mardi 3 juin 2014

Margaret Finch.


Margaret Finch.

Il n'est pas rare de rencontrer dans la littérature anglaise des allusions à Margaret Finch. Cette femme appartient à la race mystérieuse des malheureux qu'on appelle Bohémiens en France et Gipsies en Angleterre. Elle était née à Sutton, dans le comté de Kent, en 1631.
Pendant plus de quatre-vingts ans, elle parcourut les îles Britanniques en disant la bonne aventure. Les Gipsies du royaume l'avaient choisie pour leur reine. Arrivée à l'extrême vieillesse, elle fixa sa résidence à Norwood, dans un creux de rocher.
Là, nuit et jour, elle restait assise à terre, le menton appuyé sur les genoux, fumant et ne prenant presque qu'aucune nourriture. 


Du reste son indigence était volontaire et, pour ainsi dire, affaire de goût et d'habitude; elle aurait été riche si elle l'avait voulu: en effet, sa célébrité de sorcière, son titre de reine, sa bizarrerie, attiraient vers sa caverne un nombre extraordinaire de visiteurs, qui presque tous étaient disposés à lui laisser des marques de leur générosité; mais elle était sans ambition.
Dans l'étrange posture qu'elle avait adoptée, ses nerfs se roidirent, en sorte qu'un moment arriva où il lui fut impossible de se lever: elle mourut ainsi, en 1740, à l'âge de cent neuf ans.
On l'ensevelit dans une petite boite carrée que l'on transporta avec cérémonie à Beckenham, dans le comté de Kent; un sermon  fut prononcé au bord de sa tombe, en présence d'un concours immense du peuple.

Magasin Pittoresque, 1851.

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