Massacre.
Enluminure issue des "Vigiles du roi Charles VII" composé par Martial d'Auvergne vers 1484.
Le 29 mai 1418, Le Duc de Bourgogne, Jean sans Peur, pénètre avec ses troupes dans Paris. Il se livre alors à un massacre des Armagnacs ou supposés tels. La légende sous l'image précise: "La tuerie d'après l'entrée des Bourguignons". Le chef de la faction des Armagnac, Bernard VII d'Armagnac, est arrêté et massacré, son cadavre traîné dans les rues. Mais il ne fut pas le seul, le chancelier Henri de Marle, quatre évêques et de nombreux officiers du parlement sont aussi exécutés. Jean sans Peur s'empare aussi du roi Charles VI le fou, incapable de gouverner, et de la reine Isabeau de Bavière. Les prisonniers sont défenestrés et même les femmes sont exécutées en pleine rue comme on peut le constater sur l'image.
Les bourguignons recherchent à travers Paris le successeur au trône de France afin de le faire disparaître. Le Prévôt de Paris, un Armagnac, Tanneguy du Châtel se rend en toute hâte à l'Hôtel de Bourgogne ou dort le futur roi, alors adolescent de 15 ans. L'Hôtel de Bourgogne était situé rue de Pute-y-Musse. Nom curieux qui mérite qu'on s'y attarde. Pute n'a guère varié et veut dire prostituée et Musse est de l'ancien français musser qui veut dire cacher, blottir. Donc la rue Pute-y-Musse se traduit littéralement par "la rue où les putains se cachent". Evidemment, le nom est peu glorieux, mais on ne l'a jamais modifié. La prononciation a dérivé, il suffit de dire le nom de la rue pour le comprendre, jusqu'à donner le nom de la rue du Petit-Musc, ce qui ne veut rien dire mais qui est plus honorable. La rue du Petit-Musc est située dans le 4ème arrondissement de Paris.
Mais revenons à nos Armagnacs et nos Bourguignons. Le Prévot de Paris entre dans l'Hôtel de Bourgogne, se précipite dans la chambre du dauphin, le tire de sont lit. Le temps presse, le prince est en chemise du nuit. Il l'enveloppe dans ses draps et le transporte manu militari à l'abri, à la Bastille. Par la suite, il l'aide à s'enfuir à Bourges.
C'est donc grâce à ce sauvetage en drap de lit, que le futur Charles VII, aidé de Jeanne d'Arc put bouter les Anglais hors de France, illustration, s'il en fut, de l'expression, "se trouver dans de beaux draps".

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