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jeudi 6 août 2026

De la canicule.








 
"[…] Une grande fatigue, le travail en retard, un effort désespéré pour reprendre ma tâche au milieu d’un été que je n’ai jamais vu, que je ne croyais pas possible dans nos climats tempérés : des journées où le thermomètre à l’ombre montait à 45 degrés, plus un brin d’herbe, plus une fleur au 1ᵉʳ juillet, les arbres jaunis perdant leurs feuilles, la terre fendue s’ouvrant comme pour nous ensevelir, l’effroi de manquer d’eau d’un jour à l’autre, l’effroi des maladies et de la misère pour tout ce pauvre monde découragé de demander à la terre ce qu’elle refusait obstinément à son travail, la consternation de sa fauchaison à peu près nulle, la consternation de sa moisson misérable, terrible sous cette chaleur d’Afrique qui prenait un aspect de fin du monde ! Et puis des fléaux que la science croyait avoir conjurés et devant lesquels elle se déclare impuissante, des varioles foudroyantes, horribles, l’incendie des bois environnants élevant ses fanaux sinistres autour de l’horizon, des loups effarés venant se réfugier le soir dans nos maisons !"


Ce texte est de Georges Sand, écrit à Nohant le 15 septembre 1870.

Les canicules ont toujours existé et certaines furent terribles.

Au XVIIe siècle, on cite les années 1632, 1674, 1684, 1694. 
Au XVIIIe siècle, celles de 1701, 1712, 1718, 1719, 1726, 1727, 1767, 1778 et 1793. 
Le XIXe siècle n'a pas été oublié: 1803, 1811, 1817, 1825, 1842, 1859, 1875, 1893.

L'année 1858 fut très chaude, notamment à Londres où la chaleur déclencha "the great stink" la "grande puanteur" à cause de la fermentation de la Tamise qui servait alors d'égout. L'odeur pestilentielle était si forte que le Parlement dut interrompre ses travaux et que la reine Victoria, en promenade en bateau sur la Tamise, dut se retirer, un mouchoir imbibé de parfum sur le nez.




Allégorie de la tamise en 1858.

 

L'année 1859 est assez bien documentée. Le 28 juin 1859, la température atteint +28°C. Certains, à Paris, se plaignent de la chaleur, mais l'activité parisienne ne faiblit pas. 
Les fortes températures débutent le 7 juillet. La température dépasse les 30°C.  les températures supérieures à 30° se maintiendront 16 jours de suite, ralentissant l'activité économique. On enregistra un pic de 37°. 






Gravure d'Edmond Morin parue le 31 juillet 1831 en double page du Monde illustré.
Cette composition allégorique montre l'accablement des parisiens par la chaleur.


Il fallut attendre le 24 juillet, avec le retour de la pluie, pour que les températures baissent enfin. Le "Tintamarre", dans son édition du 17 juillet 1859, écrit: "Paris entier tire la langue, les gens assez heureux pour avoir une cave y passent une partie de leur après-midi, ceux qui n'ont pas de cave se font descendre dans leur puits."
Le bois de Boulogne et les quais de Seine étaient pris d'assaut par ceux qui revherchaient un peu de fraîcheur.





"Une promenade au bord de la seine pendant la canicule" de Daumier. 

Un couple bourgeois, lui habillé d'une redingote et elle d'une longue et lourde robe comme si de rien n'était, sont sortis pour une promenade sur les bords de la Seine. L'homme, à l'aide de son parapluie, cache à sa femme la vue des baigneurs entièrement nus qui se trempent dans la Seine.
Certains rapportent, qu'au Faubourg Saint-Antoine, un homme s'est promené sur les toits, la nuit, afin de trouver un peu de fraîcheur!





"Tenue de canicule" par Daumier, 1854.






Caricature de Daumier de 1859 intitulée "Amélioration qui ne tardera pas à être apportée aux théâtres de Paris pendant la canicule."
La chaleur emmagasinée dans les théâtres était étouffante. On voit un homme allongé dans une baignoire pleine d'eau située dans une loge, qui à l'époque s'appelait justement "baignoire"!






