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lundi 2 février 2015

Coureurs et marcheurs.

Coureurs et marcheurs.

La reprise des exercices en plein air et la nouvelle éducation physique prêtent de l'intérêt à un article publié par la Nature (n° du 6 avril) sur la vitesse de la marche et de la course.
Cette vitesse est pour un marcheur isolé de 6 kilomètres à l'heure. Avec de l'exercice on peut faire ses 8 kilomètres dans le même temps. La marche précipitée peut aller jusqu'à 9.389 mètres par heure.
Un marcheur très entraîné peut arriver à faire 120 kilomètres par jour, et 15 kilomètres par heure, mais ce sont là les limites maximum de la vitesse. Elles correspondent à la vitesse moyenne du cheval monté.
Le chiffre de 120 kilomètres par jour étaient normal chez les coureurs entretenus au siècle dernier, par ce grand seigneur anglais, avant l'établissement de la poste. Quand les marcheurs sont en troupe, la vitesse diminue sensiblement à cause des fluctuations de la colonne. On ne compte dans ce cas comme vitesse ordinaire que 4 kilomètres à l'heure.

La Petite Revue, deuxième semestre 1889.

L'abus du tabac.

L'abus du tabac.

Il paraît que le nombre toujours croissant des fumeurs précoces préoccupe fortement l'opinion publique aux Etats-Unis, et que l'on se dispose à prendre, dans divers Etats, des mesures législatives pour préserver la santé des enfants des désastreux effets du tabac. 
L'Etat du Connecticut a même déjà voté une loi interdisant l'usage du tabac aux enfants de moins de seize ans. Cette nouvelle loi est d'ailleurs très sévère: elle déclare que toute personne qui vendra, donnera ou délivrera des cigarettes ou du tabac à un mineur de moins de seize ans, sera passible, pour chaque fait de ce genre, d'une amende pouvant s'élever à 250 francs. 
D'autre part, tout enfant âgé de moins de seize ans qui sera surpris fumant dans la rue ou dans un endroit public, sera puni d'une amende, dont le maximum est de 35 francs.

La Petite Revue, deuxième semestre 1889.

L'épuisement des sources de pétrole.

L'épuisement des sources de pétrole.

S'il faut en croire un journal des Etats-Unis, le Globe qui fait autorité, les grands dépôts de pétrole des Etats de New-York et de Pensylvanie seraient en voie d'épuisement rapide et la production quotidienne serait tombée de 100.000 à 43.000 barils au plus.
Il y a eu en tout 60.000 puits creusés dans les deux Etats ci-dessus, dont 40.000 ont fourni du pétrole. Le grand dépôt de Bradford, qui a fourni à la consommation l'énorme quantité de 143 millions de barils est aujourd'hui épuisé. Dans la région de Bradford, les opérations sont devenues nulles ou à peu près. Les champs de pétrole de Oil Creek qui à un moment étonnèrent le monde, sont aujourd'hui presque à sec.
Là où il y a quelques années on trouvait des puits fournissant chaque jour des millions de gallons de liquide inflammable, on ne voit que de minces filons donnant à peine cinq barils par vingt-quatre heures. Les comtés d'Armstrong et de Butler, qui ont fourni jusqu'à ces derniers jours un total de 83.000.000 de barils, n'en contiennent presque plus. 
La probabilité de découverte de nouveaux dépôts de pétrole a été fort affaiblie par le résultat à peu près négatif des nombreuses recherches faites pour trouver le gaz naturel. Presque toutes les localités de l'Ouest ont pratiqué chacune deux à quatre forages au moins et à chaque opération, qu'on ait ou non rencontrer du gaz, a eu pour effet de faire constater l'absence du pétrole. Si les cinq cents forages qui se pratiquent en ce moment n'amènent point de résultat satisfaisant l'avenir du pétrole américain paraîtra quelque peu compromis.
Nous donnerons prochainement des détails sur cette intéressante industrie qui, depuis longtemps, n'est plus le monopole des Etats-Unis.

La Petite Revue, deuxième semestre 1889.

