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mercredi 29 juillet 2026

Au lit.











Le lit, huile sur carton peint par Henri de Toulouse-Lautrec en 1892.





Dans le lit.






Le baiser.





Durant les années 1890, Toulouse-Lautrec a passé beaucoup de temps à peindre le quotidien des pensionnaires des maisons closes de Paris. Ces trois tableaux montrent deux femmes partageant le même lit. Une des femmes est coiffée "à la garçonne", coiffure très rare à l'époque et réservée pratiquement à certaines prostituées, ce qui pouvait laisser supposer qu'il s'agissait d'un homme. Mais Toulouse-Lautrec a documenté leur vie de couple et leurs relations respectives avec leurs clients masculins confirmant qu'il s'agissait bien de deux femmes.
 
Marchande d'arlequins.






Issue de la série "Comme on dîne à Paris", cette lithographie est l'œuvre de Charles, Joeseph Traviès de Villers et date du 23 novembre 1845. 

La marchande d'arlequins vendait dans les rues, les restes de nourritures laissés par les familles riches et les grands restaurants. Les débris de viande, de poisson et de légumes étaient triés, assemblés et disposés dans des assiettes. Le prix était très bas, environ un ou deux sous, cette nourriture étant destinée aux pauvres. Le mot "Arlequin" fait référence au costume d'Arlequin de la Commedia dell' Arte constitué de losange multicolores du fait de la composition disparate des aliments proposés. 
Ce petit métier qui a perduré au début du XXe siècle est considéré comme l'ancêtre de la soupe populaire.

Sur l'image, la marchande tente de séduire un jeune homme filiforme:

" T'nez, jeune homme, profitez d'l"occasion...v'la une assiette de premier choix ... tous morceaux rupins, du blanc de poulet, une tête de brochet, trois pruneaux et une queue d'écrevisse... vrai un repas de Prince..."






Une marchande d'arlequins vers 1900.





Marchande d'arlequin vers 1907.


mardi 28 juillet 2026

La police des noirs.




















 

Vive l'hiver. 










Gravure satirique de Charles Williams datant de 1801 et intitulée "Luxury, or the Comforts of a Rum p ford".

Il s'agit d'une parodie des publicités pour les poêles Rumford. Williams a ajouté un "p" pour faire un jeu de mots: rump, en anglais, signifiant le fessier ou la croupe.
La femme tient dans sa main le roman subversif  "The Monk" (Le Moine) de Matthew Gregory Lewis, alors que sur la table et au sol on aperçoit deux autres romans érotiques; "The kisses" et "Economy of Love".







Cette caricature date de 1815. Dessinée par Charles Williams elle s'intitule "The Comfort".

A l'époque géorgienne et sous la Régence, les femmes ne portaient pas de culottes sous leurs robes. Elles portaient uniquement une chemise de corps, des jupons et des bas fixés par des jarretières.








Cette image est une caricature néerlandaise de 1810 intitulée "La Reine Hortense de Beauharnais dans ses appartements privés."

Hortense tient à la main un roman très osé "Thérèse philosophe", à ses pieds un autre roman érotique: "Het Cabinet der Dames". Sur un mot au mur, on peut lire: "Favorite van Madame Hortense Eugene Beauharnais, geweze Koningin van Holland" qui veut dire "Favorite de Madame Hortense Eugène Beauharnais, ancienne reine de Hollande"
Hortense est représentée, sa robe de style Empire largement ouverte, les fesses et les jambes nues devant la cheminée.

lundi 27 juillet 2026

La boutique de caricatures.







 
Cette gravure intitulée "Caricature shop" est de Piercy Roberts. Elle a été publiée à Londres en 1801.

La scène montre le dessinateur lui-même debout sur le pas de la porte de son magasin situé 28 Middle Row, Holborn. La foule se presse devant sa vitrine pour contempler ses caricatures politiques et sociétales. Afin de montrer l'intérêt que suscitait cette mode, l'auteur montre une  foule hétéroclite, agglutinée devant sa vitrine, un homme amputé des deux jambes, un vieillard qui se penche au plus près de la vitrine, des bourgeois en hauts-de-forme, une femme qui tient un enfant qui tend ses bras vers la vitrine, des femmes de tous âges et de toutes conditions, un homme noir.
En effet, au début du XIXe siècle, les vitrines des marchands d'estampes étaient de véritables galeries d'art gratuites. De plus, les caricatures politiques permettaient d'informer le public sur les actualités, les scandales et les différents potins du moment.

samedi 25 juillet 2026

Fragile Constitution .












