lundi 14 novembre 2016

Éboulement d'une vieille maison à Paris.

Éboulement d'une vieille maison à Paris.

Dimanche matin, à six heures un quart, les deux maisons formant l'angle des rue de la Vannerie et de la Tannerie se sont écroulées, en ensevelissant sous les ruines les personnes qui s'y trouvaient, et dont le nombre est, heureusement, moins considérable qu'on ne l'avait craint d'abord.
Quoi qu'il en soit, quatre cadavres ont été retirés des décombres par les pompiers et les soldats du 9e de ligne, dont un nombreux détachement, sous la direction de ses officiers a opéré les travaux de déblai. 




Six personnes, plus ou moins grièvement blessées, ont été transportées sur des civières à l'Hôtel-Dieu. La femme du propriétaire a été le lendemain retirée vivante des débris où l'une de ses pensionnaires avait été écrasée par une poutre à côté d'elle.
Il paraît que le mari de cette femme avait entendu, la veille de la catastrophe, un craquement de mauvais augure, et qu'il avait fait part de ses craintes aux autres habitants. Il a été sauvé, grâce à cette circonstance, qu'il était sorti pour aller chercher son architecte au moment où la maison s'est écroulée.
Lundi dans l'après-midi, on avait retrouvé dans la première cave un paquet intact, renfermant des bijoux, de l'argenterie et environ 40.000 fr. d'autres valeurs que le propriétaire, en homme prudent, y avait entreposé avant de se rendre chez son architecte. Il résulte des déclarations de la femme Grognard, c'est le nom de cet industriel, qu'il ne devait plus se trouver d'autres victimes sous les décombres. Néanmoins les fouilles ont continué après sa délivrance et l'on avait plus rien découvert. Tout porte donc à croire que le nombre des victimes reste fixé à dix, dont quatre mortes et six blessées; on remarquera qu'il n'a péri que des femmes. Il paraît que les hommes, s'il s'en trouvait, ont eu le temps de se sauver avant l'éboulement.

L'Illustration, journal universel, 9 décembre 1854.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire