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jeudi 29 janvier 2015

Une ordonnance de 1436

Une ordonnance de 1436
      à l'occasion de la peste.


Voici l'ordonnance arrêtée au consulat de Béziers le jeudi 12 avril 1436, pendant une épidémie qui ravageait la ville. Nous en donnons la traductions d'après le registre des procès-verbaux de l'Hôtel de ville, imprimés dans le Bulletin de la société archéologique de Béziers:

1° Dimanche prochain il sera fait une procession générale où sera porté le corps de N.-S. Jésus-Christ avec les cierges allumés de toutes les confréries et corporations de métiers. On y portera aussi toutes les reliques des églises de Béziers et le dais sera tenu par des prêtres et non par les laïques. On partira de Saint-Nazaire (la cathédrale), et on se rendra au cimetière de Sainte-Aphrodise où il y aura prédication solennelle. La grosse cloche de la cathédrale sera sonnée aux frais de la ville. Les gens du commun suivront la procession avec un cierge dans leurs mains et les pieds nus, tous ceux qui pourront le faire.
2° Les prêtres les plus recommandés par leur dévotion seront choisis parmi le clergé des églises et des monastères pour dire des messes votives ordonnées par le conseil de la ville.
3° Comme le dimanche n'est pas assez rigoureusement observé, on aura à s'abstenir de vendre ce jour-là quelque marchandise que ce soit, aussi bien que de jouer aux dés, aux osselets ou au palet. Tout le monde devra être aux églises pour entendre la messe, les vêpres et le sermon.
4° Les chefs des métiers seront avertis que la cloche sonnera les samedi à heure de vêpres, pour que le travail cesse incontinent dans les ateliers.
5° Les cordonniers  ne feront le dimanche de chaussures neuves pour personne, ni les tailleurs d'habillement neufs, et leurs ateliers seront fermés. Fermées aussi seront les boutiques des apothicaires et de tous les autres marchands, pour que rien ne se vende ce jour-là.
6° Tous les tribunaux seront fermés également.
7° Les bouchers ne tueront plus le dimanche pour la vente du lundi. Les viandes débitées le lundi seront tuées le matin même.
8° Les ordonnances rendues par le sénéchal de Carcassonne et de Béziers au sujet des jeux de hasard et des blasphèmes, seront publiées de nouveau.
9° On prendra des mesures à l'égard des excommuniés.
10° Les maisons mal famées de la ville seront l'objet d'une surveillance particulière.
11° Les taverniers ne se tiendront pas le dimanche dans leurs tavernes, qui sont lieux où l'on joue et où l'on jure.
12° Les rôtisseurs et chandeliers ne feront cuire le même jour ni viande, ni quoi que ce soit dans leurs fours et leurs fourneaux.
13° Les rues seront nettoyées de toutes les ordures qui engendrent l'infection; les inspecteurs des rues y prendront garde.

Magasin pittoresque, juillet 1853.

vendredi 3 janvier 2014

L'ordonnance du médecin.

L'ordonnance du médecin.


A Millwaukie, aux Etats-Unis, M. Werner, employé de banque, , était devenu amoureux fou d'un médecin appartenant au sexe féminin. Mlle Lisbeth Meier, c'est le nom de la doctoresse, était remarquablement belle; elle habitait justement en face de la maison de M. Werner. Celui-ci, homme plein de santé, ne tarda pas à ressentir, à la vue de sa jolie voisine, une violente inquiétude intérieure et d'intenses battements de cœur.
Werner était d'une grande timidité.
Comme son état de santé ne s'améliorait pas, il se décida promptement à aller consulter la doctoresse Lisbeth Meier. Celle-ci l'examina avec soin sans parvenir à découvrir le moindre symptôme alarmant. Elle lui ordonna le repos et lui prescrivit quelque potion anodine.
Werner passa chaque jour au cabinet de consultation de son médecin, et une nouvelle ordonnance lui fut prescrite chaque jour, à laquelle, il se conformait fidèlement.
Quelques semaines ainsi se passèrent, mais d'amélioration de santé, aucune.
Enfin, Mlle Lisbeth lui dit en rougissant gracieusement:
- C'est la dernière ordonnance que je vous donne; si elle ne vous soulage pas, c'est que mon art est impuissant à vous guérir!
Et en même temps, elle lui passa un papier dans la main.
Arrivé dans la rue, M. Werner déplie l'ordonnance et y lit ces mots:

                                    "Parler à ma mère!
                                                                 
                                                                     Docteur Lisbeth Meier."

Comme toujours, Werner suivit scrupuleusement le conseil; il parla à Mme Meier qui lui accorda la main de sa fille, et depuis ce moment il est revenu à la santé, et il est l'époux de plus heureux des Etats-Unis.

Mon Dimanche, Revue populaire illustrée, 19 avril 1903.