La crémation.

La crémation.

On vient d'expérimenter à l'usine de l'air comprimé, rue Saint-Fargeau, un nouveau four crématoire, inventé par M. Pierre Guichard, conseiller municipal de Paris.
Dans ce nouvel appareil, le gaz d'éclairage, activé par l'air comprimé, remplace le bois, employé jusqu'alors comme combustible. Seize chalumeaux, disposés dans les parois du four, amènent le gaz et l'air comprimé, pris aux conduites de l'usines, et la température s'élève rapidement à 1.600 ou 1.700 degrés. La flamme attaque de tous les côtés à la fois le corps à incinérer et les tissus, les viscères sont complètement détruits à raison de 1.500 grammes environ par minute.
Les expériences ont été faites avec deux moutons qu'on avait ensevelis, placés en bière et entourés de sciure de bois, comme s'il se fut agi de cadavres humains. Le premier corps, qui pesait soixante kilogrammes, a été complètement détruit en quarante minutes; le second pesant cinquante-trois kilogrammes, en trente-cinq minutes.

La Petite Revue, deuxième semestre 1889.

dimanche 1 février 2015

L'art d'empailler les oiseaux.

L'art d'empailler les oiseaux.

Plusieurs de nos lecteurs nous ont demandé le moyen de conserver les oiseaux tués à la chasse; nous leur donnons, non-seulement ce moyen, mais encore celui de les empailler et de les monter. Nous passerons aussi en revue une série d'industries d'amateurs qui, nous en sommes convaincus, les intéresserons.

L'art d'empailler les oiseaux, se compose de quatre opérations différentes: le nettoyage, le dépouillement, le bourrage et le montage.

Première opération: Nettoyage.

Les oiseaux s'obtiennent ordinairement par deux moyens: la glu et le coup de fusil. Dans les deux cas, le plumage est plus ou moins sali, soit par la boue, soit par le sang; il faut faire disparaître toutes ces souillures avant le dépouillement.
La glu s'enlève au moyen de beurre frais ou d'huile d'olive. L'oiseau est suspendu par un fil passé dans les narines, on frotte légèrement les parties maculées jusqu'à ce que la glu soit enlevée; les plumes sont ensuite dégraissées au moyen d'une solution de potasse et enfin lavée à l'eau fraîche.
Pour faire disparaître les taches de sang, on lave le plumage avec une eau de savon très légère, et l'on rince à l'eau pure. Ces opérations terminées, il faut sécher les plumes le plus promptement possible. Voici le meilleur moyen adopté: les plumes lavées sont saupoudrées de plâtre fin, pulvérisé, qu'on détache, à l'aide du scalpel, à mesure qu'il forme croûte et qu'on a soin de renouveler tant qu'il reste la plus légère trace d'humidité. Il est expressément recommandé de ne pas ménager le plâtre; l'excès ne peut avoir d'inconvénient, la parcimonie aurait celui de laisser la dessiccation imparfaite.

Deuxième opération: Dépouillement.

