Translate

Affichage des articles dont le libellé est pont. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est pont. Afficher tous les articles

dimanche 13 mai 2018

La disparition du goulot de la gare Saint-Lazare.

La disparition du goulot de la gare Saint-Lazare.

                               Le nouveau pont d'Asnières.




Il a une triste réputation, le goulot de la gare Saint-Lazare! Son impopularité est presque égale à celle du service téléphonique. La hâte des voyageurs ne lui pardonne pas les arrêts interminables, les retards fréquents qu'il provoque. Ses 6 malheureuses voies ne suffisent plus à assurer le service chaque jour plus chargé de la gare Saint-Lazare.
La Compagnie de l'Ouest a compris qu'il était urgent de remédier à l'encombrement dangereux des abords de cette gare: elle a élaboré un vaste programme d'améliorations qui est aujourd'hui en pleine exécution. Les voyageurs du parcours Asnières-Paris peuvent en suivre les différentes phases et constater la rapidité des travaux qui s'accomplissent sur ce trajet sous l'habile direction de MM. les ingénieurs en chef Widmer et Rabut et de M. l'ingénieur J. Dreyfuss. Sous peu, le goulot ne sera plus qu'un mauvais souvenir.
La gare saint-Lazare a été la victime de cet étrange phénomène, observé dans tous les pays, qui déplace vers l'Ouest le centre de gravité des villes. La banlieue Ouest de Paris, en ces dernières années, s'est développée avec une extraordinaire rapidité. Le mouvement des voyageurs, en conséquence, s'est accru dans des proportions considérables, sans qu'on ait pu augmenter la capacité de la gare située en plein centre de Paris, dans un quartier luxueux où toute expropriation est impraticable. Sur les 6 voies du tunnel des Batignolles, viennent converger les trains des grandes lignes de Normandie, et les trains de banlieue de Versailles, Saint-Germain, Asnières, Bécon-les Bruyères, la Garenne-Bezons, Colombes, etc. La circulation sur les mêmes troncs communs de trains sans arrêts, de trains aux stationnements multipliés et de trains de service faisant le va-et-vient entre la gare et le dépôt des Batignolles, ou les remises de Clichy, ajoute encore aux difficultés de l'exploitation. La Compagnie de l'Ouest s'est proposé tout d'abord de séparer aussi complètement que possible les lignes de banlieue des grandes lignes et de faciliter la circulation des machines et du matériel vide entre la gare et les dépôts. Dans ce but, 2 voies principales nouvelles seront établies entre Paris Saint-Lazare et Bécon-les-Bruyères, ce qui permettra de séparer complètement la ligne de Paris Saint-Germain de celle du Havre, par Poissy. En outre, la création d'un groupe auxiliaire de 2 voies de service entre le tunnel des Batignolles et les remises de Clichy, complété par un passage souterrain réunissant ce groupe auxiliaire au dépôt des machines de Batignolles, facilitera le va-et-vient des rames matériels vide et des machines. Le projet conçu par la Compagnie, comporte aussi dans l'avenir, l'agrandissement de la gare Saint-Lazare et l'électrification des lignes de banlieue; mais, étant donnée la situation créée par le rachat de l'Ouest, nul ne peut prédire le sort réservé à cette partie du projet.

Les travaux actuellement en cours, présentent de nombreux points extrêmement intéressants. On comprendra aisément les difficultés de tout ordre qu'il a fallu vaincre, pour créer en plein Paris, sous de lourds immeubles et sous les rues les plus fréquentées, un certain nombre de voies ferrées nouvelles, sans endommager les constructions, sans jamais interrompre la circulation à la surface du sol, et aussi sans jamais troubler le mouvement incessant des trains qui sillonnent la tranchée des Batignolles. Nous reviendrons prochainement sur les travaux qui s'exécutent sous la rue de Rome et le square des Batignolles.
Les habitués du trajet Asnières-Paris n'ont pu manquer d'être frappés par la rapidité avec laquelle ce pont s'est créé; il y a juste un an, rien n'apparaissait encore sur la Seine. Aujourd'hui, le tablier est construit, et l'on prépare les opérations du lancement. C'est qu'en effet, la construction s'est effectuée par des procédés tout nouveaux, et d'une remarquable célérité. Le béton armé y a joué un rôle essentiel.
Voici, tout d'abord, les caractéristiques essentielles du nouveau viaduc: il est établi parallèlement à l'ouvrage actuel et à une très faible distance de celui-ci. Il a le même nombre de travées: 5 dont une de 30,91 m, 3 de 32, 76 m, une de 31,33 m. Ces piles seront exactement dans le prolongement de celles de l'ancien viaduc.
La partie essentiellement originale de ce pont est la fondation de ses piles; on s'est attaché à ne remuer le sol qu'à très faible profondeur, de façon à ne pas affouiller les piles du viaduc existant. On a commencé par draguer le fond de la Seine, de manière à l'approfondir d'environ 2 m et à le rendre horizontal à l'emplacement de la pile. On a ensuite battu, au moyen d'une sonnette à vapeur, 30 pieux en béton fretté, à section octogonale de 0,30 m de diamètre et de 7 m de longueur. Ces pieux sont enfoncés de 6 m dans le fond de la rivière. On vient alors coiffer leur tête d'une carcasse de caisson, en béton armé; puis dans ce caisson, on coule du béton et, sans avoir eu besoin de recourir à tout l'appareil compliqué des cloches à plongeur et de l'air comprimé, on a une fondation de pile extrêmement solide et rapide sur laquelle on édifiera aisément la pile elle-même.


