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lundi 7 octobre 2019

Pourquoi les femmes sont-elles plus jolies que les hommes?

Pourquoi les femmes sont-elles plus jolies que les hommes?


Un docteur d'outre-Manche vient de publier le résultat des recherches qu'il a faite sur cette question probablement très passionnante pour les Anglais.
Les investigations de ce savant britannique ont porté sur 1.600 femmes appartenant aux races diverses; elles l'ont ramené à cette conclusion que la femme doit sa joliesse au peu d'effort cérébral qu'elle est obligée de faire. Les études sérieuses, le travail intellectuel trop ardu, les préoccupations obsédantes d'affaires exercent, paraît-il, une influence préjudiciable sur la beauté.
Pour étayer sa thèse, le docteur cite un exemple typique. Dans les Indes anglaises il existe une tribu, celle des Zavo où les rôles de notre société se trouvent renversés. C'est la femme qui fait sa déclaration d'amour à l'homme, gère les affaires de l'Etat, occupe les fonctions publiques, subvient aux besoins du ménage, tandis que l'homme n'a qu'à rester au logis.
Résultat: les homme de la tribu de Zavo sont jolis et les femmes sont le sexe laid.
Les savants sont parfois les gens les plus facétieux du monde!

Mon Dimanche, revue populaire illustrée, 25 novembre 1906.

samedi 7 juillet 2018

La beauté chez les filles sauvages.

La beauté chez les filles sauvages.

De tous les temps et sous toutes les latitudes, la recherche de la beauté a été la plus grande préoccupation féminine.
Pour certaines fille d’Ève, la beauté consiste en un visage pâle, aux traits chiffonnés, en une gorge ronde, une taille fine et souple et une peau laiteuse: c'est la beauté parisienne.
Pour d'autres, c'est la peau bien noire et luisante, la poitrine hypertrophiée, des lèvres charnues sur des dents blanches et les cheveux court et crépus: c'est la beauté hottentote.
Chez les sauvages des îles des Nouvelles-Hébrides, la beauté féminine consiste surtout à se couvrir tout le corps d'arabesques plus ou moins gracieux. C'est par le tatouage que les élégantes de la Mélanésie obtiennent ce complément de beauté et il paraît que la pratique de ce procédé d'embellissement est des plus difficultueux et fait endurer les plus dures souffrances aux patientes bénévoles. 
Voici d'ailleurs comment un explorateur décrit cette opération qu'il a vu pratiquer.
" Dans l'intérieur d'une petite case en bambou, gisait la patiente, étendue sur le côté; un homme la tatouait. L'opération s'effectuait au moyen de petits os et d'arêtes de poisson à pointes très aiguës. L'opérateur piquait de la main droite et de la gauche étanchait le sang avec de la bourre de coco imbibée d'huile. Chaque coup entaillait la chair à peu près comme un graveur entaille une pièce de métal; encore celui-ci se sert-il d'eau régale, tandis que l'autre emploie un affreux mélange de suie et d'ocre. La cuisse gauche du sujet présentait une croûte dégoûtante, suite d'une opération précédente, car si grande est la douleur qu'il faut s'y prendre à plusieurs reprises. La jeune fille, cependant, ne poussait aucun gémissement; le désir d'acquérir une beauté nouvelle lui rendait ce supplice tolérable. Pour nous, spectateurs, nous quittâmes la case, n'ayant plus la force de supporter la vue de ce martyre".
Et quelques semaines après le traitement, quand les plaies sont cicatrisées, la peau apparaît zébrée de couleurs violacées, qui, dit-on, sont du meilleur goût et constituent autant d'attraits pour les fiancés des Nouvelles-Hébrides.

Mon Dimanche, revue populaire illustrée, 6 août 1905.

jeudi 29 mars 2018

Pourquoi les femmes sont-elles plus belles que les hommes?

Pourquoi les femmes sont-elles plus belles que les hommes?

