Translate

Affichage des articles dont le libellé est cheminée. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est cheminée. Afficher tous les articles

lundi 28 septembre 2026

 Le ramoneur.




Gravure à l'eau forte et au burin du graveur français Nicolas Joseph Voyez vers 1770 d'après un tableau de Jean-Baptiste Greuze, intitulée "Le Ramoneur".

La scène représente une femme et un ramoneur, à genoux, dans un intérieur d'une maison du XVIIIe siècle. Dans l'esprit libertin de l'Ancien Régime, le ramoneur est associé à des actes grivois caractérisés. Dans les chansons populaires, les pièces de théâtre "ramoner la cheminée" était une métaphore sexuelle classique. Face à la maîtresse de maison, au décolleté généreux, tenant son balai, le ramoneur, à genoux, lève vers elle des yeux implorant. Officiellement, il quémande un travail ou lui demande de le payer pour le travail accompli. C'est le "drame bourgeois" cher à Greuze. Mais Greuze pratiquait le double sens et pour les spectateurs avertis, il s'agissait d'une parodie de l'amour courtois, issu du moyen âge.
Seul le petit garçon assis sur sa chaise avec son chien empêche le dénouement de la confrontation. On sent que la jeune femme hésite, qu'elle détaille le petit ramoneur. Le chien, qui incarne la fidélité, lui sent le danger moral et observe le ramoneur libertin, prêt à bondir.
Ce genre de situation était très prisé des amateurs car ils pouvaient jouer eux aussi sur le double sens. 

On peut lire:

A gauche: "Ce Dessein est au Cabinet de l'Ordre Royal"
A droite: "de M.r Damery Chevalier Militaire de S.t. Louis"
Au XVIIIe siècle dessin s'écrivait dessein rappelant que la gravure a été réalisée à partir d'une œuvre originale.
Il est amusant de constater que le graveur  Nicolas Joseph Voyez s'est un peu empêtré dans le texte. Il faut lire: "Ce Dessein est au Cabinet de M.r Damary, Chevalier de l'Ordre royal et Militaire de S.t Louis". Le chevalier de Damary, en réalité Pierre-Marie-Louis de Boisgelin de Kerdu, a joué un rôle important en tant que collectionneur. Les peintres et les acheteurs autorisaient souvent des graveurs à reproduire une œuvre originale. Ces estampes étaient tirées à de nombreux exemplaires diffusés dans toute l'Europe, ce qui était source de revenus pour les uns et de notoriété pour les autres. Le fait que l'estampe mentionne le nom de Damery était un gage de qualité.
"Voyez Sculp." veut dire en latin Voyez sculpsit qui signifie "Voyez l'a gravé. De même "Greuze delin." est l'abréviation de Greuze delineavit "Greuze l'a dessiné"
Enfin, on termine par une mention commerciale: "Se vend A Paris chez Beauvarlet, rue St. Jacques vis à vis celle des Mathurins." Jacques-Firmin Beauvarlet était un des plus importants marchands d'estampe de Paris.

lundi 14 septembre 2026

Séchage.







 
Eau-forte colorée à la main de Thomas Rowlandson datée du 1er mai 1790, intitulée "Airing a shift" ("Sécher une chemise").

Une femme, dépoitraillée, fait sécher une chemise devant une cheminée. Sous l'image, on trouve un poème, jugé grivois à l'époque:

A Thousand Cupids dance upon her smiles;
Young bathing Angels, wanton in her eyes,
melt in her looks, and pant upon her breasts
. 

Mille Cupidons dansent sur ses sourires ;
De jeunes Anges se baignant, badins dans ses yeux,
se fondent dans ses regards, et halètent sur sa poitrine.

Cette estampe a été éditée par William Holland qui tenait boutique au 50 Oxford Street à Londres. Holland exposait les estampes dans une salle dont l'entrée était payante (1 shilling). Seulement Holland était un radical et très engagé politiquement. En 1793, il est jeté en prison pendant un an pour avoir publié des écrits révolutionnaires de Thomas Paine. Les clients venaient chez lui pour "se rincer l'œil" et pour comploter contre la couronne britannique.

De nos jours, Rowlandson est reconnu comme un artiste important. Il est exposé au Metropolitan Museum of Art de New-York. Mais au XIXe siècle, il a subi une censure systématique sous le règne de la reine Victoria. Des centaines de ses gravures ont été détruites sur ordre car jugées immorales. Heureusement des musées réussirent à en cacher certaines et de riches collectionneurs se sont précipités pour  sauver  ses œuvres de l'oubli.

Mais, le malheureux Rowlandson subit encore de nos jours la censure. L'estampe présentée plus haut est censurée par des filtres de modération de certains réseaux sociaux à cause de la poitrine dénudée de la femme. La censure n'est pas morte avec la reine Victoria, sa succession a été assurée. Et 230 ans plus tard,  le pouvoir de provocation de Rowlandson reste intact.

mardi 28 juillet 2026

Vive l'hiver. 










Gravure satirique de Charles Williams datant de 1801 et intitulée "Luxury, or the Comforts of a Rum p ford".

Il s'agit d'une parodie des publicités pour les poêles Rumford. Williams a ajouté un "p" pour faire un jeu de mots: rump, en anglais, signifiant le fessier ou la croupe.
La femme tient dans sa main le roman subversif  "The Monk" (Le Moine) de Matthew Gregory Lewis, alors que sur la table et au sol on aperçoit deux autres romans érotiques; "The kisses" et "Economy of Love".







Cette caricature date de 1815. Dessinée par Charles Williams elle s'intitule "The Comfort".

A l'époque géorgienne et sous la Régence, les femmes ne portaient pas de culottes sous leurs robes. Elles portaient uniquement une chemise de corps, des jupons et des bas fixés par des jarretières.








Cette image est une caricature néerlandaise de 1810 intitulée "La Reine Hortense de Beauharnais dans ses appartements privés."

Hortense tient à la main un roman très osé "Thérèse philosophe", à ses pieds un autre roman érotique: "Het Cabinet der Dames". Sur un mot au mur, on peut lire: "Favorite van Madame Hortense Eugene Beauharnais, geweze Koningin van Holland" qui veut dire "Favorite de Madame Hortense Eugène Beauharnais, ancienne reine de Hollande"
Hortense est représentée, sa robe de style Empire largement ouverte, les fesses et les jambes nues devant la cheminée.