbares venus du Nord, anthropophage et sanguinaires. Platov, en s'installant chez la dame, fut attiré par le joli bébé de son hôtesse et le prit tendrement dans ses bras. La mère s'effondra en larmes à ses genoux, le suppliant "de ne pas manger son enfant".
Ayant compris les rumeurs qui couraient sur leur compte, les officiers russes, qui parlaient presque tous un français parfait, la langue française étant alors la langue diplomatique internationale, s'efforcèrent d'être d'une extrême politesse pour rassurer la population.
Victor Hugo, qui avait alors 12 ans, et qui vécut l'occupation, écrivit plus tard: "Les cosaques ne ressemblaient nullement à leurs images; ils n'avaient pas de colliers d'oreilles humaines; ils ne volaient pas les montres et ils ne mettaient pas le feu aux maisons: ils étaient doux et polis."










Deux cosaques sont arrêtés devant l'étal d'une marchande parisienne. On les voit examiner les différents produits, du poisson frais dans les paniers en osier au sol, mais aussi des saucisses et des boudins suspendus sur l'étal.
Le comportement des cosaques au marché, en dehors de leurs tenues jugées exotiques, semblait naturel et tout se passait dans une ambiance bon enfant. Il n'en était pas de même pour leurs habitudes d'hygiène. Les parisiens de 1814 se lavaient très peu alors que les cosaques adoraient l'eau.
A l'emplacement actuel du quai de la Râpée, il existait une grève où des cosaques avaient installé leur campement. Ils profitaient de la proximité de la Seine pour se baigner, totalement nus,  sous les yeux ébahis des promeneuses parisiennes, tout en lavant leurs chevaux.
Le Tsar, Alexandre 1er voulait absolument donner une bonne image de son armée. Afin d'éviter les pillages, il doubla la solde de tout les cosaques qu'il paya directement en leur versant des pièces d'or et d'argent. Face à cette clientèle fortunée, les marchands parisiens se sont mis vite à spéculer. Dès que des cosaques approchaient d'un étal les prix étaient multipliés par trois, quatre ou cinq. Totalement ignorants des prix normaux, les cosaques, qui adoraient les fruits, qu'ils ne connaissaient que très peu, comme les oranges, se faisaient étriller sans sourciller, à la grande satisfaction des commerçants.









Les cosaques, issus de leurs steppes russes n'étaient pas habitués aux canons occidentaux. Ici, deux cosaques visitent le Louvre (appelé alors musée Napoléon). Ils sont en arrêt devant l'Apollon du Belvédère, statue qui avait été confisquée au Vatican, par Napoléon durant la campagne d'Italie en 1797. Elle a été restituée à Rome en 1815. Ils découvrent pour la première fois les statues de marbre grecques ou romaines complètement nues. Si les cosaques étaient peu pudiques lorsqu'ils se lavaient, ils furent surpris pas la nudité exhibée. On voit un des cosaques montrer les parties intimes de l'Apollon du Belvédère, tandis que son compagnon reste bouche bée. Pour eux, l'art classique était indécent.








Une parisienne se fait courtiser par deux cosaques. Elle a tourné son visage vers l'un d'eux, lui montrant qu'elle écoute ses compliments, avec toute fois un regard plein de malice. Malice, car pendant ce temps, elle a glissé sa main dans la poche de l'autre pour lui dérober son argent ou sa montre.
L'enseigne indique:

Estaminet.
Du vin d'Emideye 
Cognac, double ( cognac à forte teneur en alcool)
Bière de mars.










Des officiers et soldats casaques partagent un moment de détente avec la haute société parisienne. La scène se déroule très probablement dans un des salons de jeu du Palais-Royal  où cafés, tripots de jeu clandestins et prostitution fleurissaient. Ceci montre que les cosaques se sont rapidement adaptés aux vices parisiens.








