mercredi 27 avril 2016

Découvertes archéologiques

Découvertes archéologiques
              à Senlis et à Villers.



Les arènes de Senlis (Oise) on été découvertes, en 1863, par un des membres du comité archéologique de cet arrondissement. Elles sont situées aux portes de la ville, sur le côté gauche de la route départementale de Senlis à Chantilly.





Suivant toutes les apparences, la construction de ces arènes date des premières années de l'empire romain.
Les médailles d'Auguste, des Flaviens, des Antonins, trouvées sur le sol, justifient cette opinion; leur durée se trouve également déterminée par les médailles de Tetricus, Posthume, Gordien, Gratien, mort en 383, et l'on peut sans témérité affirmer que le monument a subsisté au moins quatre cents ans.
La forme de ces arènes est elliptique; elles mesurent 42 mètres dans leur plus grand axe, et 35 mètres dans le plus petit.
Les gradins, qui ne s'élèvent pas très-haut, comme ceux d'Arles ou de Nîmes, étaient creusés sur le versant d'un coteau, et présentaient un développement qui pouvait contenir 12.000 personnes.
Aux objets produits par la découverte des arènes vinrent s'ajouter, en 1872, dans le Musée de Senlis, de nombreuses pierres sculptées, recueillies dans les fouilles d'un temple romain découvert par des ouvriers dans la forêt d'Halatte, sur le territoire du petit village de Villers Saint Frambourg, à six kilomètres de Senlis, et à un kilomètre de la grande voie romaine de Paris à Soissons passant par Senlis. Ce temple, élevé en l'honneur d'un Dieu médecin, qu'aucune inscription ou statue ne permet de désigner a été détruit violemment et incendié; les débris du temple, les traces de feu, les ex-voto brisés, ne laissent aucun doute à cet égard.
Ces curieux ex-voto, au nombre de plus de deux cents, peuvent se classer en deux catégories: la première comprendrait ceux qui représentent la figure humaine ou quelqu'une de ses parties, un grand nombre de têtes nues ou coiffées de différentes manières, une tête de nègre bien étudiée, des figures entières plus ou moins vêtues, des enfants au maillot, des jambes, des bras, des mains et des pieds; quelques unes de ces figures sont simplement gravées au trait; un certain nombre de petites statuettes tenant en main un vase, une corbeille contenant des fruits ou des fleurs, un gâteau, un oiseau, démontrent que la divinité de ce temple protégeait les jardins et les champs ou en recevait les offrandes.
Dans la seconde catégorie seraient les figures d'animaux, chevaux, porcs, chiens, d'une exécution grossière, rappelant les sculptures mexicaines du Musée du Louvre, qui indique peut-être que la même divinité était aussi invoquée pour les animaux.
Quant à la détermination des différentes maladies dont la guérison aurait provoqué la consécration de ces ex-voto, il serait peut-être risqué de la tenter, à cause de la barbarie de leur exécution. 




Les exemples représentés ici ont été choisis parmi les moins médiocres. Des objets semblables ont été découverts dans beaucoup d'endroits, ordinairement dans le voisinage des temples auprès desquels s'étaient établis des fabriques ou des dépôts qui les offraient à la dévotion des malades.

Le Magasin pittoresque, mars 1876.

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