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lundi 7 mai 2018

Proclamation de l'Empereur.

Proclamation de l'Empereur
       
           au peuple français.



     Français,

Il y a dans la vie des peuples des moments solennels où l'honneur national, violemment excité, s'impose comme une force irrésistible, domine tous les intérêts et prend seul en main la direction des destinées de la patrie. Une de ces heures décisives vient de sonner pour la France.
La Prusse, à qui nous avons témoigné pendant et depuis la guerre de 1866 les dispositions les plus conciliantes, n'a tenu aucun compte de notre bon vouloir et de notre longanimité. Lancée dans une voie d'envahissement, elle a éveillé toutes les défiances, nécessité partout des armements exagérés, et fait de l'Europe un camp où règnent l'incertitude et la peur du lendemain.
Un dernier incident est venu révéler l'instabilité des rapports internationaux et montrer toute la gravité de la situation. En présence des nouvelles prétentions de la Prusse, nos réclamations se sont fait entendre. Elles ont été éludées et suivies de procédés dédaigneux. Notre pays en a ressenti une profonde irritation, et aussitôt un cri de guerre a retenti d'un bout de la France à l'autre. Il ne nous reste plus qu'à confier nos destinées au sort des armes.
Nous ne faisons pas la guerre à l'Allemagne, dont nous respectons l'indépendance. Nous faisons des vœux pour que les peuples qui composent la grande nationalité germanique disposent librement de leurs destinées.
Quant à nous, nous réclamons l'établissement d'un état de choses qui garantisse notre sécurité et assure l'avenir. Nous voulons conquérir une paix durable, basée sur les vrais intérêts des peuples, et faire cesser cet état précaire où toutes les nations emploient leurs ressources à s'armer les unes contre les autres.
Le glorieux drapeau que nous déployons encore une fois devant ceux qui nous provoquent, est le même qui porta à travers l'Europe les idées civilisatrices de notre grande Révolution. Il représente les mêmes principes; il inspirera les mêmes dévouements.

     Français, 

Je vais me mettre à la tête de cette vaillante armée qu'anime l'amour du devoir et de la patrie. Elle sait ce qu'elle vaut, car elle a vu dans les quatre parties du monde la victoire s'attacher à ses pas.
J'emmène mon fils avec moi, malgré son jeune âge. Il sait quels sont les devoirs que son nom lui impose, et il est fier de prendre sa part dans les dangers de ceux qui combattent pour la patrie.
Dieu bénisse nos efforts. Un grand peuple qui défend une cause juste est invincible!

                                                                                                      Napoléon.

*****

Proclamation de l'Empereur
   

                          à la flotte.

Cette proclamation a été lue par l'Impératrice à bord de la frégate-amiral la Surveillante, à Cherbourg.

      Officiers et marins,

Quoique je ne sois pas au milieu de vous, ma pensée vous suivra sur ces mers où votre valeur va se déployer.
La marine française a de glorieux souvenirs; elle se montrera digne de son passé.
Lorsque, loin du sol de la patrie, vous vous trouverez en face de l'ennemi, songez que la France est avec vous, que son coeur bat avec le vôtre, et qu'elle appelle sur vos armes la protection du ciel.
Pendant que vous combattrez sur mer, vos frères de l'armée de terre lutterons avec la même ardeur pour la même cause que vous. Secondez réciproquement vos efforts, que couronnera le même succès.
Aliez, montrez avec orgueil nos couleurs nationales. En voyant le drapeau tricolore flotter sur nos vaisseaux, l'ennemi saura que partout il porte dans ses plis l'honneur et le génie de la France.

                                                                                                                 Napoléon.


LA GUERRE. Centralisation des troupes.
Une station entre Metz et Forbach.



LA GUERRE. Metz: Départ d'un détachement pour le camp de Ban Saint-Martin.
Transport des bagages.



LA GUERRE. Quartier général du maréchal Frossard, à Saint-Avold.



LA GUERRE. Armement du fort Saint-Julien, près Metz.



LA GUERRE. Le village de Sierck, près Thionville, frontière française.



Paris. Les engagements volontaires.



La marine prussienne. Le Roi-Guillaume,
frégate cuirassée de premier rang.



Toulon. Illumination de l'escadre,
la nuit de la déclaration de guerre.



Types et physionomies de l'armée du Rhin.
Avant l'entrée en campagne.
La baignade dans la Moselle, à Metz.



Types et physionomies de l'armée du Rhin.
Pèche à la main dans les fosses des fortifications de Metz.


Croquis d'après nature par M. Lançon, correspondant spécial de l'Illustration.



L'Illustration, journal universel, 30 juillet 1870.

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