Dot.
Gravure politique française de 1657, publiée par Jacques Lagniet et intitulée "Les Espagnols au bout de leur compte".
En 1635, sous les conseils de Richelieu, la France déclare la guerre à l'Espagne qui l'encercle de par ses possessions: les Pays-Bas au nord, la Franche-Comté à l'est et l'Espagne au Sud. En 1657, Mazarin, qui succède à Richelieu, s'allie avec l'Angleterre contre l'Espagne qui se trouve privée de ses routes maritimes. L'Espagne est ruinée, ne recevant plus d'or ni de marchandises de ses colonies. Après une dernière défaite à la bataille des Dunes, l'Espagne signe le traité des Pyrénées en 1659. La France s'agrandit en prenant l'Artois et le Roussillon et scelle sa victoire par le mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse d'Autriche assorti d'une énorme dot de 500 000 écus d'or, une somme introuvable pour l'Espagne. En échange, Marie-Thérèse renonçait à ses droits sur la couronne d'Espagne.
Mazarin savait que l'Espagne ne disposait pas d'une telle somme et effectivement, elle s'est trouvé dans l'incapacité de payer. Comme la dot n'a jamais été payée en totalité, Louis XIV a considéré que la renonciation au trône de Marie-Thérèse était caduque. C'est ce qui permit à la France de conquérir Lilles, Douai et Tournai entre autres.
On voit, à gauche sur l'estampe, deux nobles castillans, reconnaissables à leurs chapeaux et à leurs fraise. L'un tient un sac à l'envers pour montrer qu'il est vide. A droite, deux nobles français, richement vêtus comptent des écus d'or avec un air satisfait.
On peut lire:
Au centre:
LES ESPAGNOLS AV BOVT DE LEVR COMPTE.
Les Espagnols au bout de leur compte.
A gauche, en haut:
Tout est perdu nous n'auons plus rien à compter.
Tout est perdu nous n'avons plus rien à compter.
A gauche, en bas:
Ces castillans Gratiés leur reste pleurans ce qu'on leur vient d'oster.
Ces Castillans, réduits à gratter ce qu'il leur reste, pleurent ce qu'on vient de leur enlever.
A droite, en bas:
Mais les François par leur Conqueste ont de leur part bien à compter.
Mais les Français par leur conquête ont de leur côté largement de quoi compter.
"Etre au bout de son compte" était une expression populaire de l'époque signifiant "être à court d'arguments" ou "arriver au bout de ses forces".

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