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vendredi 26 août 2022

Les mémoires du dernier cheval de fiacre.

Fantaisie humoristique.


Depuis que voitures à vapeur, tramways électriques, automobiles se multiplient, menaçant de remplacer définitivement les anciens modes de locomotion, peut-il être permis de prévoir ou du moins d'imaginer le temps où le cheval de fiacre ne sera plus qu'une espèce disparue, un souvenir lointain. Telle est l'origine de l'amusante fantaisie qu'on va lire. Nous avons donc une raison de plus de tenir à nos chevaux de fiacre, puisque ce sont des vrais Parisiens, pleins d'esprit, de gaieté et de railleuse bonhomie!

Devenu très vieux et sentant sa fin prochaine, le dernier cheval de fiacre résolut d'écrire son testament. Voici quelques fragments de ces curieuses confidences.
"... Par ce beau jour printanier, qui ne sera pas suivi pour moi de beaucoup d'autres, le désir m'a pris de laisser quelques souvenirs du pauvre animal que je fus. Ne suis-je pas un des derniers représentants d'une race qui va disparaître? Le temps est proche où l'on parlera du cheval de fiacre comme on traite à présent les espèces tertiaires et quaternaires dans les ouvrages spéciaux. Alors on racontera comme une bizarrerie qu'il y eut une époque très primitive où les hommes adaptaient à leurs véhicules des quadrupèdes vivants qu'ils dirigeaient au moyen de lanière de cuir et qu'ils excitaient au moyen de fouets. Et des savants rédigerons des mémoires sur ces vestiges singuliers d'un passé fabuleux... Car nous aurons été supplantés ici-bas par une espèce nouvelle et fort encombrante, celle des automobiles!
"Comme nous ne serons plus utiles à l'humanité, l'humanité nous laissera dépérir. Et tu ne seras, sans doute, ô toi, le dernier de mes petits-fils, qu'une pauvre bête un peu sotte et fort dégénérée qui passera dans un pâturage les dolentes journées de l'agonie d'une race!
"Certes, elle fut pourtant glorieuse, la race des chevaux de fiacre! Elle remonte au plus lointain passé. Nous comptons, parmi nos ancêtres, Pégase, le cheval ailé qu'enfourchaient les poètes, et aussi les coursiers prodigieux qui jadis traînaient le char embrasé du soleil... Sur terre, ensuite, nous traînâmes le char de Gordius, qui fut roi de Phrygie. Puis, nous emportâmes au combat les rois Assyriens, nous promenâmes Sémiramis à travers les provinces de son immense empire... A Rome, à Byzance, notre métier devint un sport. Dans les cirques très vastes, nous courûmes avec frénésie, heurtant contre les bornes dangereuses les roues de nos chars, nous écrasant et nous broyant aux acclamations délirantes des peuples émerveillés.
" Quand nous étions fourbus pour avoir fourni de trop furieuses courses, on nous vendait à des pauvres gens, et bon nombre de nos magnifiques aïeux, sur leurs vieux jours, ne dédaignèrent pas de traîner doucement la charrette de quelque humble marchand de légumes latins qui, dès l'aube, apportait de la campagne romaine au marché de la ville le produit savoureux de ses vergers et de ses potagers.
" Mais je me laisse aller à l'évocation de ces époques lointaines. Ah! qui jamais écrira notre histoire? Depuis un siècle seulement, combien notre sort fut varié, notre rôle divers!... Te dirai-je, ô mon petit fils, les drôles de voitures que nous traînâmes dans cette courte période de notre passage sur terre? Il y en eut de lamentables, il y en eut de très belles. De très belles surtout après la Révolution. On vendit alors à bas prix les biens des émigrés, et leurs carrosses dorés devinrent des fiacres. Ah! quels fiacres! Ils étaient laqués et peints de sujets gracieux où de petits amours roses voltigeaient malicieusement autour des nobles armoiries. Mais ils se disloquèrent. Les vitres se brisèrent et durent être raccommodées tant bien que mal avec du papier collé. Les ressorts se fatiguèrent, les essieux se cassèrent, les marchepieds prirent des airs penchés. 


Quels fiacres tiraient alors nos ancêtres?
C'étaient de vieux carrosses, jadis peints et armoriés,
mais dont les carreaux cassés et les éraflures racontaient la déchéance.



Quand il fallu enfin mettre au rencart ces riches voitures, tu ne saurais imaginer les extraordinaires véhicules qu'on inventa, des gros et des petits, de forme bizarre et très lourds. Mon arrière-grand père, après dix ans de service, en avait les épaules malades... c'est ainsi que nous traversâmes la restauration, la Monarchie de juillet et l'Empire. On avait l'habitude assez naturelle de transformer en fiacres les "voitures de maîtres" qui cessaient de plaire à leurs fortunés possesseurs. Aussi le fiacre fut-il, pendant le cours de ce siècle, un étrange véhicule, toujours en retard d'une vingtaine d'années sur la mode élégante.
" Ce qu'il y a de tout à fait amusant, c'est que la mode des voitures et la mode des costumes ne suivaient pas les mêmes variations.
"Le costume féminin change fréquemment, et quand les belles dames se sont plu pendant quelques années à porter des robes très amples, elles prennent tout à coup le goût plus vif pour des ajustements très collants. L'humeur capricieuse des élégantes passe alternativement de l'emphatique crinoline à la jupe serrée en fourreau de parapluie. Or il faut des voitures diverses pour l'emphatique crinoline et pour la jupe étroite. Qu'arriva-t-il donc?
" Il arriva que nous dûmes transporter dans de très petits coupés les volants infinis que de larges cerceaux tendaient et boursouflaient; il fallut serrer, tasser, réduire à sa plus simple expression ces ornements excessifs. 


Comment, dans les fiacres que nous traînions allégrement,
car ils étaient très petits, les dames pouvaient-elles placer
leurs crinolines monumentales?
C'est ce que je me suis toujours demandé.



Les pauvres femmes ne savaient comment faire; elles poussaient des petits cris et pensaient se trouver mal quand l'automédon travailler à "charger" ce splendide attirail, et résolvait par la violence l'impérieux problème d'introduire dans un contenant étriqué le plus disproportionné des contenus.
" Quelques années plus tard, les dames eurent à leur disposition d'immenses berlines où se perdaient ridiculement leurs robes collantes et leurs toilettes menues... C'était plus commode, et si comique!



La mode, hélas! exigea des voitures plus lourdes.
Mais, alors les dames se mirent à porter des robes courtes et collantes.

" Ah! quelles sortes de voitures n'imagina-t-on pas? A quelles inventions fantastiques n'eut-on pas recours? Parfois les roues étaient immenses, d'un diamètre exorbitant, avec de massifs rayons; ensuite elles devenaient minuscules, microscopiques, comme les roulettes d'un fauteuil. Pendant quelques années, la capote affectait, elle aussi, des dimensions extravagantes, comme pour garantir des peuplades entières contre des catastrophes atmosphériques; et puis elle se réduisait pour n'être plus qu'une pauvre ombrelle comme pour abriter un léger papillon.
" Ne s'ingénia-t-on pas à varier encore  le place des chevaux dans l'attelage! On les mettait de front, ou bien en flèche, suivant une mode importée par nos voisins d'outre-Manche et qui eut quelque succès à un moment.
"On modifia successivement la situation du cocher: le voilà sur le dos d'un cheval, en postillon, et puis tout bonnement sur son siège à l'avant de la voiture, et puis le siège se voit percher en l'air derrière la voiture, au point qu'il faut à l'automédon une manière d'escalier pour regagner sa place, et qu'il doit s'attacher de crainte de tomber. On appelle ces véhicules des cabs... L'imagination des hommes, quand elle se travaille pour trouver du nouveau, produit de bien étonnants résultats!
" Il n'y a qu'une combinaison à laquelle, pour notre malheur, on ne pensa pas: c'eût été de mettre le cheval dans la voiture, le voyageur et le cocher aux brancards; nous aurions certes passé des jours heureux ainsi! Mais l'homme est naturellement égoïste; il ne songe qu'à son intérêt propre...
" Je ne veux pourtant pas récriminer. La dernière pensée du dernier des chevaux de fiacre ne sera pas un imprécation farouche. Non, je garde un bon souvenir de mon passage sur la terre, et, s'il m'était loisible de recommencer ma vie, je bénirais ma destinée.
" Car, il faut que tu le saches, il y avait des heures douces dans l'existence d'un cheval de fiacre. Les promenades à travers Paris ne sont jamais ennuyeuses. Que de fois ne l'ai-je pas exploré dans tous les sens! Chaque quartier a sa physionomie spéciale, ses habitants particuliers, ses coutumes à lui. Certains coins de la capitale ressemblent à de très lointaines villes de province; il y a des rues très distinguées et très noble, d'autres sont familières et parfois un peu vulgaires. Ce qui me plaisait beaucoup, c'était la variété des clients que je transportais. Je ne les voyais pas, mais je les devinais à leur poids, à une manière d'entrer en pourparlers avec le cocher, à la manière aussi dont le cocher les traitait.




" Il y a cocher et cocher. Celui-ci n'est qu'une brute renfrognée qui fouette et crie; mais celui-là est un brave homme avec lequel on peut s'entendre. J'en ai connu plusieurs, et tous, je te l'avoue, ne m'ont pas laissé le même bon souvenir. Mais j'eus la chance d'en avoir un, pendant la plus grande partie de ma carrière, qui me fut un véritable ami. Jamais de gros mots ni d'injures. Il avait l'habitude excellente de faire passer toute sa mauvaise humeur sur le client. Ah! le client en recevait de toutes les couleurs. Mais moi j'étais son associé, j'étais même son complice! Il y avait entre nous deux une sorte de petite convention secrète. Nous nous comprenions.
" A la façon dont il tenait les guides je devinais toutes ses intentions. L'un de ces gestes voulait dire: "C'est à l'heure mon bon, pas besoin de te presser! Plus tu traîneras, plus je toucherai d'argent." Un autre signifiait: "ça mon enfant, c'est à la course: un petit effort!" Et je conformais mon allure, soigneusement, aux circonstances...




" La première chose pour le cocher de fiacre, c'est d'éviter le mauvais client, celui qui vous prend à Passy, par exemple, pour se faire conduire au faubourg Saint-Antoine et finalement vous lâche avec trois sous de pourboire.
" Or, il n'est pas toujours facile d'échapper à ce fâcheux homme. Avec un peu d'exercice, on arrive à le deviner de loin; alors on se sauve rapidement, sans prêter la moindre attention à son appel. Mais les plus expérimentés se trompent à des dehors avantageux: mise distinguée, allure fringante, des bijoux, du linge frais. On croit qu'un si parfait gentleman se dirige vers les Champs-Elysées ou le parc Monceau; Pas du tout, il est en partance pour des faubourgs interlopes. On l'a fort imprudemment laissé  s'approcher, on s'arrête. Et voilà notre bourgeois enchanté qui vous saisit la poignée de la portière, pose une bottine sur le marchepied, s'installe presque et vous lance enfin l'adresse détestable! Que faire alors? On est pincé. Si le voyageur est un être doux et timide, le cocher n'a pas trop de mal à lui faire peur. Mais le voyageur n'est pas nécessairement timide; il peut avoir une conscience très nette de ses droits, et regimber. Alors?...
" Eh bien, alors, au bout de cinquante mètres, je faisais un accident; j'accrochais deux ou trois camions (le fiacre est assuré contre ces mésaventures), ou bien, je prenais le mors-aux-dents, un petit mors-aux-dents pour rire.



Quand nous tombions sur un mauvais client, je le sentais à la manière
dont le cocher prenait les guides; je faisais un léger accident:
j'accrochais un camion, je prenais un petit mors-aux-dents.


 Mon ami n'était pas dupe de ma comédie; mais il faisait semblant. Et nous avons ainsi, tous les deux, débarqué pas mal de clients désagréables L'union fait la force; et nous avions ensemble un pareil intérêt à travailler le moins possible et dans les conditions les plus avantageuses.
" Mon pauvre vieil ami! je le vois encore. il était gros comme un tonneau; c'est tout ce que j'avais à lui reprocher, mais il était un peu plus lourd que je ne l'eusse souhaité.


Pour moi, je n'ai pas eu à me plaindre.
Mon cocher, brave homme, n'avait qu'un défaut: c'était d'être lourd.


Quand il grimpait sur son siège, les ressorts de la voiture, bien que résistants, s'écrasaient, et le coup d'épaule, pour démarrer, n'était pas facile. Sauf ce défaut, dont il n'était pas responsable, je ne lui connu que des qualités, ou du moins s'il eut quelques travers, je n'avais pas personnellement à en souffrir: c'était tout ce qu'il me fallait et j'aurais été ridicule en me posant à son égard en moraliste intransigeant.
" Il aimait boire: c'était son goût. Je l'ai tiré plus d'une fois d'aventures fâcheuses. Il lui arrivait de temps en temps, de ne pas être extrêmement solide sur son siège; alors j'avais soin de ne pas trop le secouer, j'évitais les chocs et je prenais une allure modérée. Il croyait me conduire, parce qu'il tenait ses guides dans ses mains; mais ses mains étaient molles et la faculté de la direction s'obscurcissait dans son esprit: c'était moi qui le conduisais. Je savais mon chemin, et, si je me trompais un peu, j'avais en tout cas la consolante certitude de moins me tromper qu'il n'aurait fait lui-même si je m'étais abandonné paresseusement à ses troubles inspirations.
"Il nous arrivait de marauder. On fait ce qu'on peut dans ce bas monde pour gagner sa vie de son mieux. Nous avions alors, très souvent, maille à partir avec les sergents de ville. Ceux-ci voulaient nous envoyer à la station. Mais on s'ennuie à la station; on perd son temps à prendre la file, et nous n'avions de patience ni l'un ni l'autre. mon ami répliquait hardiment: " Je vais relayer! un cheval malade..." 



"Je rentre au dépôt, mon cheval est malade..."
disait mon cocher quand un agent nous surprenait en maraude.
Alors je boitais, je soufflais, je faisais semblant d'être très las.



