La toilette II.
Peinture à l'huile sur tableau du peintre hollandais Jan Steen, datant de 1655-1660 intitulé "La Toilette" ou "la "Toilette du matin".
Une femme, assise sur le bord d'un lit à baldaquin, est aux prises avec ses bas. Elle est vêtue d'une veste bordée de fourrure et d'un bonnet de nuit. La question de savoir si elle enfilait ou retirait ses bas se pose. Le port du bonnet de nuit laisserait entendre qu'elle se lève, ce qui justifierait le titre du tableau. Seulement, un détail est troublant: sur la jambe portant encore le bas, en dessous du genou, on aperçoit la marque d'une jarretière. Cette marque est aussi présente, mais de façon plus ténue sur la jambe gauche. Cet indice indique qu'elle retire ses bas dont elle a conservé la marque, donc qu'elle se déshabille, ce qui entre en contradiction avec le titre. La seule hypothèse raisonnable est qu'elle a passé la nuit avec.
La vue des mules abandonnées sur le sol n'est pas neutre. C'est le symbole classique dans la peinture néerlandaise de montrer une perte de contrôle de la femme et qu'en conséquence elle s'est livrée à la luxure. En anglais, le mot "pantoufle" est utilisé pour indiquer qu'une femme a perdu sa vertu. Par ailleurs, un pot de chambre métallique est placé bien en évidence. Il est le symbole de la vulgarité et du plaisir éphémère. Pour être certain de bien se faire comprendre, Jan Steen a peint un petit chien, normalement symbole de fidélité, mais là, le chien dort sur un oreiller, ce qui veut dire que la fidélité s'est endormie pour laisser place au vice.
Tous ces éléments convergent pour nous indiquer que la jeune femme se lève après une nuit mouvementée où elle se serait livrée au plaisir charnel en conservant ses mi-bas.
Cette œuvre nous montre aujourd'hui une scène bien banale. Nous dirions qu'il n'y a pas de quoi fouetter un chat. Mais au XIXe siècle le tableau fut jugé obscène et particulièrement scandaleux. Montrer les chevilles d'une femme était déjà le comble de l'érotisme, alors des jambes et même des cuisses que l'on aperçoit sous les jambes croisées, c'était trop de peau d'un seul coup. On ne pouvait pas tout masquer à cause du bas, mais on s'employa à peindre un jupon par dessus ses cuisses afin de dérober à la vue l'impensable. Ce tableau est conservé au Rijksmuseum, et il y a un siècle environ, lors d'une restauration, on s'aperçut qu'on avait rhabillé l'héroïne. La couche de peinture pudique fut retirée minutieusement ce qui nous permet, à nouveau, d'admirer les cuisses de la jeune femme telles que Jan Steen les avait peintes.

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