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jeudi 19 janvier 2017

L'origine des fiacres.

L'origine des fiacres.

On est assez d'accord sur l'origine des fiacres. On en attribue généralement la création à un nommé Sauvage, lequel établit, en 1640 les premières voitures publiques pour le service intérieur de la ville.
Ces voitures se nommèrent dans le principe "carrosses à cinq sols", à cause du prix qu'on les payait à l'heure.
On appela bientôt fiacre, non seulement la voiture, mais le cocher. Voiture et cocher avaient, du reste, fort mauvaise renommée. Le conseiller Nemeitz, dans son Séjour à Paris, publié en 1727, a laissé un curieux portrait du fiacre de son temps:
"Les chevaux sont tellement harassez, écrit ce vénérable auteur, qu'à peine peuvent-ils marcher; le fond du coche n'est pas germé, ou bien les côtez sont trouez, et ce qui choque le plus, c'est que les fiacres ont toujours attaché une botte de foin, soit sur le devant, soit sur le derrière du coche, dont ils donnent une bouchée à leurs chevaux toutes les fois qu'ils font halte en quelque rue."
Plus tard on les appela "fiacres", suivant les uns, parce que Sauvage était allé s'établir à l'hôtel Saint-Fiacre, le nom passa de la demeure aux véhicules qui s'y étaient remisés; suivant d'autres, parce que les cochers avaient l'habitude de coller sur leurs voitures une image représentant saint Fiacre, sorte de talisman propre, paraît-il, à prévenir les accidents. La première explication est attestée par un contemporain, le père Labal:
"Je me souviens, écrit ce religieux, d'avoir connu le premier carrosse de louage qu'il y ait eu dans Paris. Il logeait dans la rue Saint-Antoine, A l'image Saint-Fiacre, d'où il prit son nom en peu de temps, nom qu'il a communiqué ensuite à tous ceux qui l'ont suivi."
Et plus loin, parlant des cochers:
"Ces gens, ajoute-t-il, sont grossiers pour la plupart, qui, en cas de besoin, vous jettent au nez mille impertinences et sottises."
Mercier n'en parle guère en meilleurs termes, et ce n'est qu'à la Révolution que les fiacres se transformèrent. Quant aux grèves des cochers, quelques-unes furent très importantes. Il y en eut une générale en 1878. Au siècle dernier, on en cite une singulière:
"Il y a quelques années, dit Mercier, il s'agissait de je ne sais quelle réforme. Les fiacres s'avisèrent d'aller tous, au nombre de presque dix-huit cents, voitures, chevaux et gens, à Choisy, où était le roi, pour lui présenter une requête. La cour fut fort surprise de voir dix-huit cents fiacres vide qui couvraient au loin la plaine. Cela donna une sorte d'inquiétude. On les congédia comme ils étaient venus. Les quatre représentants de l'ordre furent mis en prison, et l'on envoya l'orateur à Bicêtre avec son papier et sa harangue."
Voilà une façon expéditive de régler une grève!

Le petit Moniteur illustré, 17 février 1889.

lundi 18 janvier 2016

Les grèves en Belgique.

Les grèves en Belgique.


A propos des grèves qui ont éclaté en Belgique, nous reproduisons quelques types pris de nature par M. Mars, l'artiste peintre de verve et d'humour dont le spirituel crayon est apprécié souvent par nos lecteurs.
Nous avons choisi, dans son album, quelques physionomies des personnages du sombre drame qui se déroule en ce moment dans tout le pays belge.


Facteur rural en tournée.

C'est d'abord un facteur rural en tournée, et escorté par trois soldats destinés à le protéger en cas d'attaque.


Un futur gréviste.


La cantinière des grévistes.


Deux autres croquis nous montrent un gréviste en herbe, et la cantinière des grévistes elle-même.



Paysans regardant flamber "le château".


Viennent ensuite un groupe de paysans indifférents et gouailleurs, et comme opposition, des houilleurs et des houilleuses se rendant au travail.


Houilleurs et houilleuses se rendant au travail.


Enfin, un dernier dessin représente la descente dans la bure, où l'on voit, en tenue de travail, les ouvriers restés fidèles au devoir, et continuant la tâche quotidienne qu'ils ont la volonté d'accomplir.


La descente dans la bure.


Le Petit Moniteur illustré, dimanche 26 janvier 1890.


samedi 27 juin 2015

Les grèves en Angleterre.

Les grèves en Angleterre.

L'année 1877 a été certainement la plus éprouvée que l'on ait vue dans les annales des manufactures en Angleterre depuis plus de quarante ans.
69 espèces différentes de métiers ont pris part à 191 grèves, durant lesquelles 977 semaines ou 5.862 jours ouvrables ont été perdus tant pour les grévistes que pour la société.
Environ 10.000 ouvriers ont été impliqués dans les grèves de bâtiments; 4.000 dans la grève des menuisiers de Manchester, 12.000 dans la grève des mineurs du Northumberland, 30.000 dans la grève des mineurs de l'Ouest-Lancastre, 6.000 dans la grève des mineurs de Fife et Clackmannan en Ecosse, 10.000 dans la grève des filateurs de Bolton; soit un total de 72.000 hommes pour six grèves seulement.
Quant au montant des sommes perdues, on trouve que la grève des ouvriers constructeurs de navires de la Clyde, par exemple, a coûté 2 millions de francs; celle de l'ouest-Lancastre, 6.250.000 fr.; celle de Fife et Clackmannan, 4.750.000 fr.; celle de Bolton, 2.500.000 fr.; celle des maçons de Londres, 2.500.000 fr.; c'est à dire, pour ces cinq grèves un total de 18 millions de francs. Les pertes de salaires occasionnées par les 191 grèves ne s'élèvent pas à moins de 29.300.000 francs pour l'année entière.

La Mosaïque, revue pittoresque illustrée de tous les temps et de tous les pays, 1878.