dimanche 11 janvier 2015

TAU.

TAU.

L'objet que représente notre gravure, oeuvre d'ivoire sculpté, fait aujourd'hui partie des riches collections du Musée de Kensington, à Londres. Il a précédemment appartenu à un amateur connu, M. Eugène Piot, et, plus anciennement, à la collection du baron de Crassier, de Liège, où il est resté pendant plus d'un siècle.


Le savant P. Montfaucon, l'auteur de l'Antiquité expliquée, à qui cet ivoire fut soumis, répondit à M. de Crassier, dans une lettre datée du 30 septembre 1715: "Je crois qu'il est de la deuxième race de nos rois, et comme je ne suis pas en état d'en faire usage présentement, je vous le renvoie avec action de grâces."
La science archéologique, et en particulier celle qui s'occupe du moyen âge, a fait des progrès depuis le temps où Montfaucon se défendait de donner aucune avis au sujet de notre ivoire et l'attribuait à l'époque des Carolingiens. On peut aujourd'hui avec certitude en définir la nature et l'usage aussi bien que la date: cet objet est un bâton pastoral, de ceux auxquels on donnait  le nom de tau, parce qu'ils ont dans leur forme de la ressemblance avec la lettre grecque de ce nom, c'est à dire avec un T, et on peut affirmer qu'il a été sculpté, non pas sous les rois de la deuxième race, mais très-vraisemblablement au onzième siècle.

Magasin pittoresque, septembre 1877.

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