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mercredi 29 juillet 2026

Au lit.











Le lit, huile sur carton peint par Henri de Toulouse-Lautrec en 1892.





Dans le lit.






Le baiser.





Durant les années 1890, Toulouse-Lautrec a passé beaucoup de temps à peindre le quotidien des pensionnaires des maisons closes de Paris. Ces trois tableaux montrent deux femmes partageant le même lit. Une des femmes est coiffée "à la garçonne", coiffure très rare à l'époque et réservée pratiquement à certaines prostituées, ce qui pouvait laisser supposer qu'il s'agissait d'un homme. Mais Toulouse-Lautrec a documenté leur vie de couple et leurs relations respectives avec leurs clients masculins confirmant qu'il s'agissait bien de deux femmes.
 

samedi 13 février 2016

Un baiser qui tue trois cent cinquante personnes.

Un baiser qui tue trois cent cinquante personnes.

Le baiser le plus fatal que l'on ait enregistré, est probablement celui qui a été donné par un jeune matelot espagnol à sa fiancée. Il eut pour conséquence la mort de presque tous les habitants d'une petite ville.
La Madonna, un bateau italien, devait faire escale à Candalo, sur la côte de Floride (Amérique du nord), lorsque l'entrée de ce port lui fut interdite. Un cas de peste bubonique s'était produit parmi les hommes de l'équipage, et une quarantaine très rigoureuse fut imposée au voilier. Mais ce matelot dont la fiancée, qu'il n'avait pas vu depuis plusieurs mois, habitait Candalo, parvint, une nuit, à tromper la surveillance des autorités sanitaires. Grâce à une embarcation que des amis trop complaisants lui avaient amené, il gagna le rivage, courut à la maison de sa fiancée, avec qui il resta quelques minutes à peine, juste le temps de l'embrasser, puis revint à bord.
Deux jours après, les effets de ce chaste baiser commencèrent à avoir les plus terribles conséquences. La jeune fille mourait de la peste, et dans l'espace de trois semaines, sur cinq cents habitants environ que comptait la petite ville de Candalo, il n'en restait plus que cent cinquante.
Les hygiénistes hargneux qui condamnent le baiser, n'ont peut-être pas tous les torts!

Mon Dimanche, revue populaire illustrée, 10 février 1907.

mercredi 26 mars 2014

Une ligue contre le baiser.

Une ligue contre le baiser.

Dans la capitale du Mexique, un bon nombre de dames jeunes, vieilles, mariées ou célibataires, toutes femmes du meilleur monde, portent sur la poitrine une charmante petite rosette. Celle-ci indique un changement ou pour mieux dire un progrès dans les relations entre les deux sexes.
Cette petite rosette est l'insigne des membres d'une association qui a pour but d'abolir le baiser. Les membres de cette ligue jurent solennellement de n'embrasser personne parce qu'un baiser se fait l'intermédiaire des maladies contagieuses.
Ce serait une très bonne habitude, en Europe, de faire porter cette rosette aux enfants, afin que les parents soient autorisés à prier les tantes, cousins, cousines et autres amis de l'enfance de ne pas embrasser leurs chers petits. C'est une grande imprudence qui pourrait avoir des conséquences fâcheuses d'embrasser les enfants sur la bouche.

Mon Dimanche, revue populaire illustrée, 18 mars 1906.

lundi 7 octobre 2013

A bas les baisers.

A bas les baisers.

Quand les hommes ne savent plus quel ridicule inventer, ils forment une ligue (nous voulons parler des hommes qui ne s'occupent pas de politique).
Ce que nous en avons vu mourir, de ligues, sous les rires et les matraques des majorités!
Aux Etats-Unis naquit, un jour, près de Wichita, la ligue des Ennemis du Baiser. Les adhérents juraient de n'embrasser aucune des personnes qui leur était chères. Le baiser, disaient-ils, est une pratique antihygiénique. Les hommes se communiquent de lèvres à lèvres la tuberculose et toutes les maladies des muqueuses. Foin du baiser, agent de mort et agent terrible parce qu'il est agréable tout au moins à la personne qui le donne !
La guerre aux baisers dura ce que durent les roses.
Puis, vint en Angleterre, les Adversaires de la poignée de main. "Quoi ! s'écriaient les ligueurs, allons-nous toujours imiter les sauvages qui ne peuvent se rencontrer sans échanger un frottement de nez ? La poignée de main est toujours ridicule, souvent hypocrite, parfois dangereuse." On les laissa énumérer toutes les bonnes raisons qui motivaient leur aversion pour le shake-hand. Et ils finirent par tendre leur dextre comme tout le monde.
En Amérique apparut, il y a vingt ans, l'association antithéâtrale. Les membres de cette ligue prenaient l'engagement solennel de ne se rendre ni au théâtre, ni au concert. C'était leur droit ! Mieux vaut rester chez soi qu'entendre les sottes grossièretés qu'expectorent les bas artistes de certains cafés-chantants. Mais nos gens voulurent contraindre le commun des mortels à partager leur aversion pour les plaisirs du spectacle et essayèrent, par la force, de fermer les portes de quelques établissements publics. Le public, ami des grosses joies, leur martela le crâne d'importance. Et la ligue expira.
Peu après, fleurit à New-York, l'association des poilus! Las de se faire tondre et de se raser, quelques centaines de citoyens jurèrent de laisser toute liberté à leur système pileux. Cette nouveauté obtint d'abord un très grand succés. Mais les femmes, qui avaient d'abord fait fête à cette mode originale, trouvèrent fort désagréables tous les Poilus du nouveau-monde. Et les ligueurs finirent entre les bras des barbiers.

Mon Dimanche, revue populaire illustrée, 10 Mai 1903.