mardi 21 juin 2016

Les montagnes russes.

Les montagnes russes.

Les sympathies française en faveur de tel ou tel peuple ne se manifestent pas seulement dans la presse, dans les livres, dans les arts, elles se montrent dans les modes, dans les mœurs... Nous avons eu des époques où tout était à l'anglaise, à la russe, à la grecque, à la polonaise: aujourd'hui, tout est à la russe.
Il n'est pas étonnant que les Montagnes russes obtiennent à la fête de Neuilly*, qui attire tout Paris, le soir, en cette saison, un si grand succès. M. Marseille** avec ses lutteurs n'est plus que de la Saint-Jean; sa baraque fumeuse est devenue pâle devant les globes électriques qui éclairent ces chemins de fer onduleux et ascensionnels où sont lancées à tour de bras les gracieuses nacelles remplies de jolies femmes effarouchées par la course folle du véhicule glissant.
Nous avons voulu noter au passage ce genre de sport dont la mode passera sans doute comme le skating, et le reste.




Le dessin de M. Adrien Marie raconte trop bien la chose pour que nous insistions sur sa description: les chars s'élèvent légèrement par une voie, descendent vertigineusement par l'autre, au cris joyeux ou effrayés des voyageuses, voilà tout pour le plaisir... y compris celui du débarquement: Sauvée, ô mon Dieu!
Il va sans dire que le danger est nul. On compte des morts causées par les ascenseurs, les Montagnes russes n'ont pas encore fait de victimes. Il ne faudrait pourtant pas toujours les traiter de jeux innocents.

Le Petit Moniteur illustré, dimanche 6 juillet 1890.



* Nota de Célestin Mira: La fête de Neuilly, dite fête à Neuneu, a été créée par Napoléon 1er, par décret impérial du 10 juin 1815.






**Une des plus célèbre baraque de lutte de foire était celles des frères Jean-Baptiste et Henri Marseille.


Jean-Baptiste et Henri Marseille



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