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samedi 31 octobre 2026

Viol.








 

Cette miniature est extraite d'une Bible moralisée conservée à la BNF. Elle évoque une scène de viol. Au premier plan, on voit une femme agressée dans un lit par un homme, tandis qu'en arrière plan se tient une autre femme dont on ignore le rôle. Elle pourrait représenter l'innocence ou la conscience selon certains spécialistes.

Au moyen âge, le viol était souvent confondu avec le rapt. Le mot rapt désignait l'enlèvement  et l'agression sexuelle indifféremment. Le crime de viol sur une femme était considéré comme une atteinte à l'honneur mais surtout comme une atteinte à la propriété du père ou du mari. La violence occasionnée à la victime était secondaire. Si la justice était saisie, il fallait que le viol soit caractérisé et que la victime prouve son absence de consentement, par des cris entendus dans le voisinage, des témoins directs ou des marques de lutte. 
L'Eglise considérait le viol comme un péché capital mais elle préconisait le pardon ou la réparation. Si l'agresseur accepte d'épouser sa victime dans le cas où elle n'était pas mariée et que celle-ci y consentait, elle ou sa famille, les poursuites pouvaient être abandonnées afin de préserver l'honneur de la femme. Car une plainte représentait un risque majeur pour la victime. Les faits étaient rapportés sur la place publique et ce crime pouvait ruiner leur réputation faisant des victimes des "filles perdues" sans aucune autre considération.
A partir du XIIIe siècle, sous Saint-Louis, le viol devient "cas royal", c'est à dire un crime majeur dépendant de la justice royale. Les peines prévues étaient lourdes: la mort par décapitation ou pendaison, la castration ou le bannissement avec confiscation des biens. Mais il existait la possibilité d'obtenir des "lettres de rémission" c'est à dire des grâces royales si le violeur offrait une compensation financière négociée avec la victime ou sa famille. Cependant les jugements dépendaient beaucoup des statuts respectifs de l'agresseur et de la victime. Le viol d'une femme noble par un homme de statut inférieur était sévèrement réprimé, celui d'un seigneur sur une paysanne l'étant beaucoup moins.

On trouve souvent dit sur internet que cette enluminure est une illustration du droit de cuissage (jus primae noctis) qui prétendait que le seigneur avait le droit de passer la première nuit avec l'épouse d'un de ses serfs lors de son mariage. En fait, si le viol a évidemment existé au moyen âge, le droit de cuissage, lui, est une invention, il n'a jamais existé. On doit cette invention aux philosophes des lumières qui voulaient à tout prix diaboliser la féodalité. Les historiens du XIXe siècle se sont empressés de répandre ce mythe erroné afin de mieux valoriser la morale républicaine.
L'image ne représente pas du tout ce "droit" mais bien un crime barbare.
L'odalisque blonde.









 
Tableau de François Boucher datant de 1752, intitulé "Jeune fille allongée" (l'Odalisque blonde). Il existe deux versions assez voisines de ce tableau, l'une peinte en 1751, conservée au Musée Wallraf-Richartz de Cologne, et celle-ci, un an plus tard, conservée à la Alte Pinakothek de Munich.

Cette scène, de style rococo est considérée comme le nu le plus audacieux du XVIIIe siècle français. Elle représente Marie-Louise O'Murphy, surnommée "la Belle Morphise", âgée de 15 ans d'origine irlandaise.
Dans ses mémoires, Giacomo Casanova affirme que c'est lui qui a découvert Marie-Louise en la croisant chez sa sœur. La description qu'il en fait est peu flatteuse. Il la décrit comme une petite créature "jolie, déguenillée et sale". Marie-Louise était issue d'une famille irlandaise ruinée, réfugiée à Paris et elle gagnait sa vie en servant de modèle pour les peintres de l'Académie. C'est ainsi que François Boucher la remarqua et la prit comme modèle pour son odalisque blonde.
Casanova raconte, que des proches du roi Louis XV ou son valet de chambre, ce point reste obscur, présentèrent au roi une copie du tableau de Boucher, sans doute des esquisses préliminaires. Le roi voulut faire sa connaissance et fut sans doute satisfait de l'entrevue puisqu'elle devint sa maîtresse fin 1752.
La maîtresse officielle, la marquise de Pompadour, souffrait vers cette date de problème de santé et à tel point qu'elle avait cessé toute relation sexuelle avec le roi. Mais la marquise voulait conserver son influence politique. Pour ce faire, elle organisait elle-même les liaisons du roi avec de très jeunes filles naïves et sans talent politique pour ne pas être menacée. A cet usage, un quartier de Versailles, nommé le Parc-aux-cerfs, suffisamment discret, servait à loger les jeunes maîtresses du roi appelées les "petites maîtresses". Mais, malgré son statut de second rang, Marie-Louise prend de l'assurance, et elle commet la fatale erreur de vouloir rivaliser avec la Pompadour. On raconte qu'un jour, elle demanda au roi "Comment va la vieille?". La riposte fut immédiate, en novembre 1755 elle est chassée en pleine nuit du Parc-aux-Cerfs. Sur ordre de la Pompadour, elle est mariée à un noble de province, Jacques de Beaufranchet, avec un dot royale considérable et bannie de la cour de Versailles. Grâce à cette dot, elle survivra à la Révolution française et décédera riche à 77 ans.

Evidemment, dans le tableau de Boucher, Marie-Louise occupe toute la place. Cependant, comme souvent à cette époque, un certain nombre d'objets rappellent l'érotisme et la sensualité de la scène.
Posé sur le sol, à gauche, on distingue un brûle-parfum en bronze. Si au XVIIIe siècle, les gens ne se lavaient pas beaucoup, ils compensaient, sans doute pour masquer certaines odeurs, par un emploi massif du parfum. On imagine que la pièce est imprégnée d'odeurs d'ambre et de musc, ces odeurs capiteuses favorisant l'abandon aux plaisirs charnels. Pour ajouter à l'ambiance, le feu qui couve dans le brûle-parfum rappelle celui de la passion.
Marie-Louise repose sur un tas d'étoffes froissées, des draps blancs, des soieries roses, des velours dorés. Ceci nous indique que sa nudité est liée à une activité sexuelle récente cause du désordre. La Morphise porte dans ses cheveux un ruban bleu, ce bleu qui est le symbole de la pureté et de la jeunesse, créant un contraste avec la nudité.
Bien sûr, au sol se trouve une rose coupée. Dans le symbolisme libertin du XVIIIe siècle la rose est le symbole du sexe féminin et du plaisir cueilli. Les dames de l'époque savaient parfaitement les intentions du visiteur lorsque celui-ci offrait une rose dans un boudoir.

La jeune Marie-Louise O'Murphy était-elle consciente que près de trois siècles plus tard, on continuerait de discourir sur ses chairs nacrées et sur sa pose équivoque?

vendredi 30 octobre 2026

Massacre.








 
Enluminure issue des "Vigiles du roi Charles VII" composé par Martial d'Auvergne vers 1484.

Le 29 mai 1418, Le Duc de Bourgogne, Jean sans Peur, pénètre avec ses troupes dans Paris. Il se livre alors à un massacre des Armagnacs ou supposés tels. La légende sous l'image précise: "La tuerie d'après l'entrée des Bourguignons". Le chef de la faction des Armagnac, Bernard VII d'Armagnac, est arrêté et massacré, son cadavre traîné dans les rues. Mais il ne fut pas le seul, le chancelier Henri de Marle, quatre évêques et de nombreux officiers du parlement sont aussi exécutés. Jean sans Peur s'empare aussi du roi Charles VI le fou, incapable de gouverner, et de la reine Isabeau de Bavière. Les prisonniers sont défenestrés et même les femmes sont exécutées en pleine rue comme on peut le constater sur l'image.

Les bourguignons recherchent à travers Paris le successeur au trône de France afin de le faire disparaître. Le Prévôt de Paris, un Armagnac, Tanneguy du Châtel se rend en toute hâte à l'Hôtel de Bourgogne ou dort le futur roi, alors adolescent de 15 ans. L'Hôtel de Bourgogne était situé rue de Pute-y-Musse. Nom curieux qui mérite qu'on s'y attarde. Pute n'a guère varié et veut dire prostituée et Musse est de l'ancien français musser qui veut dire cacher, blottir. Donc la rue Pute-y-Musse se traduit littéralement par "la rue où les putains se cachent". Evidemment, le nom est peu glorieux, mais on ne l'a jamais modifié. La prononciation a dérivé, il suffit de dire le nom de la rue pour le comprendre, jusqu'à donner le nom de la rue du Petit-Musc, ce qui ne veut rien dire mais qui est plus honorable. La rue du Petit-Musc est située dans le 4ème arrondissement de Paris.
Mais revenons à nos Armagnacs et nos Bourguignons. Le Prévot de Paris entre dans l'Hôtel de Bourgogne, se précipite dans la chambre du dauphin, le tire de sont lit. Le temps presse, le prince est en chemise du nuit. Il l'enveloppe dans ses draps et le transporte manu militari à l'abri, à la Bastille. Par la suite, il l'aide à s'enfuir à Bourges.

C'est donc grâce à ce sauvetage en drap de lit, que le futur Charles VII, aidé de Jeanne d'Arc put bouter les Anglais hors de France, illustration, s'il en fut, de l'expression, "se trouver dans de beaux draps".
Catherine.










Peinture flamande de la Renaissance, réalisée entre 1510 et 1520 par un peintre anonyme connu sous le pseudonyme de Maître de Francfort et intitulée "Sainte Catherine d'Alexandrie".

Ce tableau est un des éléments d'un retable à trois panneaux. Il était situé à gauche du triptyque, le centre représentant la sainte famille et le volet droit Sainte Barbe.
En 1836, les biens des ordres religieux sont confisqués en Espagne. Le triptyque est partagé et dispersé. Les panneaux représentant Sainte Catherine et Sainte Barbe ont été réunis par le Musée du Prado à Madrid mais le panneau central était introuvable. On finit par le localiser, à l'abri dans un couvent de dominicains de Santa Cruz à Ségovie. Ce n'est qu'en 2008, que le Musée du Prado  a réussi à l'acheter et a enfin pu reconstituer l'œuvre telle que la Maître de Francfort l'avez conçu quelques 500 ans plus tôt.

Catherine naît à la fin du IIIe siècle à Alexandrie en Egypte au sein d'une famille noble. Elle était dotée d'une intelligence exceptionnelle et était experte dans les sciences et la philosophie. L'empereur Romain Maxence se livrait à une persécution des chrétiens qui révolta Catherine. Elle se présenta devant lui pour défendre la religion chrétienne. Incapable de se défendre face à l'éloquence de Catherine, Maxence convoqua 50 des plus grands philosophes et érudits de l'Empire pour confondre Catherine. Catherine les reçut tous mais le résultat escompté ne fut pas au rendez-vous. Elle réussit à tous les convertir au Christianisme, ce qui, on s'en doute, ne fut pas du goût de Maxence. Furieux de la tournure des événements, il fit brûler vifs tous les philosophes.
Ce carnage accompli, Maxence changea de lubie. Il se mit en tête de vouloir épouser Catherine, ce qu'elle refusa catégoriquement. Ne connaissant qu'une seule façon de réagir face à des déconvenues, Maxence la fit condamner à mort. On notera qu'avec lui, on ne connaissait pas la surpopulation carcérale.
Vers l'année 305, il la fit placer dans une machine infernale composée de quatre roues munies de pointes fer. Au moment de la mettre en marche, un ange intervient et immobilise la roue en la cassant. Ce faisant, les morceaux de la roue brisée sont projetés dans les airs et tuent les bourreaux. Devant ce miracle, de nombreux soldats se convertirent immédiatement, y compris l'impératrice. Lassé, Maxence revint à des méthodes plus conventionnelles et ordonna qu'elle fut décapitée. La légende précise que lorsque sa tête tomba, du lait au lieu du sang jaillit de la blessure. Son corps fut transporté par des anges sur le mont Sinaï à l'endroit même où se trouve de nos jours le monastère Sainte-Catherine.

