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dimanche 6 septembre 2026

 L'amour vénal.





Gravure sur bois du suisse Urs Graf, intitulé "L'amour vénal" et datée de 1511 environ.

L'image met en scène trois personnages. Au centre, une courtisane est coiffée d'une couronne de feuillage et de fleurs séchées, symbole de la débauche. A droite un jeune homme coiffé d'un grand chapeau à plumes d'autruche, attribut ordinaire des Reisläufer (mercenaires suisses). Enfin, à gauche un vieillard qui caresse le sein de la courtisane. Celle-ci ne reste pas inoccupée. Elle plonge une main dans le sac d'or du vieillard, et de l'autre, transfère les pièces dans la main du jeune homme. 
Tous les trois sont proches d'une table de jeu. Dans la symbolique chrétienne de l'époque, la table de jeu est considérée comme l'autel du diable. On y trouve un jeu de trictrac, autrement dit backgammon ou jacquet, représentant la chance et le hasard, des cartes à jouer, un luth qui évoque le plaisir charnel et un plateau de fruits symbolisant la luxure.

La partie basse de l'image constitue le Memento Mori. Le phylactère qui accompagne le crâne et un os est rédigé en vieil allemand:

« Bedek das end das ist mein rot : Wan alle ding beschlüszt der todt »

« Songe à la fin, c’est mon conseil : car la mort conclut toutes choses ».

Le phylactère du haut est vierge. Deux hypothèses coexistent. La première est que ce vide symbolise la futilité et que les vivants n'ont rien à dire d'utile, contrairement à la mort. La seconde, et c'est sans doute la plus probable, rappelle que les gravures de ce type étaient vendues sur les marchés et qu'il était possible moyennant finance de demander à un scribe d'y inscrire la devise de son choix.

Urs Graf n'était pas un moine moralisateur. Il possédait un atelier d'orfèvre à Bâle, mais il alternait l'orfèvrerie avec une vie plus trépidante de mercenaire. Les batailles d'Italie et de France lui permettait de revenir avec du butin. 




Reisläufer ou mercenaire suisse au XVe siècle.




Contrairement à l'image que l'on se fait d'un orfèvre, les archives historiques de la ville de Bâle nous révèlent qu'il avait été souvent emprisonné pour des bagarres, des insultes, pour avoir battu sa femme et pour avoir beaucoup fréquenté les maisons closes et les prostituées. On peut donc conclure que pour les maisons de jeu, les lupanars et les courtisanes, Urs Graf était orfèvre en la matière.

samedi 5 septembre 2026

Coups de cœur.








 


Gravure sur bois allemande de 1485, attribuée à Maître Casper de Ratisbonne (Casper von Regensburg) intitulée "Frau Minne und der Verliebte" (Vénus et l'amoureux).
Du XIIe au XVe siècle, Frau Minne (dame Minne) a personnifié l'amour courtois dans la culture germanique. Telle Vénus, Frau Minne représente l'amour romantique et la passion charnelle. Elle incarne l'amour profane, elle dicte les règles de la séduction et arbitre les conflits entre les dames et leurs amants. Elle s'empare des cœurs des hommes par la force. Tel Cupidon, elle décoche ses flèches. C'est elle qui propage la "Maladie d'Amour" qui inflige des souffrances à l'amant qui se trouve loin de sa dame. Au fil du temps, Frau Minne s'est peu peu fusionnée avec Vénus, la déesse romaine de l'amour.

Sur cette image Frau Minne figure au centre, presque nue, brandissant une épée et un étendard, tout en piétinant un cœur. A droite, plus bas, un amoureux transi, nommé Casper implore sa maîtresse. Tout autour, on peut voir des cœurs torturés de différentes manières, qui symbolisent les tourments qu'infligent les femmes à leurs soupirants avec la complicité de Frau Minne.

Il existe plusieurs catégories de supplices infligés avec un commentaire écrit en vieil allemand:

- Par capture et enclavement:  


La Nasse: en haut, au centre-droit.

« Sy kan meich wol unterweisen. Dy meyn hercz vecht in ainer rewsen. »

« Elle sait bien comment m'éduquer, celle qui attrape mon cœur dans une nasse. »


Le piège à mâchoires: en haut, à gauche.

