Journal des Chapeliers.
Ces chroniques sont destinées à donner une senteur, un parfum, une ambiance d'une époque. Les articles sont souvent longs, la télévision n'existait pas, ni le langage SMS, ni twitter et les gens avaient le temps de lire en famille. Ils peuvent prêter à sourire, mais restons modeste. Combien d'articles contemporains, de discours politiques, de rapports d'experts que nous prenons très au sérieux aujourd'hui susciteront l'hilarité générale dans un siècle ?
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samedi 25 juillet 2026
mardi 20 mars 2018
lundi 3 octobre 2016
Chapeaux et manteaux.
Chapeaux et manteaux.
Petite toque en velours chaudron, garnie de plumes noires.
Chapeau lampion, en feutre noir; grand nœud vert et ailes noires.
Capote en feutre blanc; bord de velours vert mousse, fantaisie assortie.
1- Jaquette en véritable astrakan, doublé de satin ouaté, vague devant, col droit.
2- Long pardessus en loutre. modèle très élégant; il se fait aussi en peluche de soie imitant la loutre.
3- Vestons en loutres, col et parements en castor, renard bleu ou autre fourniture. Il se fait également en belle peluche.
4- Costume en drap garni véritable astrakan. Jaquette bordée d'astrakan et garnie de brandebourgs.
5- Manteau en loutre ou en belle peluche, col en renard bleu ou tout autre fourrure.
Le petit Moniteur illustré, 25 novembre 1888.
mercredi 21 septembre 2016
Chapeaux d'automne et d'hiver.
Chapeaux d'automne et d'hiver.
Notre joli dessin de mode représente aujourd'hui un véritable bouquet de chapeaux: chapeaux d'automne et chapeaux d'hiver. En voici la description:
Toque pour jeune fille, bandeau de plumes fantaisie avec une jolie tête d'oiseau en velours et aigrette, fond drapé en velours loutre.
Capote Marie-Lambert, en velours gris argent; fond de faille de même nuance, la passe est formée par deux gros plis en velours, garnie d'un galon argent formant marguerite. Pour ornement, trois têtes de plumes. Cette même forme peut se faire en toque.
Capote en velours réséda, passe fond coulissé. Une très jolie broderie Kachemyr fait bandeau, calotte, pouff de plumes deux tons. Nœud fait en velours n°2, barrettes dessous en galon or.
Capote en velours serpent, avec bandes de drap brodé or et marron, bouillonné de velours; bride en faille; jolie aigrette et oiseau.
Chapeau rond, en feutre taupé, le fond drapé en velours noir brodé de perles. Joli panache de plumes noires.
Chapeau en feutre vert myrthe. Une draperie en nuance semblable au feutre garnit la passe et est séparée par deux couteaux plumes naturelles, dessous barrettes et draperie velours.
Grande capote Directoire en feutre bronze taupé. Nœud de ruban formant chou et fantaisie très jolie sur la calotte, en coq de bruyère retenu par les brides.
Chapeau de jeune fille en feutre noir; coquillés sur les relevés, garni d'un très joli nœud de rubans pékin noir et petit nœud dessous.
Capote en velours vert mousse deux tons. Grosses ganses formant passe. Cette capote est ornée de dentelle noire formant aigrette et de nœuds verts assortis.
Le petit Moniteur illustré, 28 octobre 1888.
lundi 25 avril 2016
Bonnets et chapeaux.
Bonnets et chapeaux.
C'est encore à la quatrième exposition de l'Union centrale des beaux-arts appliqués à l'industrie, Musée historique du costume, que nous empruntons ces divers genres de coiffure.
Tous, soit quant à la forme, soit quant aux ornements, appartiennent au dix-septième et dix-huitième siècles. Les numéros 1 et 3, tirés des collections de MM. Baur et Kern, sont deux précieux spécimens du bonnet alsacien, modèle riche, que portaient au siècle dernier les opulentes bourgeoises du vieux pays de l'Ill. L'un de ces bonnets est en brocard d'argent brodé d'or, l'autre est orné d'un tour de dentelle d'or appliqué. Comme il est certain que le costume est peu sujet aux variations de la mode chez les races coutumières, on peut affirmer que la coupe du bonnet des femmes de l'Alsace s'est à peine modifiée depuis la dernière réunion de cette province à la France; mais, bien qu'il soit encore aujourd'hui à peu près taillé sur le patron de ceux dont nous offrons l'image, il en diffère par la couleur et le manque d'ornements, autant qu'un simple béguin d'étoffe et de dentelle noire diffère d'un tissu de soie et d'argent enrichi d'une broderie d'or, autant qu'un habit de gala diffère d'un vêtement de deuil.
On n'a nulle recherche à faire pour être fixé sur l'époque de la coiffure numéro 2; ce bonnet phrygien de toile blanche, orné de la cocarde tricolore, a figuré sur la tête d'un enfant. Il fait partie de la collection de M. Victorien Sardou.
Evidemment, c'est sur la tête d'une grande dame, peut-être d'une princesse souveraine de quelque cour d'Allemagne, que s'est posé le magnifique bonnet de dentelle brodée (n°4), dont le bavolet prolongé retombe depuis la naissance du cou jusque sur les bras comme les épaulières du heaume des anciens chevaliers; une agrafe d'or, dans laquelle passe une large et longue épingle du même métal, soutient par derrière, en le divisant, le bavolet drapé, comme les rideaux d'une fenêtre.
A la droite de ce bonnet, nous voyons (n°6) comment étaient coiffés les grenadiers autrichiens au temps de Marie-Thérèse. la carcasse du bonnet de grand uniforme était recouverte en drap bleu et avait pour ornement des trophées estampés en relief sur ses deux plaques de métal.
Le couvre-chef du soldat autrichien et le bonnet de police républicain inscrit sous le numéro 7 comptent de nombreuses rencontres durant des journées qui ont des noms célèbres dans l'histoire. On peut dire avec justice que ceux qui abritèrent l'une et l'autre de ces deux coiffures, soumis aux mêmes épreuves de la guerre, n'eurent rien à s'envier sous le rapport du courage: l'obéissance passive et l'ardent patriotisme font également des héros.
Dans notre précédent article, nous avons mentionné certain bonnet de nuit de la riche bourgeoisie du temps de Louis XIV, dont l'exemplaire original était dû à l'obligeante communication de M. le baron Schwiter. C'est au même exposant que nous devons celui qui porte le numéro 5 sur la présente gravure. De forme moins allongée que le premier, mais orné d'une plus riche broderie, ils sont tous deux de la même époque.
Il faut aussi faire remonter au temps de Louis XIV le bonnet vénitien (n°8), enrichi de fleurs en application d'étoffes brodées d'argent sur fond bleu.
Ce bonnet de cérémonie est une copie dont l'original dû figurer dans quelque solennité nationale; par exemple, au mariage du duc de Venise avec l'Adriatique, cette veuve de tous les doges qui se sont succédé depuis Sébastien Ziani (1172).
Le Magasin pittoresque, mai 1876.
dimanche 22 novembre 2015
Montre comment tu te coiffes, je te dirai qui tu es.
Montre comment tu te coiffes, je te dirai qui tu es.
Voyons, mademoiselle, comment votre fiancé porte-il son chapeau?...
- Vous ne savez pas. Vous n'avez pas remarqué? Coupable imprudence! Le port du chapeau, apprenez-le est d'une importance capitale: il nous révèle les caractères.
On s'en doutait déjà. Et voici que M. H. Gross, un savant allemand, vient de publier sur cette palpitante question un volume de 525 pages.
1° L'homme doux et aimable, poli, rempli d'attention pour les dames porte sa coiffure légèrement inclinée d'un côté. Ce garçon est né pour faire le bonheur d'une femme.
2° Un chapeau trop couché sur l'oreille, à toi, Clémenceau, indique l'insolence et la vantardise. Sous des aspects enjoués et badins l'individu coiffé de la sorte est un froid calculateur. C'est un être souvent séduisant, dangereux. Défiez-vous!
