Une fermière battant le beurre.
Cette estampe, d'auteur inconnu, date de 1640 environ et représente une femme battant le beurre.
Dans le texte écrit au bas de l'image, la paysanne se plaint de la dureté de la tâche.
Je veux chercher d'autres esbats
Que ceux du beurre que je bats,
C'est trop pénible exercice;
Desja ce mestier me deplait,
Il vaut mieux que je sois Nourrice
Pour faire proffit de mon laict.
Elle estime que ce métier est trop dur (C'est trop pénible exercice) et qu'elle tirerait plus de profit de son propre lait plutôt que de celui des vaches.
La baratte est de forme conique, en bois cerclé de cordes. La fermière utilise un bâton pour tourner la crème du lait afin de la transformer en beurre.
A cette époque, les femmes de la noblesse et de la bourgeoisie n'allaitaient pas leurs enfants. L'astreinte de l'allaitement constituait une entrave à la vie mondaine. Par ailleurs, tant les médecins que les religieux prétendaient que les rapports sexuels pendant la période d'allaitement corrompaient le lait. Si on ajoute le fait que la mortalité infantile était considérable et que le moyen d'assurer sa descendance consistait à faire le plus d'enfants possible, le recours à une nourrice permettait une reprise rapide des relations conjugales et donc de régler le problème.
Il nous reste de cette époque l'expression "battre le beurre" ( ne concernant pas seulement ma sœur!) qui signifie 'brasser de l'air" ou faire des efforts sans obtenir de résultats probants.
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