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lundi 22 septembre 2014

De l'esclavage des nègres.

De l'esclavage des nègres.


La discussion soulevée récemment dans la chambre sur l'état de nos colonies et sur l'émancipation des noirs a confirmé les bruits répandus depuis long-temps sur les tourmens qu'endurent trop souvent les esclaves. En attendant que nous examinions avec nos lecteurs cette grande question, voici quelques-uns des faits qui ont été, à cette occasion, cités à la tribune.
"Un négociant de New-York en voyage à la Nouvelle-Orléans, fut rendre visite à la femme d'un de ses correspondans, propriétaire d'esclaves. Ils avaient un enfant qu'il trouva assis sur un tapis; pour amuser cet enfant, on fit venir un petit esclave du même âge. Ce dernier essaya de prendre à l'enfant blanc un morceau de gâteau. Pour le punir d'un acte aussi naturel, la mère blanche prit une corde de laiton, elle en frappa l'enfant noir dans la figure jusqu'à ce que le sang jaillit en abondance. Alors elle appela la mère esclave, lui disant d'emmener l'enfant, afin qu'elle ne fût pas fatiguée par ses cris. Le négociant, incapable de réprimer son indignation, lui fit des reproches auxquels on répondit en le priant de quitter la maison. Le lendemain, le mari, ayant rencontré le négociant, essaya d'excuser sa femme, en disant que telle était l'usage dans le pays."
"Des esclaves s'enfuyaient de l'une de nos colonies dans un canot qu'ils avaient enlevé, et emportaient avec eux une somme d'argent soustraite à leur maître. On les arrête en mer. L'un d'eux, Elysée, jeune noir, âgé de seize ans, s'était caché pendant quelque temps dans un asile où l'avaient reçu et nourri sa mère mulâtresse et une autre femme de la même couleur. Elysée et ses complices sont pendus et étranglés? Sa mère et l'autre mulâtresse sont forcées d'assister à ce supplice. La seconde est fouettée, marquée au fer rouge qui imprime sur son dos les trois lettres G, A, L, et envoyée aux galères pour y travailler à perpétuité avec les forçats; la première, par faveur insigne, est seulement jetée aux fers. On la trouva moins coupable que sa complice: le fugitif qu'elle avait osé cacher et nourrir était son fils."



"La veuve d'un colon est convaincue de s'être livrée habituellement aux plus atroces cruautés contre ses esclaves, et en dernier lieu d'avoir grièvement blessé une négresse d'un coup de couteau. Dans le premier moment on la condamne à vingt ans de bannissement; puis, quand la première impression est passée, on revient sur cette décision, et son exil est réduit à trois ans seulement."
"Un colon de Guadeloupe avait mis à mort son esclave, au moyen de la torture. On ne le punit que de dix ans de réclusion, tandis qu'en France, pour un pareil attentat, il eût été passible d'une peine bien plus grave."

Le Magasin Universel, 1834-1835.

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