3° L'homme qui campe son chapeau sur l'arrière de la tête est téméraire, casse-cou et les scrupules n'encombrent pas son âme. Il a le sang d'un aventurier, se risque dans des entreprises désordonnées et s'engage à la légère. "Bon cœur et mauvais caractère", voilà son signalement.
Mon Dimanche, revue populaire illustrée, 5 janvier 1908.
vendredi 21 août 2015
Chez la grande modiste.
Chez la grande modiste.
Quatre heures, rue de la Paix. C'est l'heure délicieuse du chapeau! Choisir un chapeau, camper sur ses cheveux ondulés, selon l'esthétique de de main, le rien de plumes et de fleurs qui la rendra plus belle, plus désirable encore, quelle importante affaire pour une élégante!
Le prix et l'esprit d'un chapeau.
Le chapeau de la rue de la Paix, c'est la fleur que produit la vie élégante de Paris. Jamais semblable à lui-même, variant sans cesse de forme, de couleur et d'inspiration, il emprunte aux idées, aux mœurs, à la mode, renaît sans cesse des doigts capricieux de jolies filles influencées par toutes choses. Le chapeau de la rue de la Paix, c'est une minute de Paris.
Les Parisiennes connaissent tous les mérites de leurs différentes modistes. L'une d'elles a bien voulu nous laisser distraire de son carnet les notes suivantes qui caractérisent toutes nos faiseuses de chapeaux, de la place Vendôme à l'Opéra. (Nous remplacerons les noms de ces grandes artistes par des initiales absolument conventionnelles) :
Mme A...- Genre tout à fait grande dame. Fait spécialement la capote. Prix: 100 à 150 francs.
Mme B... - Chapeaux ronds plus particulièrement destinés aux Américaines. Genre Riche. Un peu excentrique. Prix: 100 à 200 francs.
Maison C... - Bonne maison. Chapeaux simplement jolis. Prix: 100 francs.
E... -Coiffe les grandes actrices. Ses chapeaux valent par leur chic, leur envolée. Ils en ont peut être trop! Prix: 70 à 100 francs.
Maisons F... et G... - N'ont jamais "étonné" nos élégantes. Mais font naître sur leurs chapeaux des fleurs d'une adorable finesse. Prix: 150 à 200 francs.
Mmes H..., I..., J... - Ces trois modistes font bien "comme tout le monde". Prix 75 à 100 francs.
Mme K... -Marque assez médiocre. Prix trop divers! On craint de payer 100 francs ce qu'une femme pratique aurait pour deux Louis.
Mme L... - Pour tout mérite, coiffe les dames de la finance, ce qui lui amène les nouvelles "arrivées" de la Bourse.
Ce griffonnage satirique (il vaut bien un chapeau!) nous montre d'abord combien sont dissemblables les talents de nos premières modistes parisiennes et nous apprend ensuite ce qu'il faut d'études à nos élégantes pour bien choisir le simple canotier qui convient à tout le monde.
Devant l'artiste.
Nos grandes modistes montrent souvent des dehors plus communs que leurs chapeaux. Telle a la face lourde, empâtée d'une directrice de pension de famille. Telle autre apparaît malingre, fatiguée autant qu'une vieille garde-malade.
Le principal mérite de ces grandes artistes réside en ceci: recevoir comme il convient la clientèle de leur maison et séduire les visiteuses en flattant leurs manies.
Dans une maison du boulevard Saint-Germain qui fournit des grâces à la très ancienne noblesse, la grande modiste sait donner du prix au genre très "comme il faut" de ses créations. Boulevard Haussmann, une autre réussit à contenter tout spécialement les dames âgées.
La grande modiste ne crée plus de modèles depuis belle lurette! Elle laisse cette jolie besogne à ses "premières". Il lui suffit de perpétuer la "manière" de sa maison, d'obtenir de ses fournisseurs la propriété exclusive de telle paille ou de tel ruban, de surveiller enfin les intérêts matériels de sa "marque".
Pour la vente, toutes nos faiseuses de chapeaux un peu renommées emploies des "mannequins", belles filles élégamment vêtues, aussi "forte" en allemand, en anglais, qu'un traducteur-juré. Ces demoiselles, brunes ou blondes, "feraient valoir" le plus horrible des paillassons à 4,25 fr!