Le tableau reprend un certain nombres de symboles caractéristiques du martyre de Catherine. La roue qu'elle tient dans une de ses mains rappelle l'instrument de torture dont elle faillit être victime, l'épée évoque l'arme qui mit fin à ses jours et la couronne nous rappelle à la fois ses origines nobles mais aussi son martyre.

Catherine est la sainte patronne des philosophes, des étudiants, des enseignants et des intellectuels, rappelant son érudition, mais aussi des femmes célibataires de plus de 25 ans qui coiffaient Sainte-Catherine. C'est l'origine de la fête des catherinettes. A l'origine, les femmes de 25 ans célibataires s'occupaient de la coiffe de la sainte dans les églises. Puis Paris s'est emparé de cette coutume pour la transformer en fête surtout dans le milieu de la mode. Les femmes concernées devaient porter le jour de la Sainte-Catherine, le 25 novembre, un chapeau extravagant, confectionné par leurs collègues. Ce chapeau devait obligatoirement porter la couleur jaune, symbole de la foi et de l'attente et la couleur verte symbole de l'espoir et de la jeunesse. De nos jours, cette fête n'est plus guère pratiquée et le temps s'emploie à l'effacer de nos mémoires.

Par contre, tous les jardiniers de toute l'Europe savent que le 25 novembre est une date importante. Ils ont tous en tête le vieux dicton "A la Sainte-Catherine, tout bois prend racine". A cette date, la sève est descendue dans les racines, la terre est encore meuble ce qui garantit une bonne reprise au printemps suivant. Les arbres fruitiers, les arbustes et les vivaces n'ont plus qu'à bien se tenir.

jeudi 29 octobre 2026

Bacchus et Cupidon.









Tableau du peintre français Jean-Léon Gérôme datant de 1850 et intitulé "Bacchus et l'Amour ivres". Ce tableau est conservé au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux.

Cette huile sur toile représente le dieu du vin (Bacchus) et le dieu de l'amour (Cupidon) sous les traits d'enfants poupons, totalement ivres alors qu'une bacchanale se déroule derrière eux.
L'enfant de gauche incarne Bacchus avec ses attributs traditionnels. La peau de léopard  que Bacchus a dompté grâce au vin. Elle symbolise la force primaire de la nature domestiquée par l'ivresse. La couronne de lierre qui ceinture la tête de Bacchus symbolise la vie éternelle. Les feuilles de vigne qui entourent sa taille symbolise le renouveau. Il tient dans une main une coupe traditionnelle à deux anses, un canthare en or, dans l'autre, il porte une cruche à vin antique.
L'enfant de droite est le dieu de l'amour (Cupidon). Il porte les traditionnels arc et carquois, ceux dont il se sert pour déclencher le désir amoureux. 
Cette description sommaire des deux compères vaut quand ils sont à peu près à jeun. Car on constate dans le cas présent un certain laisser aller dans la tenue vestimentaire. Cupidon s'est saisi de la peau de léopard de Bacchus dont il a glissé une extrémité sous son bras, laissant Bacchus quelque peu dévêtu. La couronne de feuille de vigne censée protéger son intimité du regard insidieux du spectateur, entraînée par la peau de léopard, a glissé, laissant les attributs du dieu du vin visibles à tous. Cupidon, n'est pas en reste car le voile dont il se protège est rejeté à l'arrière. Ils s'appuient l'un sur l'autre pour tenir l'équilibre, bref, ils sont fin saouls. 
Cupidon montre la bacchanale à Bacchus, semblant lui dire: "je vais tirer mes flèches dans le tas". 
En fait cette libation illustre une partie du vieux proverbe antique: "Sine Cerere et Libero friget Venus" "Sans Céres (le blé) et sans Bacchus (le vin), Vénus (l'amour) se fige". Gérôme nous rappelle que le vin et la bonne chère sont les moteurs des ardeurs amoureuses.

Il n'empêche, on s'étonne parfois du manque d'adresse de Cupidon, qui, lorsqu'on se trouve en galante compagnie, rate sa cible. On sait à présent que c'est à cause de ses mauvaises fréquentations et de son attirance à faire bamboche.
Fruits et légumes.







 


"La Marchande de fruits et de légumes" est une huile sur panneau de bois de l'artiste française Louise Moillon réalisé en 1630 et conservé au Louvre.

