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dimanche 29 juillet 2018

Les hommes cornus.

Les hommes cornus.


Les journaux ont signalé dernièrement la naissance d'un enfant dont la colonne vertébrale est ornée, qu'on me passe cette expression, d'un prolongement de deux pouces. Ce phénomène appartient à une brave famille de cultivateurs de l'Etat d'Indiana (U.S.A.) L'appendice caudal du nouveau-né semble, paraît-il, être de nature cartilagineuse.
Si l'apparition du bébé dont la grande Amérique a le droit de s'enorgueillir apporte un argument aux théories évolutionnistes qui font descendre l'homme du singe, ne peut-on pas prétendre que chacun d'entre nous doit avoir un bœuf ou un bélier dans ses ascendants, puisque quelques-uns de nos confrères en humanité ont possédé des cornes?
Oui, de véritables cornes. Des cornes assez menaçantes et assez solides pour donner tablature à Guerrita, Fuentes, Lagartigillo et autres "matadores de primo cartello"! Des cornes assez aiguës et d'aspect assez inquiétant pour légitimer l'affirmation des vieux théologiens, qu'il y a, dans la nature humaine, autant du démon que de l'ange.
Hâtons-nous toutefois de dire que la plupart des cornes humaines qui ont été observées au cours des siècles ne furent le plus souvent que des excroissances irrégulières, sans grâce, résultant d'une maladie de peau. on en voit encore occasionnellement, dit-on, dans les hôpitaux.
Parmi les hommes et les femmes cornus dont l'histoire nous a conservés les noms, et le dessin les traits, les lecteurs de Mon Dimanche connaîtront avec plaisir:
- Un porteur mexicain, Pablo Rodriguez, dont le côté gauche de la tête était agrémenté d'une corne unique, mesurant 13 pouces et trois quarts de circonférence, et se divisant en trois branches, une corne que lui eussent enviée bien des jeunes cerfs.




- Une Anglaise, Mme Allen, qui avait sur le côté droit de la tête une corne de 4 pouces environ de longueur, contournée sur elle-même. Cette corne eut au moins son utilité, car elle permit à sa propriétaire de gagner de l'argent en s'exhibant dans les foires!
Une autre Anglaise, Mme Lonsdale de Horncastel (château de la Corne), qui vivait au XVIIIe siècle, avait, elle aussi, sa petite corne. Mme Marie Davis (XVIIIe siècle) était fière de ses deux belles cornes (une de chaque côté de la tête) qui tombèrent quatre fois pour repousser avec vigueur.



- Un Français (saluez!), François Trovillon, avait au milieu du front une corne qui s'inclinait en arrière vers le crâne, et qu'il fallut rogner plusieurs fois pour l'empêcher de percer le haut de la tête.
Un explorateur Anglais a rencontré en Afrique, en 1877, un nègre qui portait deux cornes pointues sur le nez. Après le Mexicain-cerf et le Parisien-licorne, le nègre-rhinocéros!

Mon Dimanche, revue populaire illustrée, 17 septembre 1905.