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dimanche 11 janvier 2015

Miroirs de poche ou de ceinture.

Miroirs de poche ou de ceinture.


Jusqu'au treizième siècle, l'usage des miroirs portatifs était généralement répandu: les uns, enfermés dans des boites ou de riches écrins, se mettaient dans les poches; d'autres, munis d'un manche, étaient tenus à la main; d'autres enfin, au moyen d'anneaux étaient suspendus à la ceinture.
Ces petits meubles étaient le plus souvent de véritables objets d'art, encadrés dans des ivoires ou des bois richement sculptés, montés en or ou en argent, et quelquefois enrichis de diamants ou de pierres précieuses.
Les surfaces des miroirs, avant le quatorzième siècle, étaient en métal poli; à cette époque on commence à se servir de plaques de verre doublées de lames de plomb ou d'étain, afin d'obtenir la réflexion; mais ce n'est qu'à la fin du quinzième siècle que l'on découvrit l'étamage du verre ou du cristal de roche à l'aide d'un alliage de mercure et d'étain, découverte qui permit de fabriquer, surtout à Venise, ces grandes glaces à biseaux, si pures, si limpides et si recherchées encore de nos jours.
Des deux miroirs que nous empruntons à la collection Jubinal, l'un, monté en ivoire, porte, sur une mince lame d'argent qui l'encadre, l'inscription suivante en italien: Dame, ne te plains jamais de moi, car je te rends fidèlement ce que tu me donnes


Il faisait partie du mobilier conservé dans le petit château de Clou, près d'Amboise, que François 1er avait donné à Léonard de Vinci, et où ce dernier mourut en 1519.
L'autre miroir, dont nous ne donnons que l'envers, est en cuivre doré. 


Sur le fond, légèrement gravé en creux et rempli d'émail noir, se détachent des ornements d'un goût parfait, dans le genre de Virgilius Solis. La petite glace à biseau laisserait supposer que ce miroir a été fabriqué à Venise; il est certainement italien.

Magasin pittoresque, septembre 1877.

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