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vendredi 23 janvier 2015

Avant le sommeil.

Avant le sommeil.

Le soir est venu, la journée est terminée. Depuis le matin, l'homme s'est livré à son dur labeur, car il n'a que ses bras pour subvenir aux besoins du pauvre ménage. La femme, de son côté, s'est occupée sans relâche des soins de l'intérieur. A ces lourdes tâches les années ont ajouté leur fardeau, non-seulement la faiblesse, mais encore les soucis, les chagrins inévitables. 
Voici enfin le moment du sommeil, le moment bienfaisant et souhaité du repos, de l'oubli. pourtant les deux époux ne s'empressent pas de s'endormir; un autre devoir, volontaire celui-là, et à leurs yeux sacré, leur reste à accomplir.
Tandis que sa femme, qui s'est mise la première au lit, écoute assise, les mains jointes, le mari s'est installé auprès d'elle, il a posé sur ses genoux un gros livre, le seul qu'ils possèdent, la Bible, et il en lit des passages, à haute voix. 


Les mots de Dieu, de sainteté, de repentir, de pardon, d'espérance, retentissent dans le silence de la petite chambre; une expression de pieux recueillement se peint sur ces rudes visages, flétris par les fatigues et les épreuves, et les empreint d'une noblesse inattendue.
Par cette heure quotidienne de méditation et de prière, les pauvres gens échappent aux réalités qui les oppriment; ils pénètrent dans le domaine de l'idéal; ils possèdent, à l'égal des esprits les plus cultivés, des intelligences plus hautes, ce qui fait le privilège de l'homme, le signe distinctif et glorieux de notre race: la contemplation de l'invisible, l'aspiration au bien et au bonheur infinis.

Magasin pittoresque, 1870.

jeudi 21 novembre 2013

Un devoir du Grand Dauphin.

Un devoir du Grand Dauphin corrigé par Bossuet.









Le document dont nous donnons ci-dessus la reproduction photographique appartient au Musée pédagogique de Paris. Nous croyons être agréables à nos jeunes lecteurs en leur mettant sous les yeux cette pièce si curieuse. Il s'agit d'un devoir traitant des troubles de la régence de Louis IX, que le fils de Louis XIV écrivit à l'âge de neuf ans, et que Bossuet, son illustre précepteur, corrigea de sa main. Toutes les corrections de Bossuet sont faites en petite écriture.
Louis, le grand Dauphin, né le 1er novembre 1661 du mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse, fille aînée de Philippe IV d'Espagne, mourut le 14 avril 1711. Ce fut le grand-père de Louis XV. Il joua dans l'histoire un rôle des plus effacés. d'une intelligence d'ailleurs très médiocre, il "n'avait pu, dit Saint-Simon, profiter de l'excellent culture qu'il reçut du duc de Montausier, de Bossuet et de Fléchier. Son peu de lumière, s'il en eut jamais, s'éteignit au contraire sous la rigueur d'une éducation dure et austère qui donna le dernier poids à sa timidité naturelle, et le dernier degré d'aversion pour toute espèce, non pas de travail et d'étude, mais d'amusement d'esprit, en sorte que de son aveu, depuis qu'il avait été affranchi des maîtres, il n'avait de sa vie lu que l'article de Paris de la Gazette de France, pour y voir les morts et les mariages."

Mon Journal, Recueil hebdomadaire pour les Enfants, 25 août 1894.

vendredi 4 octobre 2013

Devoir conjugal.

Devoir conjugal.

Il est très important qu'un confesseur soit instruit de cette matière sur laquelle une infinité de personnes grossières ou emportées par leurs passions comment quelquefois de grands crimes. car, quoique l'usage du mariage soit licite, il ne l'est pourtant qu'en observant les circonstances requises, et en se réglant sur la fin pour laquelle le mariage a été institué, qui est d'avoir des enfants ou de s'acquitter de la justice que les époux se doivent respectivement, qui sont les deux motifs, qui seuls peuvent excuser de péché, ou au moins d'y trouver un remède à la concupiscence, lequel troisième motif n'est pas même exempt de toutes sortes de péché, comme on le prouvera dans la suite par les autorités de saint Augustin, de saint Fulgence, de saint Grégoire, de saint Bonaventure et de saint Thomas.
Au reste, celui des époux qui est requis par l'autre de lui rendre le devoir conjugal est absolument obligé à lui obéir sous peine de péché, qui est même ordinairement mortel, à moins que son refus ne soit fondé sur une cause légitime.

Dicrionnaire des Cas de Conscience 1847.