" Vue prise à la buvette" par Daumier, 1855






En septembre 1895, la barre des 35°C à l'ombre à Paris est atteinte pendant plusieurs jours. Cette image est extraite du Petit Journal du 22 septembre 1895. On y voit des parisiens de toute classe ainsi qu'un chien accablés par cette chaleur tardive.








Cette gravure de Jean-Henri de Haenen, a été publiée par Le Monde illustré du 23 aoît 1884 pour illustrer une vague de chaleur intense qui frappait Paris. La scène se passe sur la place du Théâtre-Français. On y voit une foule rassemblée autour d'un tonneau décoré où pour quelques centimes les parisiens peuvent obtenir une boisson fraîche. A notée à l'arrière plan, une fontaine Wallace. Au premier plan, un homme, à l'aide d'un arrosoir, inonde les pavés de la place.




Une du Petit Journal de 1911. La canicule de 1911 fut une des pires catastrophes climatiques de l'Histoire de France.
L'épisode caniculaire s'est déroulé pendant plus de deux mois, sans trève, du 5 juillet au 13 septembre 1911. La température a oscillé entre 30 à 40°C à l'ombre dans tout le pays. On a relévé 37 à Paris, 38 à lyon et 39 à Toulouse. Cette vague de chaleur s'est accompagnée par une absence totale de pluie asséchant de nombreux cours d'eau.
La canicule de 1911 a causé la mort de plus de 40 000 personnes en France, bilan qui dépasse de loin celui de 2003. Les principales victimes furent les enfants en bas âge: 30 000 enfants de moins d'un an sont morts. Ces morts ont été provoqués par le manque d'hygiène, notamment par l'absence de réfrigérateurs favorisant la prolifération des bactéries dans le lait et provoquant une épidémie appelée "choléra infantile".
Le prix des aliments de base a grimpé en flèche en raison des pertes de bétail et du manque de fourrage. Cette inflation déclencha des émeutes de la faim dans le nord de la France. A la suite de ce drame, les autorités médicales ont imposé des contrôles beaucoup plus stricts sur la pasteurisation, la conservation et la distribution du lait à travers le pays.
Afin de lutter contre la chaleur, les municipalités faisaient circuler des voitures tonneaux pour arroser abondamment les pavés et ainsi faire baisser la température des rues. Des blocs de grace étaient livrés à domicile par des "glacières". Les particuliers les plaçaient dans des meubles en bois et en zinc appelés eux aussi "glacières" afin de pouvoir conserver les aliments quelques heures. Tous les cours d'eau, les fleuves, les rivières, les bains publics  étaient pris d'assaut. La police laissait les gens se baigner dans les canaux et les fontaines où la baignade était normalement interdite.
Les habitants des appartements mansardés à Paris passaient la nuit dehors, souvent à même le sol dans les jardins publics, notamment aux Buttes-Chaumont. On y trouve des familles entères venues avec leurs matelas, leurs oreillers, leurs couvertures ou de simples draps étalés à même l'herbe. Les codes vestimentaires étaient très stricts en ces temps, mais les hommes abandonnent leur veste pour dormir en maillot de corps, au grand dam de certains, ou certaines, et les enfants sont en simple chemise.
Pendant les heures les plus chaudes les églises se remplissaient par ceux qui cherchaient un peu de fraîcheur. Les hommes remplaçaient leur chapeaux de feutre par des canotiers de paille et portaient des vêtements de lin. Les femmes changeaient leurs lourdes robes par des robes plus légères, même si le port du corset restait de règle dans la bourgeoisie.
Les premiers jours, la presse s'amusait de voir les habitudes des Parisiens bouleversées.
L'Excelsior: "La canicule est sans pitié. Hélas! oui, par 36° de chaleur à l'ombre. Paris métamorphosé: il boit, il se baigne en plein air, il dort à la belle étoile et dédaigne le théâtre".
Le Temps: "L'on boit au centre de Paris, l'on boit à ses extrémités... Tel café aristocratique inonde ses clients d'orangeade rubescente ou de citronnade opaline".
Puis le ton changea, la presse se mit a qualifier la chaleur "d'encombrante, d'envahissante, d'indiscrete". Le 10 août 1911, le Journal titre en première page: "Trente-sept, sept à l'ombre... et on nous promet pire pour ce soir!". La situation est comparée aux étés historiques de 1876 et 1898.
A la mi-aôut, le ton humoristique fait partie du passé, le Petit Journal titre: "Les méfaits de la chaleur- Une victime de l'insolation." Les journalistes découvrent les effets de la chaleur sur le monde du travail: "De nombreuses victimes de l'insolation ont été transportées soit dans les hôpitaux, soit dans les pharmacies. Beaucoup ont succombé. Quelle torture pour tous ceux que leur métier force à courir les rues par de telles températures. Ah! certes, Paris se souviendra de cet été excessif!"

