Féminisme.
Comme on mariait une femme, elle voulut, avant de signer son contrat de mariage, en entendre la lecture. Le notaire le lut, et entendant les mots qu'on a coutume de mettre en pareils contrats;
"Et en cas que la future épouse survécût ledit futur époux, ladite future épouse remportera ses bagues, joyaux, lit fourni*, etc, " elle crut que cet et cœtera voulait dire qu'elle se tairait (et se taira).
"Je n'en ferai rien, dit-elle; merci de ma vie! Je ne me tairai point, je veux que soit inséré dans le contrat qu'il me soit permis de parler tant qu'il me plaira."
Et peu s'en fallu que pour ce sujet le mariage ne fût rompu.
D'ouville, Contes.
Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes, Edmont Guérard, 1876, Firmin-Didot.
* Nota de célestin Mira:
* Lit fourni: le lit fourni désignait, dans un contrat de mariage l'ensemble de la literie (cadre du lit, matelas, paillasse) et du linge de maison (draps, taies d'oreillers, couvertures, édredons, couettes, traversins). Cette mention est liée aux clauses de préciput qui permet, avant tout partage, au conjoint survivant de reprendre ses affaires personnelles et le mobilier de chambre, sans frais. Le terme " lit fourni " est tombé en désuétude et remplacé par "chambre garnie".
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