Cette image satirique est du britannique William Heath et date de 1829. Elle est intitulée:" Burking Poor Old Mrs  Constitution".

La scène symbolise la fin de la Constitution d'origine protestante établie en 1688 lors de la "Glorious Revolution". Elle rappelle les meurtres commis par deux immigrants irlandais du nom de Burke et Hare (Burke and Hare murders) connus aussi sous le nom de "West Port murders". Entre novembre 1827 et fin octobre 1828, Burke et Hare firent 16 victimes et revendirent leurs cadavres au docteur Robert Knox à des fins de dissection. Ils étouffaient leurs victimes en comprimant leur thorax afin de laisser le moins de traces possibles. Le nom de Burke est passé dans le vocabulaire commun anglais sous la forme burking qui signifie "tuer quelqu'un tranquillement".

Sur cette image, on distingue sous les traits des deux meurtriers le Premier ministre, le Duc de Wellington en uniforme militaire rouge et Robert Peel, en habit bleu, son ministre de l'Intérieur en train d'étouffer une vieille dame.
La vieille dame, Old Mrs constitution, symbolise la constitution anglaise âgée de 141 ans. L'acheteur, attend à la porte. Il est représenté par un prêtre catholique romain qui attend tranquillement le cadavre de l'ancienne constitution.

Il s'agit donc d'une charge contre le "Catholic Emanciparion Act", d'avril 1829,  l'Acte d'émancipation des catholiques, qui accordaient des droits civiques importants, par rapport à leur situation antérieure, aux catholiques du Royaume-Uni et d'Irlande, qui jusqu'à ce jour, jouissaient de droits moindres que les protestants et leur donnait l'accès au Parlement. Les conservateurs anglais les plus extrêmes (Ultra Tories) considéraient cette reconnaissance comme une trahison absolue et se mobilisèrent farouchement contre son adoption. Le parti Tory, dont la puissance reposait sur l'alliance entre l'Etat et l'Eglise anglicane, se divisa, les ultra-tories retirant leur soutien au gouvernement et les Tories, au pouvoir depuis plus de quarante ans, durent céder la place aux Whigs après un vote de défiance en 1830.





Cartes à jouer érotiques.






Sous  Napoléon III et la IIIe république, la censure d'Etat était féroce. Mais comme dans tous les temps, la censure, aussi féroce soit-elle, pousse à la production de ce qui est interdit. Sans doute car ce qui est interdit est rare et que braver les interdits permet au bourgeois d'éprouver ce petit frisson réputé propre au rebelle.
Sous ces deux régimes, donc, la production d'objets "curieux" ou "galants" comme on les appelait à l'époque, explose littéralement, alimentée par les achats de la bourgeoisie et de l'aristocratie.
A Paris, ce commerce se concentre dans les galeries du Palais-Royal. Les libraires et les marchands d'estampes, vendent sous le manteau qui des estampes anonymes, qui des livres interdits, qui des objet mécaniques. Les dessinateurs, graveurs et imprimeurs ne signent jamais leurs œuvres afin d'éviter la prison et les lourdes amendes pour "outrage aux bonnes mœurs". 
Au XIXe siècle, les objets à secret se multiplient. Tel objet, au demeurant anodin, cache en son sein une représentation érotique. C'est le cas des tabatières à double fond, des cannes à système ou encore des montres à gousset par exemple.

Les cartes présentées ci-dessous utilisent le procédé diaphane, c'est à dire la transparence. Chaque carte est d'apparence anodine, mais une source lumineuse placée à l'arrière de la carte fait apparaître une scène insoupçonnée.


6 et 9 de trèfle:




Carte 6 de trèfle "normale".





Carte 6 de trèfle "éclairée"




Carte 9 de trèfle "normale".




Carte 9 de trèfle "éclairée".

 

Autre exemple:



Dame de trèfle "normale".





Dame de trèfle "éclairée".