 

mardi 13 mars 2018

Quelle chaleur!

Quelle chaleur!


Tout un système médical, préconisé par la secte des scientistes repose sur cet axiome que nos sensations et nos douleurs ne sont que des illusions et que l'esprit seul est malade. Par conséquent, pour guérir, il suffit de se croire bien portant et de nier la souffrance.
Pareillement, si vous endurez mal les chaleurs caniculaires dont nous gratifie la saison, entourez-vous ostensiblement le cou d'un cache-nez, revêtez un chaud par dessus et jurez à qui voudra l'entendre qu'il fait terriblement froid. Et si vous avez peine à en convaincre votre entourage, procédez par comparaison et citez avec complaisance les étés les plus chauds que les annales aient enregistré.
En 879, près de Worms, les ouvriers tombent morts de chaleur dans les champs.
En l'an 1000, les rivières et les sources de France se dessèchent: les poissons se putréfient et amènent la peste. En 1132, la terre se fend; le Rhin dans l'Alsace est à sec.
En 1616, sécheresse dans toute l'Europe.
Les trois premières années du XVIIe siècle eurent des étés torrides.
Le 30 juillet 1705, la chaleur fut si grande à Montpellier qu'elle égalait celle qui sort d'un four de verrerie. On faisait cuire des œufs au soleil.
En 1748, les théâtres furent fermés à Paris par mesure d'hygiène. Pendant cinq mois il ne tomba pas une goutte de pluie. Les arbres fruitiers fleurirent plusieurs fois.
En 1802, il y eut à Paris la plus grande chaleur qui ait été enregistrée depuis la découverte du thermomètre, 41°.
En 1811, 1823, 1830, 1840, 1846 et 1860, chaleurs qui causèrent de nombreuses victimes.

Mon Dimanche, revue populaire illustrée, 1er septembre 1907.

samedi 9 décembre 2017

Le monsieur qui a chaud.

Le monsieur qui a chaud.


Le monsieur qui a chaud n'a chaud que parce qu'il fait chaud le 2 septembre. Si nous étions en juillet, à la canicule, il aurait moins chaud ou tout au moins il ne se plaindrait pas. Ce qui l'offusque, c'est que la température est anormale; elle dépasse les limites, elle abuse, elle exagère.



Le monsieur qui a chaud attend avec impatience l'orage; il étudie le baromètre; il donnerait cinquante francs pour un bon coup de pluie; et quand la pluie arrive, il s'écriera: "Quel fichu temps! Au mois de septembre... si ce n'est pas dégoûtant!"
Le monsieur qui a chaud le 2 septembre n'a jamais eu aussi chaud. Il dîne et déjeune en manches de chemise. Il couche tout nu. Un seul drap lui est même insupportable. Il ne porte pas de gilets. Sa cravate n'est plus qu'un fil.
Il est accablé, éreinté, exténué. Il ne peut ni marcher, ni dormir. Vous le voyez dans la rue, traînant ses pas, l'air malheureux. De temps en temps, il passe un doigt entre le col de sa chemise et sa peau pour décoller la batiste. Celle-ci est toute imprégnée de sueur. On n'a jamais vu ça.
Le monsieur qui a chaud profite de la circonstance pour boire un bock de plus par jour. 