Cette vue montre l'installation des cosaques sur les Champs-Elysées. A cette époque, les Champs-Elysées n'étaient qu'une longue promenade arborée. Les Parisiens s'y rendaient comme s'ils allait au zoo pour observer ces gens bizarres. On voit que les chevaux sont attachés aux arbres. Le manque de fourrage fit que les chevaux rongèrent l'écorce des arbres, en les laissant à nu. Par ailleurs, les cosaques ont abattus quantité d'arbre plantés par Le Notre pour faire du feu. A leur départ, la promenade des Champs-Elysées était totalement dévastée.








Les parisiens observent avec intérêt les méthodes culinaires étonnantes des cosaques, notamment les modes de cuissons. Et il y avait de quoi être surpris. N'ayant pas l'habitude de l'éclairage public à l'huile, les cosaques adoraient boire l'huile des lampadaires et se régalaient en mangeant des bougies de suif considérés par eux comme une friandise grasse. Nombre de parisiens les avaient immédiatement surnommés "les bouffeurs de chandelle".
Substantation.





 


Ce document est considéré comme l'un des tout premiers menus de l'histoire de la restauration. Il date de 1803, sous le Consulat.

Il est intitulé:

BEAUVILLIERS, RESTAURATEUR
Anciennement à la grande Taverne de la République, Palais-Égalité, No. 142, Présentement Rue de la LOI, No. 1243. [1]
PRIX DES METS POUR UNE PERSONNE. — LES ARTICLES DONT LES PRIX NE SONT POINT FIXES, MANQUENT.

Bien que datant du Consulat, le menu reprend les noms des rues de la Période révolutionnaire, le Palais-Egalité c'est le Palais-Royal, la rue de la Loi c'est la rue de Richelieu. 
Le détail du menu (incomplet) et des prix est donné ci-dessous:

POTAGES
Les prix sont indiqués en francs (fr.) et sous (s.)
  • Potage aux laitues et petits pois : 0 fr. 15 s.
  • Potage aux croûtons à la purée : 0 fr. 15 s.
  • Potage aux choux : 0 fr. 15 s.
  • Potage au consommé : 0 fr. 12 s.
  • Potage au pain : 0 fr. 12 s.
  • Potage de santé : 0 fr. 12 s.
  • Potage au vermicel : 0 fr. 12 s.
  • Potage au ris : 0 fr. 12 s.
  • Potage à la julienne : 0 fr. 12 s.
  • Potage printanier : 0 fr. 15 s.
  • Potage à la purée : 0 fr. 15 s.
  • Potage au lait d’amandes : 0 fr. 15 s.
  • Potage en tortue : 1 fr. 10 s.


HORS-D'ŒUVRES
  • Tranche de melon : 1 fr. 0 s.
  • Artichaud à la poivrade : 0 fr. 15 s.
  • Raves et Radis : 0 fr. 6 s.
  • Salade de concombres : 1 fr. 10 s.
  • Thon mariné : 1 fr. 10 s.
  • Anchois à l’huile : 1 fr. 5 s.
  • Olives : 0 fr. 15 s.
  • Pied de cochon à la Sainte-Menehould : 0 fr. 12 s.
  • Cornichons : 0 fr. 8 s.
  • Petit salé aux choux : 1 fr. 5 s.
  • Saucisses aux choux : 0 fr. 18 s.
  • 1 Petit Pain de Beurre : 0 fr. 4 s.
  • 2 Œufs frais : 0 fr. 12 s.
  • 1 Citron : 0 fr. 8 s.
  • Rissole à la Choisy : 1 fr. 0 s.
  • Croquette de volaille : 1 fr. 4 s.
  • 3 Rognons à la brochette : 1 fr. 0 s.
  • Tête de veau en tortue : 2 fr. 5 s.
  • Tête de veau au naturel : 1 fr. 0 s.
  • 1 Côtelette de porc frais, sauce robert : 1 fr. 0 s.
  • Chou-Croûte garni : 1 fr. 10 s.
  • Jambon de Mayence aux épinards : 1 fr. 5 s.