Si la clientèle, après un laborieux essayage, hésite encore à acheter, ces fines commères approuvent ses objections, sourient à ses dires, la remercient de ses conseils artistiques et assurent qu'en modifiant "un rien", la petite composition de fleurs et de rubans sera délicieuse. Ces comédiennes, ces psychologues gagnent 200 francs par mois, sont vêtues aux frais de la maison, et prennent place, deux fois par jour, à la table de "madame", ce qui n'est pas un petit honneur.
En règle générale, les créateurs du chapeau élégant sont les plus fortunées des ouvrières parisiennes. Elles se défendent, il est vrai, d'appartenir au même monde que les "pauvres couturières" ou les "corseteuses communes".
Curieux laboratoire que les grandes chambres d'entresol où vient au monde le chapeau à dix louis! La "première", grande jeune femme élégante, corsetée de couleurs tendres "compose" un modèle. On la voit fixer d'un point de couture des rubans, des fleurs ou des fruits sur une forme, camper sa "création" sur son poing, cligner de l’œil pour juger de l'effet, pencher la tête en un petit geste qui admire, puis lâcher le "galurin" sur le tapis. Raté! ce n'est pas ça! "Ça ne vaut pas une casquette en peau de lapin!". Elle crie, tempête, flûte, donne des taloches à sa chaise, déclare qu'il n'y a plus rien de beau à créer si l'on tient compte du "sale goût des clientes".
Brusquement, elle reprend l'oeuvre dédaignée, remet la forme à nu et, grave, silencieuse, édifie un fantasque poème en plumes et en gaze, oeuvre inédite que toutes les femmes admireront demain.
La "première" modiste est du Tout-Paris, dans tout Paris. Elle se glisse dans les réunions où elle pourra glaner quelque document d'élégance. Chaque nouvelle pièce de théâtre moderne lui fournit une exhibition de chapeaux inédits.
Et elle "chipe" de-ci-de-là, des dispositions de rubans audacieuses, toutes les"nouveautés" qui lui permettront de "faire encore plus parisien"!
Ses appointements sont "formidables" disent les apprenties. Elle gagne de 600 à 1.000 francs par mois, autant qu'un vieux général!
Les artistes de second ordre.
Après la "première" vient, dans l'ordre hiérarchique, la "garnisseuse" qui répète les modèles créés par son chef de file. Son oeuvre vaut toujours par des qualités personnelles: arrangement plus délicat, plus léger, au choix de nuances plus harmonieuses. La "garnisseuse" gagne 200 francs par mois, déjeune et dîne à la maison. D'ailleurs les modistes de la rue de la Paix sont toujours nourries par la patronne.
La petite apprêteuse, l'apprêteuse, autres artistes modestes, préparent les jolis matériaux employés par les garnisseuses. Traitement: de 60 à 100 francs par mois!
L'apprentie (les grandes modistes n'en acceptent qu'une ou deux) pose des barrettes, des coiffes, s'habitue à redresser du doigt les fleurs ou les rubans. On l'envoie quérir parfois chez les "soyeux", marchands de soieries, les matériaux nécessaires à la fabrication du chapeau. Après quinze mois ou deux ans d'apprentissage, elle conquiert son premier galon et devient petite-main (25 ou 30 francs par mois de traitement)
Tout ce petit monde bavard et coquet ne s'ennuie pas au "travail"! On accuse les "petites-mains" de projeter un rien de salive dans la coiffe du chapeau destinée à telle cliente "difficile". Il paraît que cet acte gamin "empêche les reproches". Il vaut mieux ne pas croire au geste! On bavarde, on rit, on chante en sourdine, on fait tomber des piles de chapeaux, on avive le carmin de ses lèvres et le noir de ses cils, et, pourtant on travaille.
Le chapeau élégant naît de toute cette fièvre joyeuse.
Léon Roux.
Mon Dimanche, revue populaire illustrée, 19 février 1905.
samedi 25 juillet 2015
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