Les loisirs de Rembrandt.
Cette gravure de Rembrandt van Rijn, datant de 1646 est intitulée "Le lit à la française". Ce titre est sans rapport avec la scène mais concerne le meuble, un lit à baldaquin autoportant, appelés "lits en tombeau", luxueux et très à la mode en France à cette époque. Ce type de lit était alors très peu connu en Hollande où les lits-clos étaient la règle: couchettes encastrées dans les murs ou dans des placards de bois.
Contrairement aux habitudes de l'époque où l'érotisme était caché dans des scènes mythologiques ou bibliques, Rembrandt représente une scène réaliste où l'on voit un couple faire l'amour. Cette liberté a dû susciter le rejet de ses contemporains, puisqu'il a, par la suite, retiré sa signature de la plaque d'impression.
A noter que la femme possède trois bras!! un droit et deux gauches. Cette particularité à provoqué de nombreux débats qui ont conclu à deux hypothèses:
1° Une modification de composition. Rembrandt, qui avait d'abord dessiné le bras gauche de la femme entourant le bas du dos de l'homme pour accentuer l'étreinte, aurait changé d'avis pour donner plus de dynamisme à la scène.
2° Un choix artistique volontaire. Rembrandt aurait volontairement créé un effet "cinématographique" avant l'heure, afin de donner une impression de mouvement dans les ébats amoureux.
Quelques détails significatifs sont à noter:
On voit sur un pilier du lit un chapeau à plume d'autruche. En hollande, à cette époque le chapeau à plume était l'attribut des courtisanes et des libertins. L'homme a jeté rapidement son chapeau avant de grimper dans le lit ce qui suppose une certaine hâte. Par ailleurs, les deux protagonistes ont gardé leurs vêtements contrairement aux scènes mythologiques où les acteurs sont nus. L'homme a retiré ses chausses (son pantalon), mais il a gardé sa veste et sa chemise qui se trouvent retroussés par l'étreinte. La femme, elle aussi, a ses vêtements retroussés vers le haut. Ces détails laissent entendre que le désir était tel qu'aucun n'a prit le temps de se déshabiller, prouvant que les deux ont succombé à l'appel de la chair, attitude scandaleuse à l'époque.
Cette gravure de Rembrandt est intitulée "Joseph et la femme de Putiphar" et date de 1634.
Elle représente un épisode du livre de la Genèse de la Bible. Putiphar est un haut fonctionnaire égyptien de Pharaon. Putiphar achète Joseph comme esclave à des marchands madianites et ismaélites. Le femme de Putiphar, tombée amoureuse de Joseph, tente à plusieurs reprises de le séduire. Devant sa résistance, elle accuse Joseph de viol.
La scène de l'estampe montre la femme de Putiphar, nue dans son lit, tentant d'attirer à elle Joseph qui résiste et tente de s'enfuir. Il réussira à s'extirper de cette situation en abandonnant son manteau à la femme de Putiphar.
Certains détails ont intrigué et fait couler beaucoup d'encre.
Le premier d'entre eux et le plus visible est la présence d'un pot de chambre placé en évidence sous le lit. Ce détail trivial a été considéré comme une touche d'humour de la part de Rembrandt afin d'ancrer le récit biblique dans la réalité prosaïque du quotidien et de rappeler la futilité du désir non assouvi.
Rembrandt s'est inspiré de la célèbre "Vénus accroupie" dont de nombreux exemplaires ont été découvert sur des site de fouilles romaines en Italie et en France, pour dessiner le corps nu et tordu de la femme de Putiphar. Certains spécialistes de Rembrandt rappellent qu'il refusait de dessiner les corps d'après les statues antiques aux formes lisses et standards, et qu'il préférait ceux des lavandières ou des femmes de bourgeois. C'est la raison pour laquelle la femme de Putiphar présente un corps imparfait avec des plis de peau reflétant la réalité.
Estampe de Rembrandt nommée " Le Moine dans le champ de blé" de 1646.
Caché par les blés un moine franciscain identifié grâce à sa tonsure et sa robe de bure, fait l'amour à une paysanne. En arrière plan, un faucheur poursuit sa besogne, ignorant ce qui se passe.
"Le joueur de flûte" de Rembrandt datant de 1642.
Il s'agit d'une scène pastorale où un jeune homme joue de la flûte près d'une jeune femme qui tisse une couronne de fleurs. à droite, un troupeau de moutons et de chèvres est présent.
Sous son apparence innocente, la scène comporte plusieurs sous-entendus érotiques:
- la flûte pointée sous la jupe de la jeune fille symbolise le désir.
- le hibou sur l'épaule du garçon représente la folie ou la luxure.
- un visage mystérieux, peu visible, dissimulé dans les feuillages qui incarne l'image du voyeur.
Autre dérivatif de Rembrandt intitulé: "homme et femme faisant de l'eau" qui se passe de commentaires.



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