« Mein hercz ist gefangen / mit einer gluegengen zangen. »

« Mon cœur est fait prisonnier par une tenaille ardente. »


Le cadenas: au milieu, à gauche de Frau Minne.

« Ich can mich ir nit vervegen / Die mein hercz wil durch fegen. »

« Je ne peux me détourner d'elle, qui veut purifier (ou enfermer) mon cœur. »


Le coffre: à droite de Frau Minne.

 « Wy mocht ich ir (...) hat mein hercz in (...) fasaß. »

« Comment pourrais-je lui [échapper]... elle tient mon cœur enfermé dans un coffre. »



- Par perforation et coupure:


La scie: en bas, à gauche.

« ich kan meich ir nit verwegen. Die mein hercz wil durch segen. »

« Je ne puis résister à celle qui veut scier mon cœur en deux.»


Le couteau ou le hachoir: sous le cadenas.

« ...das mit ainem messer ver schniten »

« ... [mon cœur] qui est découpé par un couteau. »


Les flèches: en haut, à droite, transperçant le cœur.

« Ich hab wol genossen / ... »

« J'ai bien savouré [la blessure]... » référence aux flèches de Cupidon qui blessent en procurant une douce souffrance.


Le Crochet: en bas, à gauche.

« Wy mocht ich ir haben mangel Die mich hat an ainem angel. »

« Comment pourrais-je me passer d'elle, qui me tient au bout d'un hameçon ? »


- Par le feu et par pression:


Le pressoir à vis: en haut, à droite.

 «Wy solt ich vergyßen ... »

« Comment pourrais-je oublier... »


Le grill: au milieu, à droite.

« Si gipt mir frewd und trost. dy mein hercz hat uff ainem rost. »

 « Elle me donne joie et réconfort, elle qui tient mon cœur sur un gril. »


Le feu de bois: en bas, au centre gauche.

« Solt ich sy nit billich ken(n)en die mein hercz wil in ainem fewr verbrenen. »

 « Ne devrais-je pas légitimement connaître celle qui veut brûler mon cœur dans un brasier ?»


- Par la calomnie.


La langue coupable: à droite, sous le grill.

« Der lieger munt. hat mein hercz ser verwunt. »

« La bouche menteuse (la médisance) a gravement blessé mon cœur. »


Casper, agenouillé fait une prière: « O frawlein du bist... » / « Ich wil ir siette trew loben... », « Ô noble dame, vous êtes... Je veux louer à jamais sa douce fidélité. »

Enfin, aux pieds de Frau Minne, le mot "SCHMERTZ", douleur, souffrance, précisant que l'amour exige l'acceptation de la souffrance.

Il ne reste qu'un seul exemplaire original de cette gravure qui ait survécu au temps. Il est conservé au Kupferstichkabinett de Berlin. En examinant ce document de près, les conservateurs ont découvert qu'un contemporain de Maître Casper avait écrit sous l'amoureux transi: "O stulte... Du Narr" ce qui veut dire: "O imbécile... Gros Bêta". Visiblement, en 1485,  l'acheteur de l'estampe n'était pas un ardent défenseur de l'amour courtois.

Pour terminer, citons l'artiste serbe Jelena Gajinovic qui, récemment, a défendu la thèse par laquelle sur cette estampe figureraient les ancêtres de certains de nos émojis comme 💔 ou💘 ce qui tendrait à prouver que l'amour courtois peut mener à tout et que la souffrance de ce brave Casper ne fut pas inutile.
  

mardi 1 septembre 2026

L'amour au village.










Estampe anglaise, réhaussée de couleurs, datant de 1784, réalisée par John Collet et intitulée "Love in a Village".

Le titre "Love in a Village" fait référence à un opéra comique du même nom créé en 1762 qui eut un énorme succès en Angleterre. L'intrigue porte sur de jeunes aristocrates qui se déguisent en paysans pour vivre leurs amours en fuyant les mariages arrangés. Les romances champêtres étaient très populaires à Londres.

On voit un couple, aux joues bien rouges, symboles de la sensualité et de l'émoi amoureux, dans une scène de séduction rustique et mutuelle, typique du XVIIIe siècle anglais. Le jeune homme offre un petit bouquet de fleurs (posy en anglais) à la jeune fille qui rosit d'aise.
Aux pieds de la jeune fille, se trouve une cage en osier contenant un coq. 
Et là, ça se gâte.
Car en anglais, si le mot "cock" veut dire "coq", il possède un autre sens plus argotique. Disons pour rester courtois qu'il désigne aussi un attribut typiquement masculin. Et si le jeune homme voudrait bien libérer le "cock", la jeune fille, elle, voudrait bien le capturer et l'enfermer.
Comme toujours, avec beaucoup d'estampes anglaises, il existe deux lectures: une superficielle qui montre une scène bucolique et une autre cachée pour ceux qui comprennent le sens des symboles. Symboles utiles car que ce type de gravure était principalement destiné à orner les murs des tavernes, des salons de coiffures ou des cafés, afin d'amuser la clientèle.

lundi 24 août 2026

Correspondance.







Toutes les gravures sont de Gavarni et sont issues de la série "La Boîte aux lettres" produite entre 1837 et 1839.






L'image met en scène deux jeunes modistes, l'une lisant une lettre, l'autre en écrivant une, sur leur lieu de travail reconnaissable aux chapeaux suspendus.

La lettre qu'on lit (à gauche):

Je vous attendrais
à la grande Chaumière
Derrière les Robertmans
Dimanche à l'heure que
vous m'avés dit, s'y vous
manqués l'on que vous aim
Disesperrera.

La Grande Chaumière, située boulevard du Montparnasse, était un des bals les plus célèbres des années 1830. C'était un lieu de rencontre et de séduction où l'on dansait le chahut et le cancan. Les Robertmans devaient être un bosquet sombre du jardin ou un endroit précis isolé du bal.

La réponse qu'on cachette (à droite):

Monsieur
je suis au désespoir de qui
 je ne pourrai m'exposer de près de vous
de puix deux jours je suis obli
gai par un malle de genout que
me force de garder le lit au
moyen de quoi mon cher jetes
obligai de me priver du
plesif il faut espoirer que
cela vat si quairir.

La jeune femme feint la maladie pour annuler un rendez-vous.

Gavarni s'est inspiré de la phonétique réelle des classes populaires, notamment de ces jeunes ouvrières, réputées pour leur liberté de mœurs, et leur argot qui, si elles apprenaient à parler correctement, écrivaient "comme elles entendaient". "Un malle de genout" ou "si quairir' (se guérir) faisaient partie des fautes classiques que la bourgeoisie moquait en fustigeant l'illettrisme populaire.





Un dandy lit une lettre tandis qu'une femme lui fait des papillotes pour lui friser les cheveux.

Texte de la lettre:

"J'ai ta lettre chérie, ô mon Ernest, je la relis vingt fois par jour et la moitié de mes nuits. Qu'il est doux de pense que tu es bien instruit de la mienne comme d'aucune autre; préserves les choses les plus vulgaires!
Signé: Elise.

Légende: Ernest s'en fait des papillotes.

Elise, sincèrement éprise, déclare sa passion et pense que ses lettres seront conservées précieusement. En réalité, Ernest s'en fait des papillotes! Les papillotes étaient des morceaux de papier dont on se servait pour friser les cheveux. On utilisait tous les papiers disponibles, vieux journaux, pamphlets, et pourquoi pas, les lettres d'amour d'Elise. 
Cette gravure eut un grand succès puisque l'expression "s'en faire des papillotes" est passée dans le vocabulaire commun pour signifier qu'on se moquait d'une chose.






Une femme, d'un milieu modeste, s'applique à écrire une lettre d'amour et de reproche sur une table de cuisine, après avoir poussé le lapin mort qui l'encombrait.

"... peut-être en ai-je trop dit mon excellence et doit mon cœur notre changement de conduite et puis quel que jour je m'étonne d'avoir donc à voir la complaisance de m'en donner l'explication je n'est pas d'ailleurs mérité de ne pas avoir de réponse cette pour quoi j'olle espérer que vous vouderez bien m'en faire une quel quelle soit pour quoi vous aije vue troubler mon repos et ma ségurité.
je suis avec estime et amitié."







L'écriture cursive, utilisée au XIXe siècle dans les lettres d'amour, est difficile à déchiffrer. Cette fois-ci, il s'agit d'une lettre de rupture.