Construction d'un caisson en béton armé: le coffrage.

Le caisson en béton armé se construit sur la rive; nos figures montrent les différentes phases de son montage; on établit d'abord un coffre en bois aux dimensions voulues; on y dispose les barres métalliques qui constitueront l'armature, on coule le béton et on le laisse durcir 6 semaines environ. 



Montage d'un caisson en béton armé; enrobement d'un caisson déjà terminé.

On a soin de le munir d'un fond provisoire en bois que l'on calfate comme celui d'un bateau. On revêt, en outre, la paroi d'un enduit extérieur en ciment pour le rendre étanche. Le moment venu, on abandonne le caisson sur un plan incliné pour le mettre à flot et l'amener en place. 


Lancement d'un caisson.

C'est alors un bateau de 10 mètres de longueur, 5 mètres de largeur et 1 mètre de tirant d'eau. Son déplacement est de 50 tonnes.
Guidé par des amarres, il est conduit par un remorqueur au-dessus de son emplacement définitif, entouré d'un estacade à laquelle on le suspend provisoirement, puis on l'échoue sur la tête des pilotes. L'opération dure 12 minutes seulement.
Le béton est alors coulé, dans l'eau calme à l'intérieur du caisson, au moyen d'un grand tube métallique. il enrobe les tête des pieux et monte jusqu'au niveau supérieur du caisson, qui est un peu en contre-bas du niveau d'étiage.



Coupe transversale d'une pile
 du nouveau viaduc d'Asnières.

Le caisson a été muni, au moment de son échouage, de hausses métalliques; une fois la fondation faite, on épuise l'eau à l'intérieur de ces hausses et l'on construit à sec la première assise de maçonnerie.
Nos figures montrent la construction des pieux en béton fretté: on enroule d'abord du fil de fer en hélice sur un mandrin en bois, on dégage alors la spirale du mandrin;


Enroulage des frettes d'un pilotis.


on l'enfile sur des baguettes longitudinales, on écarte les spires à la distance voulue, on fixe à l'extrémité inférieure un sabot conique, et l'on coule le béton.



Montage de l'armature d'un pilotis.

On voit quelle est la simplicité de cette méthode nouvelle de fondation des ponts: elle concilie à la fois, la rapidité, la sécurité, et l'économie; elle fait le plus grand honneur à son auteur M. Rahut et à ses collaborateurs.

                                                                                                                   A. Troller.


La Nature, revue des Sciences, deuxième semestre 1908.

mardi 8 septembre 2015

Chemin de fer de Ceinture de Paris.

Chemin de fer de ceinture de Paris.
            Pont de la Seine au Point du jour.





