Translate

samedi 4 juillet 2026

 Les animaux-machines.


Le phoque.




Descartes prétend que les bêtes ne sont que des machines, et naguère un professeur soutenait que les locomotives n'étaient que des bêtes où le charbon est digéré par la chaleur d'un vigoureux estomac.
Quoi qu'il en soit, nous remarquons que les animaux, dont la force était appliquée par nos pères à un travail, comme l'étaient les chevaux et les bœufs, sont de plus en plus remplacés par les machines, on tire les voitures par la vapeur, on laboure par l'électricité.
Mais, d'autre part, les animaux, qui n'étaient pas employés par nos pères à tirer, sont attelés à diverses mécaniques; nous avons vu, il y a quelques semaines, les cruelles machines à coudre qui marchent sous les pattes d'un caniche, et l'on nous a écrit que la Société protectrice des animaux devait intervenir pour rendre les caniches à des occupations moins pénibles.
Voici aujourd'hui que, sans parler des nombreuses voitures à chèvres de nos grandes villes, nous recevons de Londres une gravure représentant l'emploi qui est fait du chien des mers, le phoque, dans un vaste bassin de la ville. On l'attelle à une chaloupe, un enfant le guide de la voix, et il obéit; il traîne son véhicule avec une grande promptitude et sans suer. 





L'on conçoit qu'une troupe de phoques, bien dressés, conduirait un gros navire jusqu'au pôle nord..., s'ils étaient mal dressés jusqu'au fond de la mer.
Le phoque est un animal très doux qu'on employait seulement à titre de bête savante dans les foires, il disait papa, jouait de la guitare, les nouvelles fonctions qui lui assureraient un travail utile, sans sortir de son élément, constitueraient pour lui un avancement.
Le phoque est le seul des habitants de l'eau qui ait un instinct distingué et capable de comprendre les volontés d'un maître et de s'y soumettre, il est sur l'eau un peu ce que le chien est sur terre; il est d'ailleurs amphibie. L'idée de l'associer aux navigations de l'homme est donc une curiosité à signaler. Il n'y a qu'un siècle, la vapeur a tout changé sur la mer, malgré les rires des savants, pourquoi le phoque n'aurait-il pas la même fortune? Ce serait trop beau.

Le Pèlerin, 15 mai 1880.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire