La femme patiente.
Estampe française du XVIIIe siècle d'après une composition de François Boucher intitulée "La femme patiente".
François Boucher réinvente le genre pastoral en transformant des scènes campagnardes en scènes érotiques. Dans un décor de pauvreté, il peint ou dessine des paysannes en robe de soie immaculée qui adoptent des poses lascives. Ces scènes obtenaient un grand succès parmi la noblesse et la bourgeoisie, mais suscitaient la fureur des "philosophes des lumières".
L'estampe nous présente trois femmes, près d'une cheminée, dont l'une tient un enfant et une autre ce qui semble être une louche servant à faire sauter les crêpes. On est en droit de faire cette supposition car la même image, réalisée par un autre graveur, existe sous le nom "Les Crêpes".
Le titre "La femme patiente" est un titre ironique au double sens. Le premier marque la patience des femmes qui élèvent des enfants tout en s'acquittant des tâches ménagères. Mais il y a sous l'image les vers libertins de Monsieur Moraine qui nous fournissent l'explication de l'autre sens:
« Que de tracas cause le mariage !
Ne regrettes tu point, Jeanne, ton pucelage ?
Cet Enfant te doit bien lasser. »
« Mais, non, non, tu pris, ma Commere,
Un si grand plaisir à le faire,
Que tu voudrois recommencer. »
On apprend donc que la patience sera récompensée par le "grand plaisir de le faire".

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