La ventouse.
Une vieille femme applique une ventouse sur le pied d'une patiente. Un homme portant un long chapeau aiguise une lancette.
En bas de l'image, sous le titre figurent quelques vers en néerlandais:
« Zet jy de koppen maar, zei dikke Piet tot Tryn. »
« Ik slyp de vlymen vast, het zal haar heel cureeren. »« En word Lys flau, en helpt geen veurschootband noch wyn, »
« Dan zal ik aanstonds met myn spuyting haar klysizeren. »
— A.B. (Abraham Bogaert)
« Pose donc les ventouses, dit le gros Piet à Tryn. »
« Je vais de ce pas aiguiser les lancettes, cela va complètement la guérir.
« Et si Lys s'évanouit, et que ni le cordon du tablier ni le vin n'y font rien,
« Alors je vais immédiatement, avec ma seringue, lui administrer un clystère (lavement). »
Abraham Bogaert était non seulement poète mais aussi pharmacien, enfin apothicaire comme on disait alors. Et il avait le sens de l'humour, ce poème est plein de doubles sens sur le programme de traitement qui attend la patiente. Piet (Pierre) et Tryn (Catherine) sont des prénoms très populaires et désignent ici des personnes assez rustres. Lys (Elisabeth) est le prénom de la patiente.
A l'époque, ce qu'on appelait les "maux des femmes" ou l'hystérie étaient considérés comme des symptômes du manque d'amour. Aiguiser la lancette (vlymen), utiliser la seringue à injection (spuyting) pour opérer un lavement font référence à l'acte sexuel et sont considérés comme le remède ultime aux maux des femmes.
D'ailleurs, l'homme au grand chapeau, qui est soit un charlatan ou un médecin, la distinction entre les deux n'avait pas grande importance dans ces temps-là, est armé: il porte à sa ceinture un clystère.
L'exercice de la médecine était strictement réservée aux hommes, mais ils pouvaient se faire aider pour des opérations bénignes comme la pose des ventouses ou des sangsues. Les femmes qui posaient les ventouses étaient appelées les "ventouseuses" La pose de ventouses sur les pieds des femmes était une pratique populaire aux Pays-Bas. En analysant les cloques de sang résultant de leur utilisation, on prétendait pouvoir connaître les désirs secrets en matière de sexualité de la patiente en mal d'amour. On voit l'assistante en train de poser une ventouse. Elle utilise un petit morceau de lin qu'elle va enflammer à la lampe à huile qui brûle à côté et qu'elle va glisser sous la cloche. Seulement, parfois, le tissu enflammé tombait directement sur la peau occasionnant de sévères brûlures.
L'homme n'interviendra que pour les soins "nobles", la lancette pour la saignée mais surtout la pose du clystère pour le lavement qui était de la responsabilité exclusive des hommes.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire