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dimanche 9 août 2015

Faut-il choisir un mari gras ou maigre?

Faut-il choisir un mari gras ou maigre?


O jeunes filles qui rêvez un époux svelte, parce que la sveltesse est un des premiers éléments de la distinction, n'oubliez pas que la sveltesse est cousine de la maigreur. Or, sachez qu'un mari maigre a le caractère changeant, volontaire, qu'il exige que ses instructions soient exécutées à la lettre.
L'homme gras, au contraire, s'accommode de tout: d'abord il s'occupe volontiers des petits détails du ménage, et, en connaissant mieux les difficultés, il excuse avec plus de complaisance les mille ennuis qui assaillent sa femme.
L'observation a prouvé que l'homme gras se soucie très peu d'imposer ses volontés chez lui et de régenter tout le monde et même sa femme dans la maison. L'homme gras est satisfait quand il trouve ses pantoufles à leur place, quand une soupe sérieuse (de pomme de terre, par exemple) fume sur la table, quand il peut faire son somme après le repas, quand on ne le bouscule pas pour sortir.
L'homme gras, paraît-il ne se fâche que si le rôti est trop brûlé ou le poulet trop dur. Encore sa mauvaise humeur est-elle de courte durée et, comme sa bouderie lui est à charge, évite-t-il de recommencer. Bien entendu, à condition que sa femme ne recommence pas non plus.
Tout ceci mérite considération, mesdemoiselles. Prenez un homme gras. Le seul défaut de l'homme gras est, m'a-t-on assuré, d'être souvent en retard. Il n'est jamais pressé. Mais ce calme n'est-il pas une assurance de bonheur?

Mon Dimanche, Revue populaire illustrée, 12 mars 1905.

mercredi 23 octobre 2013

Entre époux.


Entre époux.

Elle.- Si je venais à mourir, tu ne pourrais jamais avoir une femme comme moi.

Lui.- Eh! qu'est-ce qui te fait croire que je voudrais en avoir une comme toi?

Mon Dimanche, revue populaire illustrée, 22 mars 1903.

jeudi 22 août 2013

Le carnet de Madame Elise.

Les conditions de paix de Monsieur.




Un de nos lecteurs, qui signe: Mécontent nous adresse une lettre fort piquante:

       Madame,


Pourriez-vous me donner quelques conseils pour m'aider à suivre l'exemple de Carl Wilson, habitant Kenosha, dans le Wisconsin; ayant intenté une action en divorce contre sa détestable épouse, il consentit à la retirer devant les supplications de sa femme; en revanche, il obtint qu'elle signât devant notaire une séries de promesses dictées par lui.
Moi aussi, madame, j'ai une femme insupportable; j'ai l'intention de demander le divorce; pour m'en empêcher il faudra qu'elle se soumette aveuglément aux commandements que je lui imposerai.
Dites-moi par quelles formalités légales je dois la lier pour qu'elle ne puisse manquer, par la suite, aux conditions qu'elle aura acceptées.
Voici à peu près le texte que j'exigerai:

Je serai ordonnée et économe, avec intelligence et mesure.

Je ne tyranniserai pas ma famille sous prétexte de surveillance.

Je n'obligerai pas mon mari à faire dix méchants repas pour pouvoir donner une soirée.

Je ne me répandrai pas plus d'un quart d'heure par jour en récriminations contre mes domestiques et mes fournisseurs.

Je ne ferai pas de virement de fonds, prenant dans le budget de la nourriture pour augmenter celui de la toilette.

Je n'irai pas manger des gâteaux chez le pâtissier pour faire ensuite la petite bouche à table et me plaindre de mon estomac.

Je passerai plus de temps à la cuisine que dans mon cabinet de toilette.

Je n'obligerai pas mon mari à discuter la façon de chacune de mes robes.

Je n'irai qu'une fois par quinzaine dans les magasins de nouveautés.

Je raccommoderai les vêtements, le soir, à la lampe, silencieusement, sans crier que ma vie est monotone.

Je ne menacerai pas mon mari d'abandonner la direction du ménage et de m'émanciper, chaque fois qu'il prendra le plus petit plaisir.

Je ne l'accablerai pas de questions minutieuses et agaçantes sur l'emploi de son temps et celui de son argent.

Je saurai le louer quand il a réussi quelque entreprise et ne l'accablerai pas de reproche quand il a échoué.

Je ne l'abasourdirai pas de commérages inutiles.

Je saurai garder un secret.

Je ne serai pas fantasque; je ne bouderai pas une journée entière pour une parole un peu vive.

Je ne lui garderai pas rancune pour un rien; je ne tiendrai pas une comptabilité serrée des moindres offenses que j'aurais reçues, pour les rappeler, dans la suite, à chaque occasion.

   
   Pour copie conforme:

                                                                        Mme Elise.


Mon Dimanche, revue populaire illustrée, 28 décembre 1902.