Un docteur anglais s'est livré à de sérieuses investigations à ce sujet et nous communique les résultats suivants: c'est le travail de tête qui nuit à la beauté des hommes.
Sur 1.000 femmes prises dans les races et les milieux les plus divers, ce sont celles qui n'ont pas d'activité intellectuelle qui sont les plus belles!
Les études et les occupations sérieuses demandant de la réflexion sont nuisibles à la beauté.
Dans l'Inde anglaise, il y a une race, les Zaros où la femme s'occupe de choses de l'Etat et soutient le ménage par son travail; c'est elle qui déclare son amour à l'homme tandis que celui-ci n'a en somme rien à faire qu'à s'occuper des enfants et de la cuisine.
La conséquence naturelle de cet état de chose est que l'homme devient très beau tandis que la femme Zaro est très laide. Bizarre, n'est-ce pas?

Mon Dimanche, revue populaire illustrée, 1er décembre 1907.

dimanche 10 décembre 2017

La belle Madame.

La belle Madame.


On peut être la plus jolie, la plus charmante, la plus adorable des femmes, sans être "une belle Madame. La belle Madame est une créature spéciale, remplissant quasiment un sacerdoce mondain; une sorte d'animal curieux qu'il faut avoir dans son salon pour être dans le mouvement parisien.



"Nous aurons ce soir, la belle Mme X...", équivaut pour les amphitryons du high life au "nous aurons Molière et Lambert" du dîner de Boileau.
La "belle Madame", qui est peut être une femme de beaucoup de grâce et d'esprit, qui sait causer, qui est modeste, qui adore son mari, qui souhaiterait une vie simple, se sent tout à coup entraînée par une réputation de chronique vers une existence de pose, de gène et d'ennuis quotidiens. Elle exerce une espèce de profession, la profession de la beauté; ce que les Anglais appellent professional beauty. Elle n'est plus une femme, elle est un mythe, un modèle, une enseigne. Elle n'a plus une minute à elle. Recherchée pour sa fatale beauté, elle ne peut plus être soi-même, elle n'appartient plus à son mari, ni à ses enfants, elle appartient au monde qui veut voir ses épaules, ses bras, son front découvert, ses admirables cheveux.
Elle n'a plus le droit d'avoir une pensée, une expression, un sourire, un regard. Elle est statue, elle est bloc de marbre, elle est idole. 



Le monde lui a dit:" Tu es belle. Tu n'as pas le droit d'être autre chose", et la malheureuse se consume sous l'admiration publique, pareille à une figure de cire, tournant dans une vitrine du boulevard. Les hommes la regardent, la considèrent avec une admiration plus ou moins respectueuse. Les femmes la jalousent, et essaient de dénigrer sa beauté sculpturale et lui cherchent des défauts qui n'existent pas. 
La "belle Madame" sent ce qu'on dit et ce qu'on pense d'elle. Elle voudrait parfois être laide et mal faite et devenir tout bonnement une femme comme les autres.
J'en sais une, que j'ai rencontré dans maint salon parisien, et qui eût été heureuse de causer à l'écart avec quelques amis, de rire en liberté, de faire oublier sa beauté et d'être charmante au lieu d'être belle; mais elle était la belle Madame X... on l'avait invité pour la montrer à un public plus curieux que sympathique, et elle a dû quitter le petit coin où elle s'était réfugiée pour monter sur son tremplin de soie et de velours et être donnée en pâture à l'admiration de l'élite du monde parisien.



Pauvre belle Madame X...! Elle est plus à plaindre qu'à envier. Qu'elle se console cependant. Sa beauté passera, et peut être il restera d'elle une femme aimable et charmante, que l'on aimera pour sa bonne grâce, au lieu de s'extasier pour la rondeur de ses épaules et la fermeté de sa poitrine.

Physiologies parisiennes, Albert Millaud, illustrations de Caran d'Ache, Job et Frick, à la Librairie parisienne, 1887.





Nota de Célestin Mira: Quelque temps plus tard...