ENTRÉES DE BŒUF
  • Bœuf au naturel ou à la sauce : 0 fr. 15 s.
  • Bœuf aux choux ou aux légumes : 0 fr. 18 s.
  • Carnebit (Corned-beef) : 1 fr. 10 s.
  • Rosbif : 1 fr. 5 s.
  • Filet de Bœuf sauté dans sa glace : 1 fr. 5 s.
  • Bifteck : 1 fr. 5 s.
  • Entre-côte, sauce aux cornichons : 1 fr. 5 s.
  • Palais de Bœuf au gratin : 1 fr. 4 s.
  • Palais de Bœuf à la poulette ou à l’Italienne : 1 fr. 0 s.
  • Langue de Bœuf glacée aux épinards : 1 fr. 0 s.
  • Jarrets de veau : 0 fr. 15 s.

ENTRÉES DE PATISSERIE
  • Pâté chaud de légumes : 1 fr. 5 s.
  • 2 petits Pâtés à la Béchamel : 1 fr. 4 s.
  • 2 petits Pâtés au jus : 0 fr. 16 s.
  • 1 Pâté chaud d’anguille : 1 fr. 10 s.
  • 1 Pâté chaud de crêtes et de rognons de coqs : 2 fr. 0 s.
  • Tourte de godiveau : 1 fr. 0 s.
  • Tourte aux confitures : 1 fr. 5 s.
  • Vol-au-Vent de filets de volailles : 1 fr. 20 s.


C'est le journaliste anglais Francis William Blagton qui a immortalisé ce menu en le publiant. Le menu complet était imprimé sur une immense feuille "de la taille d'un journal anglais" et il fallait "prévoir au moins une demi-heure de lecture" pour choisir ses plats au milieu de plus de 200 options.
Il est précisé sur le menu: "Les articles dont les prix ne sont point fixes, manquent" Ce sont les plats du jour, qui dépendaient des prix du marché. A l'époque, proposer des plats du jour frais était une révolution, ce qui nécessitait une explication pour les clients.
Antoine Beauvilliers était l'ancien officier de bouche du comte de Provence. Après la Révolution, il se mit à son compte en ouvrant ce restaurant. Mais il n'avait rien perdu de sa superbe; il faisait le tour des tables, habillé à la dernière mode et portant une épée au côté.

Un mot sur deux plats remarquables:

Le pied de cochon à la Sainte-Menehould Le secret de cette recette tient à sa cuisson. En effet, une fois cuit, on mangeait le pied de porc en entier, os compris. Les pieds, enveloppés dans des bandelettes de toile pour éviter qu'ils se désagrègent,  cuisaient de 9 à 12 heures dans un court-bouillon aromatisé. Le pied était ensuite pané puis grillé pour obtenir une croûte croustillante contrastant avec l'intérieur gélatineux.
C'est ce plat, fort réputé, qui a perdu Louis XVI. Dans sa fuite de Paris, il s'est arrêté à Sainte-Menehould pour déguster des pieds de cochon et c'est là qu'il fut reconnu! Ah! la gourmandise...

Le plat chaud de crêtes et de rognons de coqs: Ce plat est un des plus cher du menu. Les crêtes et les rognons (qui désignent les testicules) de coq sont considérés comme des morceaux de choix d'une finesse extrême. Ils étaient cuisinés en ragout avec une sauce au madère et aux truffes avant d'être servis dans une pâte feuilletée ou brisée, servie fumante.






Il s'agit ici du menu d'un banquet officiel, prévu pour 1200 personnes. Nous passons sur le détail mais il faut savoir que le repas était clôturé par des pièces montées d'apparat comme la "pièce gothique en pastillage".








