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dimanche 2 août 2015

La gageure des deux marottes.

La gageure des deux marottes.

Voyez, voyez, comme Engoulevent et Tuybelim dansent la morisque! Est-ce là danse d'honnêtes gens, ou sauterie de méchants diables d'enfer? Voyez leur air satanique et le mauvais rire qui court de leurs nez crochus à leurs mentons en pointe!



Messire René, roi d'Anjou, eut bien tort de laisser, dans sa bonne ville, au premier jour des liesses du carnaval, ses deux fous que Dieu confonde! Et entre eux s'est engagé pari à qui plus videra de pots, cassera de vitres, tourmentera de bourgeois; à qui plus mènera de bruit, navrera de chiens et de chats, narguera de moines; à qui plus vexera de gendarmes, effrayera de damoiselles! Mêmement convenus sont entre eux qu'à celui par qui plus de drolatiques méfaits auront été commis, large et copieuse repue sera ce soir offerte, et, après le repas proclamé sera Archifou et Prince des Sots d'Angers!
Et pour juge du débat ont pris l'escolier François, François qu'on nomme aussi Villon, aujourd'hui même arrivé de Paris, qui pour entrer en danse dérobe un poisson au povre porte-panier! Fermez vos huis, tenez-vous cois, bourgeois et hobereaux, ou vous en verrez bien d'autres.
Marotte rouge! marotte jaune! la querelle des deux marottes vous causera plus de nuisance qu'aux Anglais celle des Deux Roses. Il ne vous chault guère à laquelle échoira l'avantage, et la meilleure des deux n'a rien qui vaille pour vous, pauvres bourgeois d'Angers.

Grand Almanach français illustré, 1891.

dimanche 3 août 2014

La claquette de la Mère folle.

La claquette de la Mère folle.


Ce petit instrument est en bois et à de hauteur trente quatre centimètres. On assure qu'en 1741 il appartenait à M. Parise, trésorier de France, à Dijon. Il fait partie maintenant de la collection Jubinal, où nous avons puisé si souvent de curieux objets. Ce ne serait rien de moins qu'une des marottes de la Mère Folle.
Nous avons donné des détails sur la "compagnie de la Mère Folle, ou infanterie dijonnaise", qui a existé depuis la moitié la moitié du quatorzième siècle jusqu'au milieu du dix-huitième siècle. Cette singulière association parcourait en chantant les rues de Dijon, tous les ans, à l'époque des vendanges et pendant les trois derniers jours du carnaval.
On lit une relation des fêtes qui eurent lieu en 1638, à l'occasion de la naissance du Dauphin (depuis Louis XIV), que l'infanterie dijonnaise parut, composée de plus de quatre cents hommes à cheval, "masqués en habits de diverses couleurs et faisant entendre des rimes bourguignonnes."
Tous les membres de la société portaient un bonnet à deux pointes avec des sonnettes, et tenaient à la main des marottes (ou des claquettes) ornées d'une tête de Folie.

Magasin Pittoresque, 1877.