J'affectait alors une effrayante lassitude; je penchais la tête, je boitais, je soufflais, si bien que le représentant de l'autorité nous laissait aller. A peine avait-il le dos tourné, je me remettais à marcher d'une allure engageante afin de tenter le client sérieux.
" Il faut savoir le dénicher, le client sérieux. Il se dissimule souvent, entre cinq et sept heures du soir, dans la foule des pauvres diables qui attendent l'omnibus au bureau. Il a le numéro 360, par exemple, et tous les omnibus passent complets. Il en a déjà vainement guetté huit ou dix. Mais il s'acharne; il s'est solennellement promis à lui-même d'entrer à partir d'aujourd'hui dans la voie des économies. Deux ou trois omnibus passent encore, également bondés depuis la tête de ligne. Alors son courage faiblit; il réfléchit qu'il va rentrer en retard, que sa femme lui fera sans doute une scène, que son rôti sera brûlé. Un fiacre allègre longe le trottoir. O tentation!... Le client sérieux tâte son gousset. Il a juste la monnaie qu'il faudrait pour payer sa course, de cette futile petite monnaie qui ne compte pas, de l'argent de poche. Et allez donc! Le fiacre est pris...
" Ces manèges divers transforment en un art délicat et charmant le métier de cocher de fiacre, et le cocher de fiacre ingénieux sait associer son cheval à ses manigances. Ah! j'ai passé des heures subtiles avec mon ami!  Le souvenir m'en est encore présent. Nous avons spéculé tous deux avec une habileté remarquable sur les passions humaines. Nous avions l'air tout simplement d'un cheval et de son cocher; mais nous fûmes des psychologues.
" Et c'est nous que vont tenter de remplacer désormais de stupides machines, plus résistantes que ne peut l'être un animal, sans doute, mais dénuées de savoir-faire, brutales et sottes.. Et laides encore, par dessus le marché!
" Ah! cette heure est mélancolique. Le soleil se couche dans la brume. Le pâturage où je rêvasse est triste à cette fin de jour. Je me sens vieux extrêmement, vieux de toute ma vieillesse et de toute la vieillesse d'une race dont je suis l'un des derniers représentants. Je ne tarderai guère à mourir; Et ma race est condamnée. Il me semble que je meurs plus complètement, avec cette pensée amère de mon espèce qui s'en va. Et mes rêveries se dirigent vers toi, qui sera tout à fait le dernier des chevaux, misérable petit-fils dont j'évoque avec désespoir la falote silhouette.

                                                                                                    André Beaunier.




Lectures pour tous, 1900-1901.

mardi 27 juillet 2021

 Foires aux chevaux.


Les plus importantes de France (classées par ordre alphabétique de départements)? Nous nous sommes adressés pour chaque foire à un médecin-vétérinaire réputé de la région, dont nous donnons l'adresse. Nos lecteurs trouverons ainsi l'avantage, soit d'entrer en correspondance avec ces Messieurs, soit de s'adresser à eux sur le champ de foire avant de faire une acquisition.


- 11 octobre: Bayeux (Calvados); 2-4 novembre: Foire St-Luc.

Concours très important de poulinières 1/2 sang; chevaux, juments et poulains de luxe (Calvados et Manche). Durée: 2 jours. 
Médecin-vétérinaire: M. Rattier, à Bayeux

- 17 octobre: Argences (Calvados).

Concours de poulinières 1/2 sang de bonne origine. Durée: 2 jours.
Vétérinaire: M. Gallier, à Caen.

Caen (Calvados): Foire du premier lundi de Carême

Chevaux d'armes et de commerce. Réunion de 1er ordre. Cette foire succède au Concours de dressage (mercredi et jeudi des Cendres), où paraît l'élite de la production normande, et commence en réalité le vendredi qui précède le 1er lundi de carême. Durée : 4 jours.
Vétérinaire: M. Gallier, à Caen.

- Foire de Caen .

Commence  le vendredi, 12 jours après Pâques, et finit le lundi suivant.
Beaucoup de chevaux de trait.
Dans les foires de Normandie, les acquisitions les plus importantes se font la veille dans les écuries, ou le matin du 1er jour, à la 1re heure. 
Durée: 4 jours.
Vétérinaire: M. Gallier, à Caen.

- 1er septembre: Condé-sur-Noireau (Calvados).

Foire importante, chevaux de trait légers; durée: 1 jour.
Vétérinaire: M. Gallier, à Caen.

- 8 août: Falaise (Calvados).

La plus grande foire de France. Chevaux de luxe et de toute catégorie. Durée: 7 jours.
Vétérinaire: M. Leclerc à Falaise.

- 1er mardi de juillet: Formigny (Calvados).

Chevaux et juments de luxe et de remonte: peu de choix.
Vétérinaire: M. Barbey à Mandeville.


- 18 juillet: St-Omer (Calvados). La St-Clair.

Chevaux normandes de toute catégorie. Choix nombreux, la veille, à Pont-d'Ouilly
vétérinaire: M. Leclerc à Falaise.

- 23-27 septembre: Vire (Calvados). La St-Michel.

Chevaux d'âge et poulains de culture. Durée: 8 jours.
Vétérinaire: M. Blondeau, à Vire.

