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jeudi 14 février 2019

Animaux de légende et Bêtes exemplaires.

Animaux de légende et Bêtes exemplaires.



Saint Cuthbert sauvé miraculeusement de la famine par un aigle,
d'après le tableau de L. Duez.

Les bêtes apparaissent, dans les légendes des Saints, douces, serviables, meilleures, souvent que les hommes auxquels leur bonté est donnée en exemple. Au VIIe siècle, saint Cuthbert, un évêque breton, s'étant égaré dans un pays désert, cherchait en vain de quoi manger, quand un aigle laissa tomber à ses pieds un gros poisson qui l'empêcha de mourir de faim.



Saint François d'Assise prêchant aux oiseaux en Italie,
d'après une fresque de Giotto, un des maîtres italiens du XIIIe siècle.
Saint François d'Assise, cheminant un jour en Ombrie, s'arrêta devant une troupe de petits oiseaux qui cherchaient leur pâture. Le Saint se mit à leur parler. Quand il eut fini, dit la légende, les oiseaux se dispersèrent dans toutes les directions et partirent chanter la gloire de Dieu.






Le miracle de la mule,
d'après le tableau de Dom. Campagnola (Ecole Italienne)

Un homme de Rimini avait déclarait qu'il ne se convertirait que quand il aurait vu sa mule d'agenouiller devant l'hostie. On amena la bête devant le Saint. En vain l'homme voulut-il la tenter en lui présentant un boisseau d'avoine: dès qu'elle fut devant saint Antoine, la mule, fit la génuflexion promise.






Saint Paul et saint Antoine nourris par un corbeau,
d'après le tableau de Velasquez, le grand maître espagnol du XVIe siècle.

Saint Paul, au fond de son désert d'Egypte, dépérissait faute de nourriture. Un corbeau lui apporta un jour la moitié d'un pain dans son bec. Depuis lors, il revint chaque matin, pendant soixante ans. Un jour même que saint Antoine était venu voir le solitaire d'Egypte, l'oiseau leur apporta une double ration de pain.






La conversion de saint Hubert,
d'après un tableau de Crayer d'Artois, peintre flamand du XVIe siècle.
(Musée de Bruxelles)

Dans certaines légendes, les bêtes servent à amener les hommes au repentir. Tel est le sens de cet épisode de la vie de saint Hubert. Un jour ce grand chasseur poursuivait dans une forêt un cerf qui lui échappait toujours. Soudain la bête s'arrête et Hubert aperçoit entre ses bois une croix lumineuse. Ébloui, il tombe à genoux. C'est ainsi que fut converti celui qui devait être plus tard le patron des chasseurs.






L'intimité entre les saints et les bêtes féroces.
L'ermite saint Jérôme et son lion,
d'après le tableau de Giovanni Bosso.

Un jour, sur les bords du Jourdain, saint Jérôme vit se traîner vers lui un lion blessé à la patte par une grosse épine. L'ermite soigna le lion et le guérit. L'animal reconnaissant ne voulu plus quitter son sauveur. Quand saint Jérôme envoyait paître son âne, c'est le lion qui faisait office de gardien. Et la bête sauvage aimait tellement l'ermite que, quand celui-ci mourut, elle se coucha sur sa tombe et se laissa périr d'inanition.






Le miracle du poisson,
d'après un tableau de Bonfigli.
(Ecole italienne, XVe siècle)

Des marchands de Marseille avaient au cours d'un naufrage, perdu en même temps que leur cargaison une partie de leur argent. La protection de saint Louis de Toulouse, auquel ils avaient fait un vœu durant le péril, leur fit miraculeusement retrouver la somme perdue dans le corps d'un gros poisson qu'ils venaient de pêcher.






Saint Antoine et son compagnon,
d'après un tableau de Pisanello. 

Saint Antoine, dit la légende, vit un jour un petit cochon aveugle qui semblait implorer sa pitié. Le saint guérit la pauvre bête, qui, depuis lors, ne voulut plus le quitter. Le peintre met en présence sur son tableau saint Antoine et saint George, bien qu'ils ne se soient jamais rencontrés dans la réalité.






Saint Roch et son chien,
d'après un tableau de Magni (XVIe siècle)

Saint Roch, atteint de la peste, fut chassé de Plaisance. Il serait mort dans la forêt sans un chien qui venait lui porter à manger. Un jour le brave animal guida son maître jusqu'à la retraite du malade, qui fut guéri par ses soins. Par goût du pittoresque, le peintre a placé saint Sébastien en face de saint Roch, et la vierge complète la composition de cet étrange tableau.





Saint Paul piqué par une vipère,
d'après une tapisserie du Palais de Madrid.

Saint Paul ayant fait naufrage à Malte débarqua dans l'île. Voulant réchauffer ses compagnons, il dressa un bûcher. Mais une vipère cachée sous les sarments qu'il rassemblait le piqua. Au grand étonnement de tous les assistants, saint Paul continua sa besogne sans paraître ressentir aucune souffrance et sans être incommodé par l'accident.