"Monsieur,

Malgré que je sois sans expérience, je n'ai pas l'habitude de servir de bouffon, je trouve que le rendez-vous d'hypocrite n'est pas délicat et pour l'enterrer d'une manière digne, je me trouverai avec vous pour éviter tout éclat.
L'honneur me l'ordonne, la plus suprême, je vous salue, 
Eugénie."





Une jeune femme, ne sachant visiblement pas écrire, utilise les services d'un écrivain public, qui demeure imperturbable sous la dictée de sa lettre d'amour passionnée.

" Je prends la plume d'une main tremblante... mon Julien! Mes larmes me troublent les yeux, je ne sais si vous pourrez me lire..."







 
Trois cavaliers, en tenue du XIXe siècle sont arrêtés sur leurs chevaux. L'un d'entre eux lit une lettre, en la faisant visiblement partager à ses amis:

"Vous avez le secret de ma vie... ô mon Alfred adoré, vous ne le trahirez pas? -Du château de Montgomery. 7 juillet."








Un sabotier est en train de rédiger une lettre de réclamation à l'orthographe très personnelle.

Monsieur, Je me suis présenté avec de mes voisin au randéz vous l’heure dite il nia que l’tambour qui se proménait mais comme nos billet porte la grande tennu moi la mien a bisser og m’a trouvé bon comme cela dans le temps D’ailleurs il m’est ossi inposible de mabilér comme de prendre la lune avec les dens il bien étonant que ces toujours au boutique et Artisans qui n’ont riu a perdre que l’on comende garde tandis que des propriaitaire en fir Deme qui ont 22 24 et 28 Ans sur la rondinuance ne sous pas mème suo ou cun controle
la que vous trouverez des gent qui ont le moyin de s’abillér sant s’ablegemi mais n’et petit messieu aimeu beaucoup mieux leuro parti de Campagne il admerais bieu legardant les y sarais és béfaites il ne regarderais pas son sak a la depeute maiz couchez la Corde garde sa leur samble trop d’av er epandants ces pouruer et leur propriéti’s plutot que dorachéz un homme de sa boutique qui travaille comme un kacharre pour faire face a tous es perdre 2 jour et sou upou tandis que l’autre livre au seig de la Mau – lesse a deplessir landis que nous le gardons


Cette lettre est écrite en phonétique de l'époque:

  • « randéz vous l'heure dite » → rendez-vous à l'heure dite.
  • « il nia » → il n'y a.
  • « la mien a bisser og m'a trouvé bon » → la mienne a baissé [de qualité], on m'a trouvé bon comme cela.
  • « ces toujours au boutique » → c'est toujours aux boutiquiers.
  • « en fir Deme » → en ville de même / de même.
  • « la rondinuance » → la ordonnance / la ronde.
  • « suo ou cun controle » → sous aucun contrôle.
  • « le moyin de s'abillér sant s'ablegemi » → le moyen de s'habiller sans s'obliger (sans se priver).
  • « leuro parti de Campagne il admerais bieu legardant les y sarais és béfaites » → leurs parties de campagne, ils aimeraient bien les gardes, ils y seraient à leur aise.
  • « comme un kacharre » → comme un gâcheur / comme un acharné.
  • « livre au seig de la Maulesse » → livrés au sein de la mollesse.


 


lundi 17 août 2026

La tentative malheureuse





Gravure anglaise de J. Golder de 1774 intitulée "The Unlucky Attempt" (La tentative malheureuse).

Un homme, sur la pointe des pieds, tente d'embrasser une servante, beaucoup plus grande que lui, lorsque sa femme survient et le surprend. La servante reste stoïque, se penche légèrement, l'air étonné, attendant la suite des événements, tout en tenant son balai.
La scène serait somme toute banale, si on ne voyait pas dépasser de la poche du Casanova des chaumières un livre dont le titre est lisible.
Il s'agit de "An Essay on Woman". Ce livre est une parodie de celui du philosophe Alexander pope "An Essay on Man". Seulement si "An Essay on Man" est un livre très sérieux, "An Essay on Woman" est un livre pornographique et obscène. 
Il a été écrit par un homme politique radical, John Wilkes, en 1763. Wilkes, n'avait tiré que 12 exemplaires de ce brûlot, destinés à ses amis du cercle "Helfire Club". Mais le gouvernement britannique réussit à mettre la main sur les épreuves et des extraits furent lus au Parlement suscitant l'indignation générale. Risquant d'être accuser de libelle blasphématoire et obscène, Wilkes s'enfuit en France en exil.

