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mercredi 23 septembre 2026

Le Sermon.





 


Caricature de Thomas Rowlandson publiée de 12 février 1811 par Thomas Tegg et intitulée "A Sleepy Congregation" ("Une Congrégation endormie").

Au premier plan, un couple et leur fille endormis profondément tandis que le sacristain, derrière eux, ronfle la bouche ouverte. A gauche, à l'arrière plan, se trouve un groupe de jeunes garçons encore conscients.

Le rôle du sacristain pendant la messe était de scander les "Amen" à la fin des prières pour entraîner la foule. Seuls les trois jeunes sont éveillés. Pour la jeunesse géorgienne, la messe dominicale est l'occasion de se montrer, voire de participer à un rendez-vous galant platonique. Pour d'autres, c'était une sorte de foire aux célibataires.

A cette époque, le sermon pouvait durer plusieurs heures et était le plus souvent particulièrement ennuyeux. Ici, l'auditoire est plongé dans un sommeil profond alors que le prédicateur s'égosille dans sa chaire. Pour plus de confort, le dessus de la chaire est muni d'un épais coussin rose orné de pompons sur lequel il s'appuie.
Face à l'endormissement quasi systématique d'une partie de l'assistance durant les sermons, outre les sacristains, les églises employaient des personnes appelées "sluggard-wakers" (les réveilleurs de fainéants) qui passaient à travers les allées pour sortir les fidèles assoupis de leur torpeur. Dans ce but, ils utilisaient une grande perche en bois terminée par une extrémité à double face. Pour les hommes un côté disposait d'un pommeau de laiton ou d'une fourche. L'homme était réveillé soit par un coup de pommeau sur la tête soit par un coup de fourche entre les épaules. Pour les femmes, on utilisait l'autre côté de la perche qui possédait une queue de renard ou une plume. La femme était réveillée par une méthode plus douce en lui chatouillant les narines avec la queue de renard ou la plume.
La paroisse de Castleton, dans ses archives, a dépensé 10 shillings, en 1722 pour payer son réveilleur. A Trysull,  un habitant a léguer 20 shillings à vie à la paroisse pour payer un réveilleur.

Dans le cas présent nulle crainte de recevoir un coup de pommeau de laiton sur la tête et se sentir sous son nez les chatouillements d'une queue de renard sous son nez, le sacristain est lui-même plongé dans un sommeil de plomb.

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