Le dessin représente l'installations des chantiers du grand pont que la Direction générale des ponts et chaussées et des chemins de fer fait exécuter sur la Seine au Point du jour pour le passage simultané du chemin de fer de Ceinture (rive gauche) et de la rue Militaire.
Cet ouvrage exceptionnel aura 200 mètres de longueur. Il se composera de cinq arches en berceau de 31 mètres d'ouverture, sa largeur entre les parapets sera de 31 mètres. Elle sera partagée en trois zones, celle du milieu sera occupée par un viaduc portant le chemin de fer dont les rails seront à 21 mètres au-dessus de l'eau.
Les zones latérales recevront des voies pour les voitures au niveau des quais.
Le dessous du viaduc du chemin de fer sera utilisé au moyen d'évidements réservés dans les piles, pour l'établissement d'un passage couvert pour les piétons.
Enfin deux grandes arches de 20 mètres termineront le viaduc pour donner passage aux quais.
Cette immense construction a été l'objet d'une adjudication publique au mois de juillet dernier. L'entrepreneur adjudicataire est le même qui a exécuté les plus grands viaducs de Brest.
Malgré les crues exceptionnelles de la Seine, depuis le mois de septembre jusqu'à janvier, les travaux ont été poussés avec la plus grande activité, les basses fondations sont achevées et en ce moment on fonde le socle de la première pile.
Le dessin pris du côté de la fortification représente à gauche l'atelier des mortiers, celui du battage à la vapeur des pilotis de la culée droite, puis l'affouage du béton de la première pile, à la suite l'affouage du caisson en charpente prêt à être descendu dans l'emplacement de la troisième pile, enfin à droite les maçonneries commencées de la culée gauche.

                                                                                                                          M. V.

Le Monde illustré, 6 février 1864.

mercredi 26 novembre 2014

Pont sur le Rhin à Schaffouse.

Pont sur le Rhin à Schaffouse.

Voici la description du fameux pont de bois sur le Rhin, à Schaffouse, en Suisse, telle que nous la trouvons dans divers auteurs:
"Ce pont, dont la beauté et la singularité excitent l'admiration de tous les voyageurs, est l'ouvrage d'un homme obscur, d'un simple charpentier nommé Ulric Gruben-Mann, habitant d'Untuffen, petit village du canton d'Appenzel. Le cours rapide du fleuve ayant entraîné, peu de temps après leur construction, plusieurs ponts de pierre que l'on avait cru assez solides pour résister à tous les efforts de l'eau, même dans les plus terribles inondations, cet homme, vraiment extraordinaire, proposa aux magistrats de Schaffouse de jeter là un pont de bois, d'une seule arche; le Rhin, dans cet endroit, n'a pas moins de trois cents pieds de largeur.
"Frappés par la hardiesse de la proposition de Gruben-Mann, les magistrats l'acceptèrent, mais sous la condition expresse qu'une pile intermédiaire que le fleuve avait respectée serait employée pour la nouvelle construction. L'architecte, qui tenait à son plan, consentit en apparence à ce qu'on exigeait de lui. Il ne toucha pas à la pile, mais il ne lui fit rien porter.
"Qu'on se figure maintenant un édifice couvert dont la longueur est de trois cent soixante-quatre pieds, coiffé d'un toit, et à parois fermées, avec un trottoir absolument de niveau dans toute sa longueur. Une chose qui étonne singulièrement tous ceux qui passent sur ce pont, c'est de sentir qu'il tremble lorsqu'un homme ou même un enfant le traverse, tandis que les voitures les plus chargées y roulent sans le moindre danger."
Cet admirable ouvrage ne subsiste plus; on en voit le modèle dans une des salles de la bibliothèque; le pont a été brûlé en 1799, pendant la guerre entre les Français et les Autrichiens.
Schaffouse a maintenant un pont de pierre, qui n'a rien de remarquable, et qui est suffisamment solide.
Un peu au-dessous de cette ville est la fameuse chute du Rhin; le fleuve se précipite d'une hauteur de vingt mètres sur une largeur de cent.

La semaine des enfants, 3 septembre 1864.

mercredi 2 avril 2014

Un nouveau mode d'essai des ponts.

Un nouveau mode d'essai des ponts.

A Bridgeport, aux Etats-Unis, on vient de terminer un pont, et pour l'essayer, au lieu de le charger avec des chariots remplis de pierres, on a eu recours aux pensionnaires de M. Barnum: on a fait passer sur le pont douze éléphants de taille gigantesque.
Ce fait n'est pas seulement curieux en raison de sa nouveauté, mais aussi à cause du motif invoqué par les ingénieurs: on sait que les éléphants s'engageant sur un pont, marchent avec précaution, sondent le terrain avec leur trompe, et tâtent le sol avec leurs pieds de devant avant d'aventurer leur corps tout entier. Dans le cas qui nous occupe, les douze animaux entrèrent ensemble, hardiment, sans aucune hésitation et restèrent assez longtemps, réunis au centre de l'arche centrale.
Le poids total des douze éléphants est estimé à trente cinq tonnes; si on y ajoute celui de la foule qui se pressait sur le pont, il es probable que d'ici longtemps, il n'aura pas à supporter une semblable charge.

La petite revue, premier semestre 1889.