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mardi 17 octobre 2023

Chronique du 2 juillet 1864.


Canicule. 


Nous voilà dans les grandes chaleurs. Tout le monde s'en plaint, car il faut toujours qu'on se plaigne. Fait-il froid, on maugrée contre les frimas, en soufflant dans ses doigts; pleut-il, on crie au déluge; la chaleur vient-elle, on récrimine contre le soleil.
Vous êtes allé au bois de Boulogne, qu'y avez-vous remarqué? qu'on y étouffait. Vous avez passé votre soirée au cirque des Champs-Elysées, vous y êtes-vous amusé? On y étouffait. Vous avez pris une glace à Tortoni? On y étouffait. Il y a des gens qui étouffent aux bains de mer.



Le gros compère que vous avez sous les yeux ne se plaint pas de la chaleur; au contraire. La chaleur pour lui vaut de l'or. Vienne la canicule, elle sera bien venue. Il voudrait que le monde fut changer en Sahara. Il est vrai que ce gros compère est, non pas orfèvre comme M. Josse, mais brasseur, pour vous servir de la bière. Voyez comme, avec sa machine à pression, il fait monter la cave au premier. C'est à peine s'il peut suffire aux demandes des gosiers altérés. La recette sera bonne aujourd'hui: aussi la satisfaction règne sur son large visage. Le brasseur aime les étés chauds, comme le marchand de bois aime les hivers longs et froids. Ne demandez pas si la bière entretient la santé, ce brasseur corpulent peut servir d'enseigne à sa marchandise.

                                                                                                                 Nathaniel.

La semaine des familles, samedi 2 juillet 1864.

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