Avant de décrire cette opération, qui est la plus délicate de l'art de l'empailleur, indiquons les principaux outils, dont doivent se munir les amateurs: un assortiment de bruxelles, pinces à dissection, de différentes grandeurs, un scalpel, un cure-crâne, une pince plate, une pince à pansement, une pince coupante. Joignez à cela, un léger marteau, une petite scie à main, une lime fine et une moyenne, des vrilles de différentes grosseurs, des aiguilles, du fil de fer de plusieurs grosseurs, deux pinceaux en crins et un blaireau. Ainsi équipés, vous aurez tout l'attirail nécessaire pour empailler et monter les oiseaux.
Voici, maintenant, comment il convient de procéder au dépouillement; avant tout, il faut boucher avec du plâtre le bec de l'oiseau et ses narines qu'on aura grand soin de ne pas déformer. Cette précaution a pour but d'empêcher les matières contenues dans l'estomac de s'épancher par le bec et d'endommager le plumage. L'oiseau est placé sur le dos, la tête du côté gauche de l'opérateur. De la main gauche, celui-ci écarte délicatement les plumes et met la peau à découvert sur une ligne partant de l’œsophage et longeant le sternum (os de l'estomac) , puis il pratique, à l'aide du scalpel, la première incision, de la fourchette du sternum jusqu'au ventre. On écarte alors les deux lèvres et on détache la peau sur le muscle à l'aide du manche plat du scalpel aussi loin que possible sous l'aile, en ayant soin de saupoudrer abondamment de plâtre pour empêcher que la peau ne se rattache aux chairs. L'autre côté s'enlève de la même façon. Quand le dépouillement atteint la naissance des ailes, celles-ci sont coupées avec les ciseaux courbes, et détachées du corps le plus adroitement possible, puis la peau est détachée autour de la base du cou qui doit être tranché le plus près possible du corps. A ce moment, on retourne comme un gant la peau à laquelle tiennent le cou et les deux ailes, et on la descend vers la queue en découvrant le corps. On agit alors pour les pattes comme pour les ailes et la peau descend jusqu'au coccyx que l'on écorche à moitié et que l'on tranche, ce qui termine la principale opération du dépouillement. 
Il reste maintenant à induire la peau de préservatif.

                                                                                                                           (A suivre)

La Petite Revue, premier semestre 1889.

Le lieutenant Wissmann.

Le lieutenant Wiessmann.


On a beaucoup parlé, ces temps derniers, de cet explorateur allemand qui a eu les honneurs d'une séance au Parlement, et dont le départ pour la côte de Zanzibar, en Afrique, est très prochain.
Wissmann est une des figures en vue de notre temps, et nos lecteurs sont sans doute désireux d'avoir quelques notes biographiques sur un homme qui est appelé à jouer bientôt un rôle marquant dans les événements de l'Afrique orientale.
Hermann Wissmann est né le 4 septembre 1859 à Francfort-sur-l'Oder, où son père occupait un poste officiel. Tout enfant, il faisait preuve de bravoure et de décision. Aussi le destinait-on à la carrière militaire. A vingt ans, il était officier dans un régiment d'infanterie mecklembourgeoise. Les grandes aventures de Livingstone, de Schweinfurth, de Stanley hantaient son imagination; la lecture de leurs ouvrages le passionnait; il admirait l'héroïsme de leurs entreprises, il sentait son cœur palpiter au récit de leurs dangers et il aspirait à les partager. Le hasard fit que Pogge, au retour d'une expédition en Afrique, vint à Rostock où Wissmann était en garnison; ils s'y lièrent et il fut convenu qu'à la première occasion ils repartiraient ensemble.