A quelque chose chaleur est bonne. Le monsieur qui a chaud est vexé de la chaleur, bien moins que son importunité que parce qu'elle dérange ses habitudes et ses plans. Il avait quitté la mer, il la regrette; il voulait fréquenter les théâtres, il ne peut pas; il avait commandé des habits de demi-saison et le voilà forcé d'user jusqu'à la corde les alpagas défraîchis de juillet et d'août.
En somme, le monsieur qui a chaud est surtout un routinier. Il ne veut pas plus de chaleur en septembre, que de froidure en juin. Il est habitué à une certaine échelle thermométrique, suivant les saisons. C'est un traité passé entre le Parisien et la Providence. Quand la Providence manque à son traité, le Parisien est implacable et envoie l'huissier.

Physiologies parisiennes, Albert Millaud, illustrations de Caran d'Ache, Job et Frick, à la Librairie illustrée, 1887.

dimanche 14 décembre 2014

Chronique du Journal du Dimanche.

Chronique.

L'été de 1857 fera probablement date et sera signalé comme un des plus chauds qui aient desséché le sol de la France: il faut espérer toutefois qu'il restera inférieur à celui de 1705, et que nous ne verrons pas demain se reproduire le phénomène enregistré dans les Éphémérides, à la date du 6 août 1705. La chaleur fut si excessive, qu'un thermomètre dont Cassini se servait depuis trente-six ans se brisa sur les deux heures après midi. Dans les parties méridionales de la France, il y eut une telle sécheresse, qu'en plusieurs endroits, on fit cuire des œufs au soleil, et que la plus grande partie des vignes fut brûlée, ce qui n'était jamais arrivé dans ces contrées.
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Nous pouvons annoncer, d'après autorité, dit le Morning-Chronicle, que le nombre très-considérable de 16.000 signatures de femmes d'Angleterre était déjà apposé hier au soir sur l'adresse à la reine contre le bill du divorce, et que tous les jours de nouvelles signatures sont ajoutées à la déclaration, qui sera présentée à la reine par un de ses pairs.
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Le sieur Chevretel, âgé de cinquante-sept ans, ouvrier couvreur, était occupé à des travaux de son état sur la toiture d'une maison élevée de cinq étages dans la cité Riverin, rue de Bondy, lorsqu'en voulant changer de place il plaça son pied sur l'entablement, glissa et tomba de cette hauteur sur le sol, où il resta étendu sans mouvements. On s'empressa de le relever, et l'on constata qu'il avait été tué roide dans sa chute. Il laisse trois enfants dont il était l'unique soutien.
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Un individu, paraissant en proie à une grande agitation, se présente un jour au commissariat du Luxembourg pour réclamer aide et protection; il se dit en butte aux attaques incessantes de la Faculté de médecine, dont les élèves s'acharnaient contre lui afin de le disséquer, parce qu'il avait deux cerveaux. Comme saint Antoine dans le désert, il était livré à des tentations de toute nature. On lui faisait boire des philtres et on lui envoyait des jeunes filles afin de le faire renoncer à la continence, dont il s'était fait une loi.
Il triomphait de ces embûches, mais c'était pour tomber dans un autre péril. Des matassins, armés de l'instrument dont Molière n'a pas craint d'enrichir le théâtre, le poursuivaient sans relâche, et, pour les éviter, il était obligé de courir des heures entières autour de sa chambre. Il avait pris plus de deux cents médecines Leroy, etc.
Ce malheureux, qui est un ancien valet de chambre nommé M... , jouissant d'une certaine aisance, a été envoyé à la Préfecture, où des mesures seront prises pour le faire admettre dans une maison d'aliénés.
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Un sergent de ville en observation près du pont Neuf remarqua, un soir, un individu qui, après avoir fait rapidement plusieurs signes de croix, se disposait à enjamber le parapet. Le sergent de ville courut vers cet homme et le retint par ses vêtements au moment où il allait se précipiter dans la Seine.
