samedi 18 juin 2016

Carmen Sylva.

Carmen Sylva.

Carmen Sylva est le pseudonyme littéraire de la reine de Roumanie. Ce pseudonyme est célèbre; il a sa place marquée au premier rang dans l'histoire des littératures contemporaines: il rappelle des œuvres de valeur réelle associant l'élévation et l'originalité de la pensée à la personnalité et au charme du style.
La reine de Roumanie, Elisabeth-Ottilie-Louise est la fille du prince Guillaume-Hermann de Wied-Neuwied. elle est née le 29 décembre 1843 et a par conséquent un peu plus de quarante-cinq ans. Son mariage avec le roi Charles de Roumanie, de la maison des Hohenzollern a eu lieu le 15 novembre 1869. De cette union, naquit une petite fille, pleine de promesses, qu'une mort prématurée enleva à l'amour de ses parents.




Depuis lors, la reine n'a pas eu d'autre enfant. Privée des joies maternelles, elle a cherché une consolation à son irrémédiable chagrin dans l'étude et dans les œuvres de charité. Elle s'est fait aimer du peuple roumain par sa bienfaisance, toujours prête à secourir les affligés, les souffrants et les pauvres. Pendant la dernière guerre de Turquie, elle s'est occupée avec un zèle incessant des blessés et des malades et l'on cite de son dévouement de nombreux traits d'héroïsme.
Ses grandes aptitudes littéraires lui ont permis de contribuer au développement moral du peuple roumain par la publication de poèmes et de contes qui ont eu un véritable succès d'enthousiasme. A côté de ses œuvres d'imagination, toutes écrites avec talent et parlant au cœur, il faut signaler ses nombreuses traductions de poésies étrangères.
Carmen Sylva écrit le plus fréquemment en allemand. Son premier volume de poésies parut en 1881 et fit sensation. Depuis, elle a donné presque chaque année un volume nouveau, en vers ou en prose. Parmi les plus remarquables nous nommerons Jéhovah, une Prière, le Voyage de la Souffrance à travers le monde, le Contes du Pelesch. Quelques-uns de ces volumes ont été traduits en français. L'Académie française a accordé à l'un d'eux une brillante récompense. M. Louis Ulbach, qui vient de mourir, a fait, le premier, connaître le mérite littéraire de Carmen Sylva à la France en publiant un recueil des Pensées de la reine.

La Petite Revue, 1er semestre 1889.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire