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jeudi 3 mai 2018

La chasse à la haie, au moyen âge.

La chasse à la haie, au moyen âge.

La chasse est, incontestablement, la première des industries vers lesquelles l'homme, aux prises avec les nécessités impérieuses de la vie, tourna ses efforts pour suppléer à l'insuffisance des productions spontanées du sol.
Chez l'homme primitif, comme chez l'homme plus civilisé, les moyens de poursuivre la proie sauvage pour s'en emparer ont presque été les mêmes, et se sont perpétués avec fort peu de modifications, jusqu'au moment où l'arme à feu a mis entre les mains  du chasseur l'engin par excellence de destruction à grande échelle.
Tous les écrits, toutes les peintures et gravures qui ornent les traités cynégétiques, depuis l'antiquité jusqu'à l'introduction de l'arme à feu, décrivent et représentent l'emploi des même ruses et des mêmes pièges pour la poursuite et la capture du gibier. La chasse à courre, qui, à raison de notre législation prohibitive des engins de destruction des animaux de race sauvage, est restée le seul mode de s'emparer du fauve en le forçant, n'a pas d'autres enseignements que les traités des anciens auteurs qui ont fait de ce noble et royal exercice une science dont les préceptes, non modifiés, servent encore à l'éducation de nos modernes veneurs.
Si l'on s'en rapporte au livre que vient de publier M. Peigné-Delacourt, passionné pour la science de l'archéologie cynégétique, la chasse à la haie est un des plus anciens mode de la chasse faite uniquement en quête de la venaison.
Cette chasse qui, aujourd'hui même,  se pratique encore au nord de la Russie, et que le Dr Livingstone a récemment retrouvé en usage parmi les peuplades de l'Afrique centrale, est un artifice rustique longtemps employé dans les régions tempérées, où il est maintenant complètement délaissé. 


Chasse à la haie.
D'après une peinture antique trouvée dans le tombeau des Nasous, près de Rome.

Il consistait dans l'ouverture de voies formées par des haies, soit factices, soit naturelles, disposées de manière à diriger et conduire forcément le gibier, levé et poursuivi par des rabatteurs, vers une enceinte centrale et close, où il devenait facilement la proie du chasseur embusqué pour lui donner la mort avec les armes alors en usage.
Les autorités tirées des anciens écrits, les citations puisées dans les chartes et documents du moyen âge, les étymologies et la science même du blason ne laissent aucun doute sur l'antiquité de la chasse à la haie, et tout, du traité spécial que lui a consacré M. Peigné-Delacourt, un livre curieux à ajouter à la nombreuse collection des vieux écrivains cynégétiques. 


Chasse à la haie au moyen âge.
Planche tirée de l'ouvrage de M. Peigné-Delacourt.

Le format, grand in-4°, a permis d'enrichir cette publication de nombreuses planches en noir et en couleur, auxquelles l'Illustration a emprunté celles qui retracent le mieux à l’œil le mode de chasse auquel l'auteur a consacré ses intéressantes recherches.

                                                                                                                 G. Falampin.

L'Illustration, journal universel, 2 avril 1859.