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mardi 9 janvier 2024

 L'heure à domicile.


Dans notre article n° 169, du 17 mars, nous avons reproduit et décrit la machine à air comprimé qui envoie l'heure de l'Observatoire dans les maisons abonnées.
C'était le début d'une nouvelle invention; aujourd'hui les horloges pneumatiques fonctionnent régulièrement, sur les places publiques et dans les maisons.
Une horloge régulatrice, qui recevra bientôt directement l'heure de l'Observatoire par télégraphe, ouvre à chaque minute un robinet d'air comprimé, et cet air se précipite au commencement de chaque minute, pendant 20 secondes, à travers un tuyautage qui rappelle celui de la distribution du gaz; il passe dans les égouts, sous les rues, et remonte par de tout petits tuyaux dans les candélabres et dans les maisons.
Ces tuyaux qui portent l'heure à travers les immondices des égouts, sont en fer forgé et ont près de 3 centimètres de diamètre intérieur; mais dans les escaliers des maisons, ils n'ont que 1 centimètre et demi de diamètre, et enfin, dans les appartements ils deviennent tout petits et n'ont plus que 3 millimètres; on les voit à peine, on peut d'ailleurs les dissimuler, car ils ne sont pas soumis aux règlements du gaz.


Soufflet constituant le mécanisme introduit
dans les horloges pour les faire fonctionner pneumatiquement.



Nous représentons ci-dessus le petit mécanisme auquel le tuyautage aboutit dans les horloges et pendules des maisons.
L'air lancé à chaque minute, pendant une durée de 20 secondes, soulève à droite, un soufflet; le soufflet, en se soulevant, pousse un levier qui fait tourner une roue portant 60 dents, et sur laquelle est fixée l'aiguille des minutes de la pendule. la roue ne tourne à chaque soubresaut que d'un soixantième de tour, car un cliquet de retenue, figuré à gauche, empêche de faire sauter deux dents d'un coup.
Nous ne décrirons pas le petit mécanisme accessoire, qui permet à l'aiguille des minutes de faire marcher lentement celle des heures.
Cet appareil si simple s'introduit aisément dans les plus vieilles pendules; elles cessent de radoter et disent soudain l'heure mieux que dans leur printemps.
A première vue, il semble que ces horloges soient très dispendieuses, et que l'idée de remplacer les poids économiques des coucous de nos pères par une vaste installation souterraine, allant chercher au loin le moteur de l'horloge, soit une folie. C'est possible mais cela ne coûte qu'un sou.
Entendons-nous: l'administration, pour un sou, se charge de tout installer, poser, jusque dans le cœur de la pendule; elle remplace le mouvement de celle-ci, envoie son courant d'air à chaque minute, mais il faut payer le sou chaque jour et s'abonner un an.
Pour 6 centimes par jour, on a droit en outre à une sonnerie qui peut être assez violente pour réveiller à toutes les heures de la nuit.
Lorsqu'on installe plusieurs cadrans dans la même maison, les autres cadrans coûtent beaucoup moins.


Horloge pneumatique à trois cadrans, placée à Paris
au pied de l'escalier de la Madeleine.



Nous représentons d'autre part la triple horloge placée au bas de l'escalier de la Madeleine, en face de trois boulevards; les cadrans bleus sont éclairés le soir par un bec de gaz qui complète la machine.

Le Pélerin, 5 juin 1880.

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