- 11 novembre: Rochefort (Charente-Inférieure).

Foire importante pour les poulains au sevrage. On trouvera en tout temps, à l'école de dressage des chevaux 1/2 sang carrossiers et de selle.
Vétérinaire: M. Bignoneau, à Rochefort.

- 10 janvier, 22 février, 25 avril: Baugy (Cher).

Chevaux de la Loire et du plateau de Bourges. Gros trait et trait léger. Poulain. Durée: 1 jour.
Vétérinaire: M. Bedin, à Baugy.

- 12 juin, Brive (Corrèze).

Foire franche, chevaux de toutes catégories. Durée: 3 jours.

- 2e, 4e jeudi du Carême: Dinan (Côtes du Nord).

Les plus grandes foires de Bretagne. Chevaux entiers et poulains, de gros trait et de trait léger.
Vétérinaire: M. Deschamps, à Dinan.

- 28 juin, foire du Liège, 29 septembre, foire de la St-Michel.

Foire de Liège: Chevaux, juments et poulains de trait, races de Lannion, de Tréguier et quelques carrossiers du Léon (Finistère). Durée: 3 jours.
Foire de la St-Michel: Chevaux de toute catégorie, du Limousin, du Midi, bretons, normands.
Vétérinaire: M. Tanguy, à Tréguier.

- 8 avril, 14 novembre: foire de la Saint-Martin, Bergerac (Dordogne).

Foire principale. Poulinière, saintongeoises et de Dordogne, chevaux du Midi, poulains.
vétérinaire: M. Pommier, à Bergerac ou M. Epron, à St-Aulaye.

- 30 avril, 11 juin: La Laitière (Dordogne).

Toutes catégories de chevaux du Limousin, de l'Auvergne et du Midi, poitevins 1/2 luxe. Durée: 4 jours.
Vétérinaire: M. Siron, à Ribérac.

- 17 juillet, 10 août: près de St- Aulaye. (Dordogne).

Toutes catégories de chevaux du Limousin, de l'Auvergne et du Midi.
Vétérinaire: M. Siron, à Ribérac.

- 8 juillet, Montpazier (Dordogne).

Toutes catégories de chevaux du Limousin, de l'Auvergne et du Midi.
Vétérinaire: M. Magimet, à Montpazier.

- 25-26 novembre, Eymet (Dordogne).
- 29 mai, Périgueux.

Importante réunion. Grand choix de chevaux du Limousin. Quand le 26 tombe un dimanche, la foire est remise au 27. Durée: 2 jours.
Vétérinaire: M. Peynaud, à Périgueux.

- Vendredi et samedi de la Passion et dernier samedi de l'année, la St- Mémoire, Bernay (Eure). La foire fleurie.

Chevaux de toutes catégories pour l'artillerie. Les affaires importantes se traitent les jours précédents, dans les écuries. Durée: 2 jours.
Vétérinaire: M. Souchet, à Bernay.

- 1er lundi de mars, 1er septembre, Bonneval (Eure et Loir).

1er septembre, foire de Saint-Gilles. Chevaux percherons. Durée: 1 jour. Les affaires se traitent surtout la veille au soir.
Vétérinaire: M. Bigot à Bonneval.

- 6 février, 6 mars, 24 avril, La Loupe (Eure et Loir).

Chevaux percherons entiers, de trait léger et de poste.
Vétérinaire: M. Estradère à La Loupe.


etc., etc...

Almanach Hachette, 1902.





mardi 1 septembre 2020

Le côtier.

Le côtier.