Illustrations extraites de Lectures pour tous, octobre 1900.

samedi 2 novembre 2013

Plantes dédiées à des saints.

Plantes dédiées à des saints.

S'il l'eût voulu, Huysmans, pouvait allonger sensiblement sa nomenclature. Outre l'Armoise, des plantes très diverses, la Vermiculaire (sedum acre) , la Millefeuille (Achillea millefolium) et le lierre terrestre (Glecoma bederacea) , sont à la fois désignées sous ce même vocable: Herbe Saint-Jean.
La Renoncule bulbeuse (Ranonculus bulbosus) s'appelle Rave de Saint-Antoine; l'Actée (Actoea spicata) est l'herbe de Saint-Christophe; la Criste-Marine, l'Herbe de Saint-Pierre; la Persicaire (Polygonum hydropiper) , l'Herbe Saint-Innocent; la Tanaisie (Tanacetum Vulgare), l'Herbe Saint-Marc. Nous avons encore l'Eupatoire (Eupatorium cannabinum), l'Herbe de Sainte-Cunégonde et la Pivoine (Poeonia officinalis), dite parfois Herbe Sainte-Rose, mais qui porte également le titre de Rose de Notre-Dame.
D'autres fleurs des bois et des champs ont été mises sous ce dernier patronage. Par exemple, la Pariétaire qui, parmi tous ses noms vulgaires, a celui d'Herbe Notre-Dame, la Clématite des haies (Clematis vitalba) appelée Berceau de la Vierge, le Liseron des haies (Convolvulus sepium) surnommé Manchette de la Vierge, l'Ancolie (Aquilegia vulgaris)  et la Digitale (Digitalis purpurea) connues l'une et l'autre sous le nom poétique de Gant de Notre Dame.
J'allais oublier l'Herbe Saint-Barthélémy ou du Paraguay et le bois de Sainte-Lucie. Cet arbre, du reste, n'a été ainsi "baptisé" que parce qu'il croit abondamment dans les Vosges, près du village de Sainte-Lucie. Et pourquoi le chiendent reçoit-il, en certaines provinces, la bizarre appellation de Sainte-Neigne?

                                                                                                            Quaesitor.

P.S.: La liste est loin d'être complète, j'aurai du y faire entrer: l'Herbe à la vierge (la Marrube, le Narcisse des poètes) ; l'Herbe de Saint-Albert (le Vélar) ; l'Herbe de Saint-Antoine (l'Epilobe, la Dentelaire, l'Euphorbe fétide, la Scofulaire) ; l'Herbe de Saint-Benoit ( la Benoite) ; l'Herbe de Saint-Etienne (la Circée pubescente) ; l'Herbe de Saint-Félix (la Scrofulaire des bois) ; l'Herbe de Saint-Fiacre (l'Héliotrope d'Europe, la Molène, le Bouillon blanc) ; l'Herbe de Saint-George (la Gesse, la Clandestine) ; l'Herbe de Saint-Guillaume (l'Aigremoine eupatoire) ; l'Herbe de Saint-Innocent (la Renouée, la Persicaire âcre) ; l'Herbe Saint-Jacques (le Séneçon d'Afrique) ; l'Herbe de Saint-Jean (le Millepertuis, le Chrysanthème des près, l'Orvale) ; l'Herbe de Saint-Julien (la Sarriette) ; l'Herbe de Saint-Laurent (la Bugle, la Menthe pouliot, la Sanicle d'Espagne, l'Asclépiade double-venin) ; l'Herbe de Saint-Lucien (l'Arnique des montagnes) ; l'herbe de Saint-Paul (la primevère) ; l'Herbe de Saint-Philippe (la Guède ou pastel) ; l'Herbe de Saint-Pierre ( la Primevère, la Bacile, la Parietaire ou Passe-Pierre) ; L'herbe de Saint-Roch (la Pulicaire, le Psyllion, l'Aunée dysentérique) ; l'Herbe de Saint-Zacharie (le Bluet) ; l'Herbe de Sainte-Barbe ( la Roquette barbarée) ; l'Herbe de Sainte-Catherine (la Balsamine des bois) ; l'Herbe de Sainte-Claire (la Mâche) ; l'Herbe de Sainte-Elisabeth (l'Hélianthème) ; l'Herbe de Sainte-Othilée ( le Pied-d'alouette des champs, la Dauphinelle) ; l'herbe de Sainte-Quiterie (la Mercuriale).
Un botaniste en signalerait d'autres encore, mais à quoi bon? Ce qui offrirait plus d'intérêt, ce serait de rechercher le motif pour lequel ces plantes ont été ainsi nommées.

L'Intermédiaire des Chercheurs et des Curieux, 30 août 1903.