Conduit chez le commissaire de police du Palais de Justice et interrogé, cet individu a déclaré qu'il se nommait Antoine L... , ouvrier coffretier. Il paraît qu'il était possédé de la manie d'écrire, et que son désespoir venait de ce qu'il était méconnu, la génération actuelle paraissant se soucier peu de ses œuvres.
On a trouvé chez lui une quantité considérable de manuscrits, dont un roman intitulé La Jeunesse d'un prolétaire, des poëmes, des pièces de théâtre, etc., le tout indigeste et sans valeur. Le commissaire a fait entendre à l'auteur incompris qu'il serait plus utile et plus honorable pour lui de se livrer entièrement à son industrie, afin d'y exceller, selon le précepte de Boileau: Soyez plutôt maçon etc. Antoine L... s'est rendu à cet avis et s'est engagé sur l'honneur à chasser désormais loin de lui toute idée de suicide.
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Le nommé Maligre (Marie), âgé de dix-sept ans, chiffonnier, était monté sur le parapet du quai aux Fleurs et plaisantait avec plusieurs camarades, quand, ayant fait un mouvement vers l'arrière, il fut précipité dans la Seine. Un sieur Gouvignon, demeurant rue du Paon-Saint-Victor, 9, n'hésita pas à se jeter à la nage. A cet endroit le fleuve est assez dangereux: les bâtiments de la machine hydraulique donnent à l'eau une agitation qui rend les mouvements du nageur difficiles. Quoi qu'il en soit, Gouvignon fut assez heureux pour opérer le sauvetage de l'imprudent chiffonnier. Le médecin appelé par M. le commissaire de police du quartier reconnut que Maligre avait la cuisse fracturée; on le fit transporter à l'Hôtel-Dieu.
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Un accident affreux est arrivé la semaine dernière au coin de la rue Oblin. Quatre ouvriers étaient sur un échafaudage volant, au troisième étage de la maison qu'ils badigeonnaient.Tout à coup, un craquement terrible se fait entendre: le plancher cède au poids des ouvriers et se brise en deux. Les quatre malheureux ouvriers sont précipité sur la pavé. On s'empresse pour leur porter secours, mais la chute a été tellement violente, qu'on désespère de les sauver. Au nombre de ces malheureux se trouvent deux pères de famille ayant des enfants en bas âge.
Cet événement a vivement impressionné les habitants du quartier, et spontanément il a été décidé, par un grand nombre de négociants dans le commerce des grains et des farines qui se trouvaient en ce moment dans la Halle, qu'une souscription serait ouverte en faveur des familles des quatre victimes. Les souscriptions sont reçues chez MM. Déthan frères, rue de Viarmes.

Journal du Dimanche, 30 août 1857.

vendredi 9 mai 2014

Août.

Août.




                                                                         Août.

                                                      Suivant sa route accoutumée, 
                                                      Le soleil d'été, triomphant,
                                                      Sur le sol qui craque et se fend
                                                      Darde sa morsure enflammée.

                                                      Une pâle et chaude fumée
                                                      Couvre Paris en l'étouffant,
                                                      Et la ville, se dégrafant,
                                                      S'étend, languissamment pâmée.

                                                      Le long des toits, le long des murs, 
                                                      Les rayons tombent, secs et durs;
                                                      Là-haut, dans son char qui poudroie,

                                                      Menant ses coursiers bondissants,
                                                      Comme un cocher de fiacre en joie
                                                      Phoebus tape sur les passants.

                                                                             Jacques Normand.

Revue Illustrée, premier semestre 1889.