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samedi 16 janvier 2016

La cathédrale de Nantes.

La cathédrale de Nantes.

Un voyageur me disait ces jours derniers: " J'ai parcouru l'Asie et l'Amérique, je connais Naples et Rome, et je ne connais  peut-être rien de si beau que l'arrivée à Nantes, quand on vient de Vannes en chemin de fer, par un temps pur et par un ciel ensoleillé."
Je suis de son avis, et vous engage à faire le voyage.
Rien n'est curieux comme cette locomotive qui s'avance avec une lenteur prudente le long de ces quais superbes, en frôlant presque les trois-mâts et les bricks, à travers ces mille ballots de marchandises qui viennent de toutes les parties du monde.
Les Nantais ont eu peur que le chemin de fer gâtât leurs quais: il les embellit.
Quant à la cathédrale, elle n'est pas de celles que l'on cite; mais elle haute et belle, mais elle élève l'âme, mais elle donne l'idée du ciel. Puis, on y voit ce tombeau du duc François, qui est le chef-d'oeuvre des chefs-d'oeuvre...




On lui reproche lui reproche d'être inachevée; mais n'est-ce pas ce que l'on peut aussi reprocher à bien d'autres œuvres humaines? Ces architectes du moyen âge n'étaient pas des égoïstes: ils ont pensé à nous, et ont voulu nous laisser quelque chose à faire.

                                                                                                                                 L. G.

L'Illustré pour tous, choix de bonnes lectures, 29 novembre 1885.

mercredi 15 avril 2015

Statue antique découverte à Nantes.

Statue antique 
découverte à Nantes en 1836.


Une découverte des plus importantes pour les amateurs d'archéologie vient d'être faite dans cette ville. En déblayant un ancien mur d'enceinte de la ville dans l'emplacement d'une maison que l'on bâtit rue Royale, on a mis à découvert une statue de femme à corps de chien ou de sphinx, dont l'exécution paraît remonter à la plus haute antiquité
La tête, remarquable par son caractère, est bien conservée. Les détails du corps rappellent les statues d'Isis et d'Io, et peuvent faire présumer l'origine égyptienne de ce curieux monument. Sous la partie inférieure du corps, on remarque deux rangées de mamelles, signe adopté, comme on sait, dans l'antiquité égyptienne, comme symbole de la fécondité, ou, comme il n'est pas rare d'en trouver des exemples, attribué aux divinités qui président aux tombeaux. Il est probable que cette statue servait d'ornement à quelque cippe funéraire, dont on ne manquera pas de retrouver les vestiges en continuant de savantes recherches.
Ce qui donne bon espoir, c'est que ce n'est pas la première antiquité découverte sous cet emplacement. Dans un livre de recherches curieuses sur l'histoire nationale, publié par M. Fournier de Nantes, cet habile archéologue à prouvé que ce même emplacement qui occupe le terrain de l'église de Saint-Pierre, presque vers la place de la Préfecture, avait servi de cimetière pendant le temps de la domination romaine. Les tombeaux qu'il a reconnus et explorés renfermaient, outre les charbons, les cendres et les vases antiques, de nombreux objets de fabrication romaine. Non loin de là, on sait qu'il existe encore des vestiges de l'ancien temple de Volianus.
Cette précieuse découverte a mis en émoi tous les savants nantais, et l'on ne doute pas que tant de zèle n'aboutisse à quelque autre précieuse révélation.

Magasin universel, décembre 1836.