Le jour où sa femme mourut, commença la série noire pour le père Louis, le vieux cordonnier de Montmartre*. Il avait eu sa part de bonheur jusque-là; le travail avait été rude, et maigre le salaire; mais on avait de quoi manger; la femme était ménagère, l'homme ne buvait jamais, et, sous des loques cachées au fond de la grande armoire en noyer, on avait empilé quelques écus. Ne fallait-il pas songer à établir un jour une fillette qui grandissait?
La mort de la femme changea tout cela. Le vieux devint sombre. Il restait des heures entières assis dans son échoppe, sans parler, l’œil fixe, la lèvre pendante, comme abruti. Seulement, quand sa fille revenait de l'atelier, il semblait se réveiller. Il embrassait l'enfant au front, lui souriait tristement, semblait écouter son caquetage d'oiseau lâché, les gros potins et les petites querelles, toutes les nouveautés du jour; puis il retombait dans sa torpeur douloureuse, pendant que sa fille se plongeait avec délices dans le feuilleton du Petit Journal*.
Un soir, elle ne revint pas. La chambre lui avait paru sans doute trop froide et trop nue. Un calicot frisé, qui la reconduisait chaque jour, depuis plusieurs semaines, fit miroiter à ses yeux un avenir couleur de rose, avec encadrement de palissandre, et elle le suivit.
Toute la nuit, le père l'attendit en silence, comptant les heures qui tintaient lugubrement dans la nuit et torturé d'une angoisse atroce où se confondaient ces deux départs. Aucun reproche ne lui montait au cœur contre cet abandon; mais la conscience de sa solitude le troublait profondément.
Dès que le jour vint, il se leva de sa chaise, alla droit à l'armoire, y prit une des pièces de cent sous si péniblement amassées et sortit.
Quand il rentra, il était nuit close. Il avait couru tous les marchands de vin du quartier, buvant des petits verres, cherchant l'ivresse. Sa tête lui semblait lourde, et ses jambes se refusaient à le porter. Il recommença le lendemain, puis les jours suivants, augmentant la dose de sa lente intoxication, toujours ivre, battant les murs et suivi d'une foule de galopins en gaîté.
Son vieux paletot noir portait des traces de boue, les traces de tous les ruisseaux où il avait roulé. Son feutre bossué n'était plus qu'une loque informe. L’œil morne, la lèvre baveuse, il marmonnait en titubant le nom de la femme morte et celui de l'enfant disparue. Mais toujours, il rentrait au logis, avec on ne sait quel espoir confus que le passé n'était qu'un mauvais rêve, éclos dans les brouillards de l'alcool, et que, tout à l'heure, il allait retrouver les êtres chers dans la vieille chambre, toute sonore d'éclats de rire et de chansons.
Mais les réveils du lendemain étaient plus horribles encore. La perception plus nette du malheur le rendait plus insupportable; il cherchait alors dans les écus de l'armoire l'anéantissement et l'oubli. Un matin, le vieux s'aperçut que cette armoire était vide: la dernière pièce de cent sous était envolée! Il sortit alors, sans regarder derrière lui, et quitta sa chambre pour ne plus y revenir. 
Il lui fallut gagner sa vie, pourtant, de quoi retrouver dans l'alcool consolateur l'allègement aux maux soufferts. On lui parla d'un emploi de côtier à la Compagnie des Omnibus*. La besogne était dure, mais n'exigeait pas un long apprentissage; il se présenta et fut embauché.
Il couchait au dépôt de la Compagnie, le plus souvent dans l'écurie même, avec les chevaux, enfoui jusqu'aux yeux dans la paille chaude. Avant l'aube, il se levait. La cour était déserte encore, et les grandes voitures multicolores, rangées par ordre de départ, composaient une masse plus sombre, d'allure fantastique. Les harnachements et les colliers étaient pendus le long des murailles. Les timons dételés laissaient traîner des courroies et des chaînes.
Le vieux côtier saisissait son balai et commençait sa besogne, automatiquement, sans penser; puis, peu à peu, la cour s'animait, les chevaux sortaient des écuries, les cochers et les conducteurs arrivaient, les premiers le fouet à la main, les autres serrant autour de leurs reins la sacoche de cuir. Les voitures sortaient enfin, l'une après l'autre, et se rangeaient à la tête de ligne. Alors, les côtiers habillaient les chevaux de renfort, et gagnaient lentement leurs postes.
Entre ses deux rangées de hautes maisons noires, le faubourg dressait en pente rapide ses pavés rendus glissant par le brouillard. Dans un renfoncement, en bas de la côte, contre un mur couvert d'affiches de toutes couleurs, des manteaux de toile cirée pendaient à des clous; et le long du trottoir, les chevaux de renfort, la tête pendante, l’œil éteint, une jambe repliée, songeaient mélancoliquement, de cet air navré des bêtes malheureuses.
Assis sur son escabeau de bois et vêtu d'une mauvaise blouse bleue, le côtier sommeille, sous son lourd chapeau de cuir bouilli; quand l'omnibus apparaît au tournant de la rue, il prend le cheval de renfort par la bride, l'accroche au timon et marche silencieusement à côté de lui; son fouet à manche court est passé au travers de ses épaules voûtées; et ses deux mains s'y suspendent, comme si elles étaient trop lourdes pour ses bras débiles, et qu'il ne pût pas les porter.
Le cocher lui parle; mais il ne répond guère. Les pieds, chaussés de vieux souliers éculés, dont les fentes laissent apercevoir sa peau gercée, glissent sur le pavé gras, trébuchant, pourtant à faux dans les interstices des pavés. Jamais il ne frappe le pauvre cheval, usé comme lui même, et comme lui résigné. Il gravit péniblement la montée, et redescend vers son poste d'attente, non sans s'arrêter au cabaret, où il laisse presque entièrement son maigre salaire journalier.
A peine mange-t-il. Pourquoi faire? L'alcool le soutient, et le pain lui semble amer. Jamais une larme, pourtant. A de rares intervalles, quand il est assis sur son escabeau, la tête entre ses mains, l’œil fixe, un profond et silencieux soupir s'échappe de sa poitrine lasse. Il tâte alors ses poches, d'un geste brusque, et, s'il y trouve encore quelque menue monnaie, il retourne chez le marchand de vin. Mais si forte que soit son ivresse, il ne le fait plus trébucher comme aux premiers jours. Il marche plus droit, au contraire; une chaleur inconnue lui brûle la poitrine et lui fait monter le sang aux joues; il ne pense plus et ne se souvient pas.
La nuit, il rentre au dépôt, remet son cheval à l'écurie, et s'endort d'un sommeil de plomb sans rêver, pour recommencer le lendemain. Il ne souhaite même plus de mourir, tant la bête a tué l'homme en lui.
Mais un matin, sans doute, on le retrouvera mort, raide et glacé, dans son linceul de paille, ou bien quelque cheval en gaîté fracassera d'un coup de sabot ce pauvre crâne, où dansent parfois encore, dans le brouillard de l'ivresse, les fantômes indécis des êtres aimés.