Le jeune officier s'adressa à cet effet à l'association africaine de Berlin, dont Schweinfurth (mort en 1885) était alors président. On n'acquiesça pas tout de suite à sa demande. On lui représenta que le courage ne suffit pas à un explorateur, qu'il doit être tout autant armé de connaissances, s'entendre en astronomie, en météorologie, en géologie, en zoologie, en topographie, en géodésie, et posséder sérieusement toutes ces sciences dont, le cas échéant, il doit savoir et pouvoir tirer parti. Il s'appliqua résolument à ces différentes études et put enfin, au bout de quelques mois, réaliser ses espérances.
Pogge et Wissmann quittèrent Hambourg le 19 novembre 1880 et arrivèrent le 7 janvier 1881 à Saint-Paul de Loanda. Puis ils se dirigèrent vers Lubuku "la Terre d'Amitié" qu'ils allaient explorer pour la première fois. Ils atteignirent Nyangwe, qui avait été le point de départ de Stanley. Là, ils se séparèrent. Pogge prit la route de Lubuku, Wissmann alla vers l'Orient. Le 14 novembre 1882 il eut le bonheur de voir l'Océan Indien. C'était la première fois qu'un Allemand avait traversé l'Afrique centrale et qu'un Européen avait fait cette expédition de l'Ouest à l'Est du Continent noir. 
Le lendemain, il était à Saadani sur la côte. A partir de ce moment la renommée de Wissmann était fondée. En 1883, le roi Léopold II le chargea d'explorer le bassin méridional du Congo; il partit le 16 novembre de la même année. Son expédition a été racontée par lui-même. Elle fut difficile et plusieurs de ses compagnons, appartenant presque tous à l'armée allemande, y périrent. Ceux qui survécurent purent s'enorgueillir d'avoir exploré les affluents du Kassaï, problème qui avait été proposé à leurs recherches. Le 9 juillet 1885, ils découvrirent un large cours d'eau où se jetait le Kassaï: c'était le Congo. Avec leurs longues vues, ils aperçurent sur l'autre rive un pavillon bleu orné d'une étoile d'or. Une salve de coups de fusils les accueillit. C'était deux Européens entourés de noirs qui leur apprenaient que la civilisation avait pris possession de cette terre. Wissmann venait de faire la rencontre de deux employés de cet Etat du Congo, dont il ignorait l'existence, et qui s'était fondé, pendant qu'il cherchait lui-même sa voie dans ces régions.
En septembre 1885, atteint de la fièvre, il dut quitter le Congo et se rendit à Madère. Mais à peine rétabli, il repartit, sur la demande du roi des Belges, et fit le voyage des bouches du Congo à celles du Zambèze. Il y fut témoin des horreurs de l'esclavage, et telle fut l'impression navrante qu'il en ressentit, que tous ses efforts tendirent à combattre ce fléau. Le gouvernement apprécia ses mérites. La mission qui vient de lui être confiée en est la preuve. On ne peut prévoir ce que réserve l'avenir, mais il est certain que ses hautes qualités le mettent au premier rang des pionniers contemporains.

                                                                                                                   Ch. Simond.

La Petite Revue, premier semestre 1889.

Chronique du Journal de Dimanche.

Chronique.


Hier, à la tombée du jour, une magnifique crinoline, qui cherchait dans une des avenues de la ville de la fraîcheur, la solitude et peut-être autre chose, a été bien involontairement le théâtre d'un duel qui n'a pas eu heureusement de conséquences funestes.
Pendant que cette splendide futaille, cerclée de volants en dentelle, se balançait sans penser à rien à l'ombre des tilleuls, un jeune toutou courait éperdu dans l'allée, poursuivi par un chien beaucoup plus gros, qu'il avait eu l'imprudence d'agacer. Le roquet, ne sachant à quel refuge se vouer, profite d'un moment où la crinoline est relevée par un de ces balancements gracieux que tout le monde connait, et il se glisse sous le dôme de baleine, d'où il nargue en jappant son ennemi.
Celui-ci tourne autour de la place; la dame à la crinoline, désirant se débarrasser au plus vite de l'hôte inattendu qui vient de violer le sanctuaire, lève imprudemment sa jupe pour chasser le roquet; mais, hélas! le gros chien profite à son tour du passage qui lui est ouvert; il se précipite sous la cloche, où s'engage alors une lutte désespérée avec accompagnements d'aboiements et de soubresauts furieux. Dire les péripéties de ce duel homérique, les cris d'effroi de la dame, les convulsions de la crinoline agitée par cette tempête intestine, c'est impossible... Nul n'a pu pénétrer non plus les mystères des désordres intérieurs causés par ce combat mémorable.
Ce fait, qui nous est garanti par un témoin oculaire, est un trait de plus à l'histoire des malheurs de la crinoline. On se demande s'il ne serait pas possible de parer à cet inconvénient en armant le bas des jupes d'un cercle de pointes de fer comme celles qui défendent l'entrée des parcs. Cela mérite réflexion.

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L'autorité judiciaire de Lot-et-Garonne vient de commencer une instruction sur un crime entouré de circonstances affreuses.
Une servante a mis au monde un enfant vivant, et, le soir, le croyant mort, dit-elle, elle la fait brûler dans le four de son maître.
L'analyse des cendres a révélé, en effet, la présence d'ossements calcinés.

