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dimanche 1 novembre 2026

Courtisane souriante.










 
Huile sur toile du peintre néerlandais Gerard van Honthorst, de 1625,  intitulée "Courtisane souriante, tenant une image obscène". Ce tableau est conservé au Saint Louis Art Museum aux Etats-Unis.

Ce tableau représente une jeune femme, d'apparence avenante, habillée de rouge et or. Il s'agit en fait d'une prostituée vantant ses services. Elle nous montre un médaillon dans lequel se trouve peint une femme nue vue de dos. Une légende, invisible ici, accompagnait le dessin: "Wie kent mon naers van afteren" qui veut dire: "Qui peut reconnaître mes fesses de dos?"

A cette époque, aux Pays-Bas, la prostitution était chose courante. Il était fréquent que des courtisanes commandent des tableaux de ce genre pour les exposer aux yeux des clients potentiels. Ces tableaux étaient en quelque sorte des panneaux publicitaires.
La jeune femme arbore un sourire franc et engageant ce qui était très rare à l'époque. Car on ne souriait pas chez les calvinistes, le sourire était considéré comme vulgaire et indécent, surtout s'il découvrait les dents.
La question posée par le médaillon est typique de l'humour hollandais de l'époque. En écrivant "Qui peut reconnaître mes fesses de dos?" elle s'adresse aux anciens clients en leur demandant: "Puisque vous pensez bien me connaître, êtes-vous capable de m'identifier ainsi?" Histoire de faire naître un petit goût de "Revenez-y".

Bien sûr, il n'y a pas que le médaillon qui parle, la tenue de la jeune femme aussi. D'abord sa coiffe faite de plumes d'autruche teintées. La plume représentait la moralité douteuse, la luxure. Le rouge vif du corsage, le décolleté généreux tout est fait pour attirer l'œil. Elle porte l'uniforme des "femmes de plaisir". Le contraste avec la tenue bourgeoise de l'époque est total. La bourgeoisie portait uniquement des tenues sombres, souvent noires avec comme seule touche de fantaisie une fraise blanche.

Ce tableau est conservé au Saint Louis Art Museum aux Etats-Unis, enfin si on ne tient pas compte d'une escapade. Dans la nuit du 3 au 4 septembre 1978, des cambrioleurs désactivent les sécurités du Musée et dérobent trois chefs-d'œuvre dont cette toile. Quelques mois plus tard, les malfrats réclament une rançon. Un agent secret du FBI se fait passer pour un client et leur donne rendez-vous dans un motel de l'Illinois. Le FBI arrête tout le monde et récupère le tableau de la Courtisane en très bon état.

La fugue de la Courtisane s'est terminée là. Elle a retrouvé sa place au Musée dont la sécurité a été renforcée et elle continue d'aguicher les visiteurs avec son sourire communicatif.

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