                                                                                                           Georges Lefèvre.

La Vie populaire, jeudi 23 juillet 1885.

* Nota de Célestin Mira

* Cordonniers de village:



* Le Petit journal:



* Les côtiers étaient chargés d'amener un cheval supplémentaire pour soulager l'attelage afin de franchir les côtes.



lundi 12 mars 2018

Les chevaux de napoléon.

Les chevaux de Napoléon.

Napoléon 1er avait plus de vingt chevaux de bataille. C'était, dira-t-on, un cavalier passionné. Que non pas! L'Empereur avait été trop souvent désarçonné par ses montures pour ne pas être un peu ému chaque fois qu'il en essayait une nouvelle.
Pourtant, les bêtes qui devaient avoir un jour l'honneur d'entrer dans ses écuries étaient remarquablement dressées. C'était l'écuyer Jardin père, qui était chargé de les assouplir. Et il n'était pas de moyens que cet habile homme n'employât pour arriver à fournir à son illustre maître des chevaux de tout repos.
On les fustigeait cruellement, et le plus souvent sans prétexte, on battait du tambour près d'eux, on leur tirait des pétards aux oreilles, on agitait des drapeaux devant leurs yeux; on leur jetait dans les jambes toutes sortes d'objets et jusqu'à des animaux vivants, tels que des moutons ou des porcs.
Quand on était arrivé à leur faire subir journellement toutes ces épreuves sans qu'ils donnassent le moindre signe de frayeur, les pauvres animaux étaient déclarés bons pour le service de l'Empereur.
Dans les dernières années de son règne, Napoléon avait pour monture favorite un cheval arabe pour lequel il éprouvait une véritable affection*. C'est que l'on eût dit que cette bête savait qui elle avait l'honneur de porter. Quand elle était au repos, attendant que l'Empereur la demandât, elle portait la tête basse, avait l’œil terne, et restait immobile, comme un cheval fourbu. Mais sitôt que les tambours battaient aux champs, annonçant l'arrivée de Napoléon, l'animal était comme transfiguré. Il se redressait, son œil brillait; il piaffait joyeusement; et jamais l'Empereur passant ses troupes en revue, n'avait plus grand air que quand il montait ce singulier cheval qui se transformait à son approche.
A Wagram, Napoléon montait un cheval blanc du nom d'Ali, qui avait été pris en Egypte sur Ali-Bey, par un dragon du 18e régiment. Le soldat le monta quelque temps; puis, après une escarmouche, la bête tomba entre les mains des Mamelucks, mais les Français le reprirent peu après, et on le vendit au premier Consul dont elle fut longtemps la monture favorite.
Aux jours de bataille, les chevaux que montait l'empereur faisait l'admiration de tous ceux qui ne savaient pas par quels prodiges de patience on arrivait à les dresser. Bien souvent, on vit des obus éclater près d'eux sans qu'ils fissent un écart.

Mon dimanche, revue populaire illustrée, 1er septembre 1907.

* Nota de Célestin mira:

Il s'agit probablement de Vizir, un cheval arabe offert par la Turquie à Napoléon et qui devint son cheval préféré. Napoléon fit les campagnes de Prusse et de Pologne sur ce cheval qui le suivit dans son exil sur l'île d'Elbe. Vizir mourut à l'âge de 33 ans et fut naturalisé. après avoir appartenu à de nombreux propriétaires, il fut restauré et appartient depuis 2004 au Musée de l'Armée.



Napoléon et Vizir par Ernest Meissonier.


La restauration de Vizir.
(France-info, Culturebox, Stéphane Hilarion)

jeudi 1 septembre 2016

Le monsieur qui a des chevaux.

Le monsieur qui a des chevaux.