Une cliente, bourgeoise ou noble si on en juge à ses vêtements, choisit des fruits à l'étal d'une marchande. Précisons tout de suite que le chat, situé à l'arrière plan à droite, n'est pas à vendre. La cliente semble hésiter entre des abricots, fruit à forte connotation érotique au XVIIe siècle  et des pommes, symboles de la tentation et du péché originel. 
En ce qui concerne les pommes, nous disposons d'une preuve qu'elles ne subissaient aucun traitement chimique. Si on observe bien le panier de pommes et que l'on s'attarde sur la pomme située à l'arrière du panier près de la manche du corsage de la vendeuse, on remarque qu'elle est percée d'un trou et qu'un ver vient d'en sortir pour aller faire un tour.

Louise Moillon est une spécialiste des natures mortes. Elle est une des rares femmes de son siècle qui a réussi dans l'art de la peinture. Elle est issue d'une famille d'artistes et de marchands d'art protestante. C'est entre l'âge de 19 à 25 ans qu'elle produit ses meilleures œuvres. Elle se marie à 30 ans avec un marchand de bois protestant et à partir de là, elle cesse pratiquement de produire pour se consacrer à sa famille. En 1685, après la révocation de l'Edit de Nantes, sa famille et elle-même subissent les "dragonnades". Ses enfants fuient la France, son mari est emprisonné à la Bastille et elle fait semblant de se convertir au catholicisme pour éviter la saisie de ses biens. 
Malgré cette vie dramatique, elle décède à Paris à l'âge de 85 ans ce qui est un âge avancé pour l'époque. Son œuvre fut oubliée et redécouverte seulement au XXe siècle par des spécialistes de l'art qui la considèrent comme un des plus grands maître de la nature morte.
Le dormeur.








 
Le dessin d'origine est de François Boucher, la gravure de Gilles Demarteau et l'éditeur Johan-Esaias Nilson. Le dessin date de 1760, la gravure originale française de 1765. Il s'agit là de l'édition allemande de 1770. Toutes ces dates sont approximatives. Cette gravure est intitulée "Le Dormeur bien gardé".

Le thème du dormeur ou de la dormeuse était très prisé au XVIIIe siècle, et ce, que le dormeur soit réellement plongé dans le sommeil ou qu'il fasse semblant pour observer les réactions de la jeune fille qui joue le rôle de la voyeuse. On voit ici, le jeune homme assoupi tandis que la jeune femme le contemple d'un air émerveillé sans retenue. Elle manipule son chapeau pour se donner une contenance et s'éviter d'effleurer l'objet de son attention. Le chien, qui appartient sans doute au jeune homme, fixe la jeune femme dans les yeux qui fixe le jeune homme qui ne fixe rien. L'attitude du chien, censé garder le berger, est plus qu'amicale vis à vis de la jeune fille. Il semble lui dire: qu'attends-tu? Mais il est probable qu'elle ne fera rien, qu'elle se contentera de le regarder avec fascination. 

Sous le titre apparait une série d'abréviations:

« J. E. Nilson, M. Ac. Fr. excud. C. Gr. et Pr. S. C. R. M. Aug. V. »

D'abord J. E. Nilson, c'est le patronyme de l'éditeur. 
M. Ac. Fr. veut dire Membre de l'Académie de France.
excud. C'est l'abréviation du latin excudit qui veut dire "Il l'a édité".
C. Gr. et Pr. abréviation de Cum Gratia et Privilegio (Avec Grâce et Privilège). C'est l'ancêtre du copyright.
S. C. R. M. abréviation de Sacra Caesarea Regia Majestas (Sacrée Majesté Césarienne et Royale) qui fait référence au privilège impérial accordé par le Saint-Empire romain germanique.
Enfin, Aug. V. l'abréviation de Augusta Vindelicorum qui est le nom latin de la ville d'Augsbourg une capitale de l'édition d'estampes au XVIIIe siècle.

Ce qui donne, pour finir:

« Édité par J. E. Nilson, membre de l'Académie, à Augsbourg, 
avec le privilège et la protection de Sa Majesté Impériale. »