Notre bon bourgeois, surpris en flagrant délit de tentative d'amour ancillaire, prétend donc étudier, pour donner le change à son épouse, un essai sur les femmes, alors qu'il est attiré par la littérature libertine. Ce livre, et son attitude vis-à-vis de la servante montre l'hypocrisie de la bourgeoisie. Mais n'est pas libertin qui veut, il n'est pas "de taille" et ses tentatives le rendent grotesques.

dimanche 9 août 2026

La semaine des amours.






 

"La Semaine des amours" est une série d'estampes de Charles Philipon réalisée entre 1825 et 1829.
Celle-ci est intitulée "Le Vendredi, accord parfait."

Malheureusement, ces estampes sont dispersées dans différents musées et seule celle-ci est numérisée! Pourquoi spécialement le vendredi et pas les autres jours ? On l'ignore.


En dessous de l'image, on distingue,
à gauche: Philipon invt. (Philipon est l'inventeur.)
à droite: Lith. de G. Fray.
Au centre: A Paris chez Ostervald l'ainé, Quai des Augustins, N° 25 et chez Martinet, rue du Coq St Honoré.

Les sept planches se présentaient de la manière suivante:

Planche 1: le lundi, les futurs amants croisent leurs premiers regards.
Planche 2: le mardi, le prétendant exprime sa flamme avec théâtralité.
Planche 3: le mercredi, les amants s'affichent au restaurant Véry du Palais-Royal, puis au théâtre.
Planche 4: le jeudi, un renversement ironique, une grisette prépare un repas.
Planche 5: le vendredi, l'accord parfait, le couple s'enlace tendrement dans un salon.
Planche 6: le samedi, premiers nuages, premières disputes, les doutes et la jalousie minent le couple.
Planche 7: le dimanche, rupture.




vendredi 7 août 2026

L'arbre d'amour.








Les hommes se sont réfugiés dans l'arbre pour échapper aux femmes qui utilisent tous les moyens poir les faire descendre. Cupidon se trouve au sommet de l'arbre tenant une banderole où il est écrit: "Tout peint l'amour, tout n'est qu'amour". Cupidon rappelle que personne n'échappe à l'amour car il fait partie de la nature humaine.
Il s'agit d'une inversion des coutumes, l'homme ne courtise plus, ce sont les femmes qui chassent. Cette frénésie est provoquée par la hantise, au XIXe  siècle, du célibat qui excluait pratiquement d'une vie sociale.

Cette image est accompagnée d'une chanson, sans que l'on connaisse l'air:

Couplet 1
À travers d'épais feuillages,
J'ai vu loger l'autre jour
Un essaim d'amants volages,
Sur le bel Arbre d'Amour.
Tour à tour blondes et brunes,
Aux yeux doux et langoureux,
Déplorent leurs infortunes
De se voir sans amoureux.
Couplet 2
Sans s'en dire par la manche
Son mari : doux, doux Jacques ;
Mais il répond : c'est dimanche,
Je reposerai tantôt.
Ah, je crois que je me blesse,
Belle, en voyant ton teint blanc,
Tes jolis yeux, chère épouse,
Me font aller au croissant.


 Couplet 3
La sémillante Victoire
Tire à son tour par en bas,
Un guerrier couvert de gloire,
Bravant l'horreur du trépas.
Elle ajuste son échelle
Pour obtenir cet amant ;
Sans regret plus d'une belle
A la ville en fait autant. 
  
Couplet 4
J'ai vu la belle Raymonde,
Toute prête à trépasser,
N'est-il plus d'amants au monde ?
Amour ! comment s'en passer ?
Bon, bon, disent Lise et Barbe,
En ce jour consolons-nous ;
Il nous faudra scier l'arbre :
Nous les attraperons tous.


 Couplet 5
Julie qui n'est pas de marbre,
Tire à son tour le cordeau,
Pour faire tomber de l'arbre
Un sémillant jouvenceau.
Sophie, qui d'Aline raffole,
D'une égale arme son bras :
Quand on veut jouer son rôle,
Amour ! que ne fait-on pas ?


Autres représentations:









Version allemande.


 


1876.