Le monsieur ou la dame qui a chevaux et voitures ne s'en sert jamais ou que très rarement. Il a pour principe que les chevaux sont des objets de luxe qu'il ne faut pas exposer à la poussière et que les voitures sont des bibelots fragiles, destinés au musée de Cluny, comme les carrosses de Louis XIV.
C'est tout au plus si le monsieur qui a voitures et chevaux consent à en user pour aller en promenade. Encore n'est-ce que pour faire admirer ses équipages par ses amis et connaissances qui vont au Bois. Dans ce cas, les chevaux pur sang vont au pas, tout au plus au petit trot et rentrent après deux heures d'une courte excursion hygiénique.
Le monsieur qui a voitures et chevaux prend une voiture à son cercle pour aller à travers Paris. Quand il fait un voyage, il envoie chercher un petit omnibus de chemin de fer. Quand il va au théâtre, il a recours à un fiacre, à moins qu'il ne s'agisse de l'Opéra ou de l'Opéra-Comique le samedi.
Quand le monsieur qui a chevaux et voitures tente de s'en servir, le cocher s'y oppose formellement. Selon les occasions, le cheval a toussé ou il a mal à la jambe, ou il ne tient pas le pavé. Tantôt c'est la voiture dont monsieur a besoin qui est chez le carrossier pour une réparation urgente. Si monsieur est pressé et ordonne qu'on attelle, c'est si long, si long que monsieur s'impatiente et finit par envoyer chercher un fiacre.




Une bonne écurie parisienne, avec sa remise pour quatre voitures, coûte au minimum trente mille francs. En supprimant les mois où l'on est à la mer, à la chasse et dans le Midi, il appert qu'on ne fait pas atteler plus de dix fois par mois, en moyenne, soit cent vingt jours par an: ce qui met la course à deux cent cinquante francs, sans compter le pourboire.
Les écuries et les remises ne sont que des produits de la vanité. Il n'y a de vrai que les voitures et les chevaux qu'on loue au mois et qu'on ne ménage pas. Du moment que vous avez un cheval qui vous est inutile,  n'en ayez pas.
Il vous arrive de rencontrer à chaque instant un riche seigneur marchant à pied.
- Vous, à pied? lui dites-vous avec étonnement.
- C'est pour laisser reposer mes chevaux! vous répond ce riche seigneur.




C'est en réalité le cocher qui jouit de l'écurie et de la remise. Il est en quelque sorte, le conservateur d'un musée où il n'a rien à faire.

Physiologies parisiennes, Albert Millaud, 1887, à la librairie parisienne, illustrations de Caran d'Ache, Frick et Job.

mercredi 22 juin 2016

Le bain des chevaux.

Le bain des chevaux
    au quai d'Orsay, à Paris.







Le Petit Moniteur illustré, dimanche 24 août 1890.

mardi 15 avril 2014

Souliers pour chevaux.

Souliers pour chevaux.

L'administration des postes américaines a lancé cette année une invention aussi ingénieuse que pratique. On sait que les wagons postaux, aux Etats-Unis, ont à franchir, traînés par des chevaux, de vastes étendues couvertes de neige, où la marche devient pénible pour les chevaux les plus vigoureux. Grâce aux galoches dont on chausse désormais les chevaux, les difficultés du voyage sont considérablement réduites.



Ce soulier à neige comporte une double planchette longue de 20 pouces sur 15 pouces de large, d'un bois léger et résistant. A l'aide d'un fer à cheval chauffé à blanc, on pratique sur la planchette une "identation" où le sabot de la bête s'adapte exactement; une emboîture de fer, qui se ferme à l'aide d'un écrou, sert de lacet à cette chaussure chevaline.

Mon Dimanche, revue populaire illustrée, 29 mars 1903.

jeudi 16 janvier 2014

Les chevaux des pampas de la République argentine.


Les chevaux des pampas de la République argentine.

Un de nos lecteurs de Buenos-Ayres nous envoie les intéressants renseignements qui suivent sur les chevaux des pampas: 
" La République argentine compte dans ses prairies (pampas) trois millions de chevaux, d'origine arabe, puisqu'ils ont été importées d'Andalousie; leurs conditions spéciales de beauté, de force et de résistance, sont bien connues; dans l'armée française on commence à les utiliser, et dans nos grandes fermes (estancias) leurs services sont incomparables.
On cite nombre de prouesses réalisées avec ces chevaux par nos campagnards (gauchos) : on cite souvent des trajets de 200 kilomètres exécutés en un jour (24 heures) par de bons cavaliers. Pour apprécier la résistance des chevaux, on a eu l'idée d'établir un concours qui, sous le nom de course de résistance, a eu lieu à Ayacucho. Les chevaux devaient marcher pendant 10 heures, les cavaliers pouvaient, à volonté, s'arrêter, descendre, aller au pas, au trot et au galop. Le nombre des concurrents s'est élevé à dix, la course a été gagnée par le Recluta appartenant à M. Baudrix. Ce cheval a fait 28 lieues espagnoles de 5, 129 km, c'est à dire 143 km 1/2 dans l'espace de temps compris entre 7 heures du matin et 5 heures du soir, c'est à dire en 10 heures."

La Petite Revue, premier semestre 1889.