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Un bien malheureux accident est arrivé dimanche dernier, dans l'après-midi, à Saint-Hymer.
Un jeune homme de dix-huit ans, M. Ferray, commis au bureau de l'enregistrement de Pont-l'Evêque, était sorti sur les quatre heures pour chasser dans une propriété voisine de la demeure de son père. Obligé de traverser la route pour rentrer, et n'ayant pas de permis, il introduisit son fusil dans la haie qui sépare sa maison de la propriété  où il se trouvait. De retour chez lui, il voulut retirer son fusil de la haie en le prenant par le canon en avant. Mais, le chien s'était accroché aux broussailles, le coup partit, et le malheureux reçut la charge en pleine poitrine. Il expira sur-le-champ.
Cet événement a produit une profonde sensation dans la commune de Saint-Hymer, où M. Ferray jouissait de l'estime générale.

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M. Victor Pagès, maire de Pradelles-Cavardès, a péri dernièrement victime d'un accident contre lequel auraient dû le prémunir de regrettables et trop nombreuses expériences. Etant à la chasse du lapin dans les broussailles, il eut l'imprudence de prendre son fusil par les canons. Le chien s'étant abattu, l'arme fit feu, et M. Pagès, atteint par la charge, fut tué sur le coup.

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Une jeune femme, tenant dans ses bras un petit enfant, sortit à l'entrée de la nuit la semaine dernière, pour faire rentrer les oies qui s'était introduite dans un fossé, à peu de distance de sa maison. 
Sur le bord du fossé, elle aperçut un chien bouledogue cherchant à mordre des oies, et en même temps elle vit un oison qui mourait. Elle ne doute pas dès lors que ce chien ne l'ait tué et cherche aussitôt à le faire fuir et à ramener les oies dans la basse-cour; mais, le chien se précipitant sur elle, elle se défend avec la main droite et les pieds, heureusement alors armés de sabots; dépose avec la main gauche, en le laissant tomber doucement, son enfant, et, s'armant de toute l'énergie que Dieu a mise dans le cœur d'une mère, prend cet animal par les pattes de devant, le renverse sur le dos en les lui croisant sur le cou, lui pose son genou sur le ventre et se met à crier au secours, tenant toujours dans cette situation ce féroce animal par terre.
Le mari de cette femme était absent, et personne dans ce moment là n'était à la maison. Une voisine, entendant ses cris de détresse, accourt, prend un gros pieu, frappe sur la tête de ce dangereux animal jusqu'à ce qu'il ait cessé de vivre. Ce chien était atteint d'hydrophobie.
Des personnes accourues déclarèrent qu'il était arrivé de côté de Navailles, commune limitrophe de Bournos, et avait mordu plusieurs autres animaux, notamment des oies et des canards.
La femme avait été mordue elle-même aux deux poignets avant qu'elle ait pu prendre l'animal par les pattes, et le sang était sorti en abondance par les plaies qu'il lui avait faites.

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Le nomme P... , compagnon maçon, entra hier au soir dans un bureau de tabac de la rue de Bretagne. Il feignait d'être en affaire pressée avec un individu qu'on ne voyait pas: "Je ne vous demande qu'un instant, un seul, dit-il à cet être imaginaire; je suis à vous dans une minute."
Puis, s'avançant vers le comptoir,: "Madame, dit-il à la marchande, servez-moi vite pour deux sous de tabac, et préparez-moi la monnaie de cinq francs, car je n'ai pas de temps à perdre." Il retourna vers la porte, comme pour causer avec son homme; un instant après, il revint, prit le paquet de tabac, ramassa la monnaie, jeta une pièce de cinq francs et sortit précipitamment. On s'aperçut bientôt que la pièce était fausse; on se mit à sa poursuite et il fut arrêté.
Il a prétendu qu'il ignorait que la pièce fut de mauvais aloi; mais les précautions prises par lui pour la faire passer semblent révéler le contraire. Il a été arrêté, et des recherches sont faites pour savoir si c'est lui qui a fabriqué la pièce fausse ou s'il est seulement l'agent d'individus se livrant à cette fabrication.

Journal du Dimanche, 4 octobre 1857.