Dîner Lucullusian à la Sampayo, servi au Reform club le 9 mai 1846 pou un comité restreint de 10 personnes.
Le détail de la "collation":

🥣 Les Potages
  • Potage à la Comte de Paris
  • Potage à la purée d'Asperges
🐟 Deux Poissons
  • Saumon de Severne à la Mazarin
  • Rougets gratinés à la Montesquieu
🍗 Deux Relevés (Premier service)
  • Le Chapon farci de Foie gras à la Nelson
  • Saddleback d'Agneau de Maison à la Sévigné
🫒 Quatre Hors-d'œuvres à la Française
  • Les Olives farcies
  • Thon mariné à l'Italienne
  • Salade d'Anchois historiée
  • Sardines à l'Huile de Noisette
🥩 Quatre Entrées
  • Sauté de Filets de Volaille à l'Ambassadrice
  • Petites Croustades de Beurre aux Laitances de Maquereaux
  • Cotelettes de Mouton Galloise à la Réforme
  • Turban de Ris de Veau purée de Concombres
    (Accompagnements sur les côtés : Grosses Asperges vertes sauce à la Crème / Rissolettes à la Pompadour)
🦆 Deux Rôts
  • Les Dotrelles aux Feuilles de Vignes
  • Le Buisson d'Écrevisse Pagodatique au Vin de Champagne à la Sampayo
🍧 Entremets et Desserts
  • La Gelée de Dantzic aux fruits Printaniers
  • Les petits Pois nouveaux à l'Anglo-Français
  • Les grosses Truffes à l'essence de Madère
  • Les Croquantes d'Amandes pralinées aux Abricots
  • Le Miroton de Homard aux Œufs de Pluviers
  • La Crème mousseuse au Curaçao
🐗 Deux Relevés (Second service)
  • La Hûre de Sanglier demi-glacée, garnie de Champignons en surprise
  • Les Diablotins au fromage de Windsor


Et puisqu'il faut bien varier les plaisirs:




Banquet de la Société Hippophagique du 19 décembre 1867. La viande et la matière grasse de cheval sont présentes dans presque tous les plats du menu.


  • Potages (Soupes) : Un consommé de cheval aux quenelles est servi aux côtés d'une purée de faisans.
  • Poissons : Du turbot à la hollandaise et des filets de saumon à la tartare.
  • Hors d'œuvres : Des saucisses et des crépinettes entièrement faites à base de cheval, agrémentées de pistaches et de truffes.
  • Entrées & Relevés : Le menu se divise explicitement en deux colonnes :
    • Ordinaires : Quenelles de volaille, côtelettes, filets de perdreaux, dinde à la Périgourdix, jambon et selle de mouton.
    • Cheval : Croûstades à la moelle, escalopes aux fines herbes, émincé à la polonaise, filet piqué rôti à la poivrade et culotte de cheval braisée.
  • Second Service : Canards sauvages, faisans rôtis et une curiosité culinaire : une mayonnaise de homard préparée à l'huile de cheval.
  • Desserts, Glaces & Vins : Le repas s'accompagne d'un assortiment de fruits, gâteaux et glaces, servis avec de grands vins et alcools de l'époque comme le Pale Sherry, le Rudesheimer, le Champagne, le Moët, le Beaune, l'Amontillado et le Larose
  • Ce militantisme allait de révéler prémonitoire: trois ans plus tard, Paris sous le siège de l'armée prussienne, les parisiens atteints par la famine consommaient les chevaux de la ville.






    Pour le menu de Noël du 25 décembre 1870 le chef cuisinier Alexandre Choron fit son marché dans les ménageries du Jardin des Plantes et du jardin d'Acclimatation.

  • Le potage : Un surprenant Consommé d'Éléphant.
  • Les entrées : Du Chameau rôti à l'anglaise, du Civet de Kangourou ou des Côtes d'Ours rôties sauce Poivrade.
  • Le rôt : Un plat resté tristement célèbre combinant les nuisibles de la capitale, Le Chat flanqué de Rats.
  • Les vins : Malgré la famine, la cave du restaurant restait prestigieuse avec des crus d'exception comme du Mouton Rothschild 1846 et du Romanée-Conti 1858.

  • Il y aurait bien d'autres menus remarquables à citer mais, en France, les restaurants d'excellence, c'est comme les fromages, il y en a trop.